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lundi 8 septembre 2014

Les Espé et la générale Alcazar : « Caramba, encore raté ! », Un article de Pedro Cordoba

Les Espé et la générale Alcazar : « Caramba, encore raté ! », Pedro Cordoba, blog Expertisons les experts, 6 septembre 2014 [article relayé par Sauvons L'Université].

La logique du pire est une vis sans fin. La situation des Espé est donc encore pire, en cette rentrée, que je ne l’annonçais dans dernier billet. Rappelons que c’est seulement en 2014-2015 que les Espé commenceront vraiment à fonctionner puisqu’elles accueillent ces jours-ci leurs premiers stagiaires. Les promoteurs de ces nouvelles paillotes de la pédagogie ont donc enfin entre les mains ce qu’ils demandaient avec acharnement depuis quinze ans : des « facultés d’éducation » délivrant des masters professionnels. Et le résultat ne s’est pas fait attendre. C’est déjà la zizanie, la cacophonie, la gabegie et le charivari. Ça chahute et ça tintamarre, ça branle et ça discorde, ça confusionne et ça dissone et ça part à vau l’eau. Qu’en sera-t-il dans 4 ou 5 ans quand tous les effets pervers de ce dispositif absurde auront eu le temps de se développer ?
La raison de ce chaos est toujours la même : vouloir hybrider concours et diplôme est une aberration pure et simple et lorsqu’on institutionnalise des aberrations, le retour de bâton ne se fait pas attendre. Némésis du réel.

Les empêcheurs de tourner en rond : reçus-collés et titulaires d’un master
Les Espé avaient légiféré pour un peuple qui n’existe pas (voir mon billet de l’an dernier "chronique d'un désastre annoncé"), imaginant un parcours tubulaire qui ne correspond à aucune réalité : les néo-licenciés allaient tous sagement s’inscrire en master 1 d’enseignement et les reçus au concours faire leur stage en master 2. Les candidats qui ont un tout autre parcours et qui sont la grande majorité ? Silence, on la boucle, cachez ces foules que je ne saurais voir. Le problème des reçus-collés ? Silence, on la boucle, circulez, là non plus rien à zieuter. Quelque génie sortant de sa bouteille allait sans doute tout résoudre avec sa poudre de Perlimpinpin. Mais les reçus-collés ne se sont pas évaporés dans un nuage de soufre ou d’encens. Ils sont toujours là, avec la dure obstination du réel, et constituent le gros des troupes. Impossible de tergiverser plus longtemps. Au lieu de leur permettre de redoubler, on a donc choisi de les inscrire de force en M2 tout en leur permettant de suivre les préparations aux concours qui ont lieu en M1. Non contents d’hybrider concours et master, voilà qu’on hybride les deux années de master ! C’est donc la solution que le rapport sénatorial de mai dernier jugeait « la plus mauvaise » qui a finalement été adoptée. Foldingue de chez Foldingue.

Le problème des reçus-collés ayant été provisoirement enterré (avec des conséquences qu’on peut déjà prévoir et que j’examinerai plus bas), celui qui se pose avec acuité en ce début du mois de septembre concerne les lauréats déjà titulaires d’un master. J’ai toujours dit que leur nombre ne pouvait que croître au fil des ans. Pour ce qui est du premier concours « rénové », celui de 2014, il faudra attendre plusieurs mois avant que les statisticiens du ministère ne publient les chiffres officiels. Frappés pour l’instant d’invisibilité statistique, ces lauréats titulaires d’un master (généralement un master-recherche) sont cependant déjà là dans la réalité.  Et ils doivent être bien plus nombreux que prévu. Car dès cette année, la logique que j’avais décrite par anticipation s’est mise en place : plus mûrs et mieux armés, les titulaires d’un master disciplinaire ont raflé une partie importante des postes au détriment des étudiants de l’Espé, frais émoulus d’une simple licence. Qu’en sera-t-il dans 4 ou 5 ans quand tous les licenciés auront compris que s’ils veulent réussir le concours, ils doivent s’inscrire en master disciplinaire et contourner les masters d’enseignement proposés par l’Espé ?

Gaston Lagaffe et la générale Alcazar
C’est au mois de juillet, après les résultats des concours, que les responsables des Espé ont dû commencer à faire leurs comptes. Et à être pris d’affolement. Non seulement leurs M2, tout nouveaux tout beaux, sont déjà encombrés par des étudiants en échec – les fameux reçus-collés – mais ils vont, en plus, être désertés par ceux qui vont vraiment exercer le métier d’enseignant, les lauréats des concours déjà titulaires d’un master et à qui on ne peut pas en imposer un autre. Un master d’enseignement décerné à ceux qui n’enseigneront jamais, fallait déjà le faire. Mais un master d’enseignement que les vrais professeurs n’auront en revanche pas obtenu, c’est vraiment la fin des haricots ! Rogntudjuuuu, aurait vociféré Prunelle dans Spirou ! Même l’ami Gaston, expert en gaffes, impairs et autres bourdes n’aurait pas fait mieux.

Vent de panique, branle-bas de combat. Nul ne connaît vraiment les pourparlers, tractations, conciliabules et magouilles qui ont dû avoir lieu au mois de juillet, car l’ami Gaston est aussi un grand débrouillard. Mais le fait est que Simone Bonnafous, directrice de la DGESIP au ministère, a pondu le 21 juillet une de ces lettres comminatoires dont elle a le secret, passant outre tous les cadres légaux[1].

L’arrêté du 18 juin 2014, le seul texte légal existant à l’heure actuelle, disait à propos des stagiaires déjà titulaires d’un master : « Le parcours de formation adapté tient compte du parcours professionnel antérieur et des besoins du stagiaire. Le parcours de formation est défini par une commission académique présidée par le recteur d'académie ou son représentant […] Le contenu de cette formation s'appuie sur les enseignements dispensés dans le cadre des masters « métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation » (MEEF), fixé par l'arrêté du 27 août 2013 susvisé. La formation permet, le cas échéant, la validation d'une ou plusieurs unités d'enseignement et l'obtention d'un diplôme. »

Il résulte de ce texte :

  1. Que le « parcours adapté » doit précisément « s’adapter » au parcours antérieur de chaque stagiaire. De cette individualisation, il n’est plus question dans la lettre du 21 juillet.

  2. Que la formation s’appuie sur les enseignements du MEEF. Dans la lettre du 21 juillet, cette formation se fait dans le cadre du MEEF ou dans celui d’un DU empruntant ses éléments aux deux années de master MEEF (nouvelle hybridation !). Cette lettre ajoute des précisions totalement absentes de l’arrêté : « La formation doit notamment intégrer la production d’un mémoire et les enseignements du tronc commun et peut inclure, le cas échéant, la validation d’unités d’enseignement d’une langue étrangère ».

  3. Que cette formation permet, le cas échéant, l’obtention d’un diplôme. Ce qui en juin était une possibilité devient un mois plus tard un impératif. Car la lettre du 21 juillet ne laisse plus que deux possibilités : l’obtention du master MEEF ou la validation d’un DU. Autrement dit, Madame Bonnafous prétend obliger les stagiaires déjà titulaires d’un master à obtenir un nouveau master, ce qui est rigoureusement illégal, ou à obtenir un DU d’enseignement, ce qui est à la fois illégal et incohérent puisque les rectorats, qui sont des représentants de l’Etat, devraient imposer un diplôme, le DU, dont la principale caractéristique est de ne pas être reconnu par l’Etat ! Personne ne peut exiger l’obtention d’un DU, ni une université autonome pour valider une formation diplômante, ni a fortiori l’Etat, qui non seulement n’en reconnaît pas l’existence mais devrait l’imposer dans un cadre non diplômant, celui du stage. Abracadabrantesque. 

La lettre de Madame Bonnafous n’a bien évidemment aucun poids juridique.
(...) La suite sur le blog Expertisons les experts.

__________
A lire aussi :
- le communiqué du SNALC (Syndicat National des Lycées et Collèges), 11 septembre 2014.
- le courrier de la FSU à Mme la ministre de l'Education nationale et l'ESR, 8 septembre 2014.
- un appel lancé sur Facbook [une fois n'est pas coutume...],NON, au double Master 2 des PES, session 2014 normale, 26 août 2014.

samedi 28 septembre 2013

ESPE Toulouse : les enseignants et futurs enseignants du XXIe siècle sont en colère

 Formation des profs : l'exercice d'équilibriste de Vincent PeillonLa Dépêche, 28 septembre 2013.
Venu, hier, à Toulouse pour l’opération «un établissement, une œuvre», censée promouvoir l’éducation artistique à l’école, le ministre de l’Éducation nationale a dû faire face à des enseignants en colère.
Comme l’acrobate juché sur un vélo, qui l’a accueilli dans l’école toulousaine Jules-Julien, Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale, a dû jouer les équilibristes, hier matin, face aux enseignants et aux élèves de l’école supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE), qui sont venus à sa rencontre.
Sur l’air de «Papaoutai» du très branché Stromae, les manifestants tenaient à alerter le ministre, sur les énormes difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de sa propre réforme. Vincent Peillon, qui a réintroduit un cursus de formation des enseignants du primaire et du secondaire au niveau des masters universitaires, s’est prêté, sur le trottoir, à un échange long et courtois avec les représentants syndicaux qui lui ont détaillé le manque de moyens humains et financiers de l’ESPE. (...) la suite de l'article sur le site de La Dépêche.

> Lire Avec ses ESPE, Peillon veut "former les enseignants du XXIe siècle" (Toulouse infos, 27 septembre 2013), Toulouse : à peine ouverte, l'école des professeurs est en grève (FranceTVinfos), et encore ici.

> Lire aussi :

- Loi n°2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République (Légifrance, article 68 et suivants) et la circulaire d'orientation et de préparation de la rentrée 2013, chapitre "Reconstruire la formation professionnelle des métiers du professorat et de l'éducation").

- "Alerte rouge à l'Espe ! Dysfonctionnements à tous les étages", sous-titré Parole d'un enseignant qui pète les plombs (comme les autres personnels et usagers aussi), IUFM [Paris] en lutte, 26 septembre 2013.

- Espé : un amemdement au projet de loi y transfère les personnels d'IUFM, (VousNousIls, 4 mars 2013).

mardi 5 février 2013

"Rennes I subit la LRU en douce", tandis que SLU se demande: "La L.R.U. jusqu’à la lie ? " et que...

.. Poolp reste Obstinément Opposé à la Loi Pécresse Fioraso.

Cela fait déjà longtemps que l'on peut mesurer l'ampleur de cette catastrophe qui était annoncée. Mais cela se passe par petites touches, localement. Cette fois, c'est à Rennes I: le blog Mediapart de Stylzzed nous apprend que cette université, dont la présidence est (était?) "complètement favorable" à la loi LRU est placée sous tutelle ("gouvernance" ?) du Rectorat... donc pas du tout en situation d’exercer ses "responsabilités et compétences élargies". On peut lire ici le texte intégral du billet qui s'efforce de rendre compte des récentes péripéties.

Pendant ce temps, SLU s'efforce de secouer les chers collègues déjà tout affairés à préparer les moquettes de la "nouvelle formation des enseignants". Le communiqué de Sauvons L’Université daté du 2 février présente une synthèse plutôt énergique de la situation, qui se termine par un appel apparemment sans équivoque mais non dépourvu d'une certaine naïveté. Poolp, qui a récemment publié différentes analyses du projet de loi Fioraso, a souligné ce qui le fait, quand même, ricaner ici:

[...] Bilan : si les réformes prévues par le gouvernement sont transformées en loi, plus rien ne s’opposera aux logiques de la loi L.R.U., des R.C.E. et de la mastérisation, qui ont largement montré leur nocivité et que la communauté universitaire a massivement refusées.
 Face à la gravité et à l’urgence de la situation, S.L.U. appelle à ce que tous les conseils, quels qu’ils soient, conseils centraux, conseils d’U.F.R., conseils de département, conseils de laboratoires, se saisissent des questions posées par la nouvelle loi de l’E.S.R. comme par la réforme de la F.D.E. et fassent voter des motions pour faire entendre la voix des universitaires et des chercheurs. Comme en 2008-2009, le site de SLU regroupera et diffusera toutes les motions qui lui seront envoyées (et a d’ores et déjà commencé à le faire : motions de Paris III, Paris-X Nanterre, Université Paris-Est Créteil, 11e section du CNU….).
SLU appelle aussi à ne pas élaborer et à ne pas faire remonter les maquettes en vue de la réforme de la F.D.E. Nous savons depuis 2009 que nous pouvons bloquer une partie du processus en refusant d’y participer.
Enfin, nous vous appelons à relayer le plus largement possible cet appel auprès des collègues de toutes disciplines. Seul un mouvement d’ampleur nous permettra de peser sur notre avenir.

vendredi 25 janvier 2013

MEN, MESR et CPU : un accord conclu pour la mise en place des ESPE

Brève lue sur le site VousNousIls, 25 janvier 2013.

MEN, MESR et CPU : un accord conclu pour la mise en place des ESPE

Un accord de coopé­ra­tion a été conclu hier entre Vincent Peillon, Geneviève Fioraso et Jean-Loup Salzmann, pour la mise en place des ESPE et des maquettes de mas­ter enseignant.
Un accord a été conclu hier entre Vincent Peillon, ministre de l'Education natio­nale, Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supé­rieur et de la Recherche, et Jean-Loup Salzmann, pré­sident de la Conférence des pré­si­dents d'université (CPU), en vue d'une coopé­ra­tion pour la mise en place des ESPE et des nou­veaux mas­ters "Enseignement, éduca­tion, for­ma­tion " (MEEF).
Dès la ren­trée 2013 en effet, l'université aura en charge la for­ma­tion des ensei­gnants, qui se dérou­lera dans le cadre des écoles supé­rieures du pro­fes­so­rat et de l'éducation (ESPE). Les étudiants se des­ti­nant au métier d'enseignant pré­pa­re­ront des mas­ters "Enseignement, éduca­tion, for­ma­tion" (MEEF), dont les maquettes sont en cours d'élaboration. Un calen­drier pré­cis a été défini, et l'accord vise à en res­pec­ter les étapes.
Une feuille de route a par ailleurs égale­ment été établie, dans laquelle il est pré­cisé que de fré­quentes réunions devront être orga­ni­sées entre les minis­tères et les uni­ver­si­tés pour la mise en place des ESPE.
D'autre part, "en vue de l'établissement des maquettes des nou­veaux mas­ters MEEF, un groupe tech­nique dédié, asso­ciant les ser­vices de la DGESIP, de la DGESCO et de la DGRH, est mis en place".

> Lire Les ÉSPÉ, un nouveau départ pour la formation des enseignants, VousNousIls, 25 septembre 2012.
> Lire aussi Accord État et C.P.U. sur la feuille de route de la réforme de la formation des enseignants, Sauvons L'Université, 24 janvier 2013

lundi 29 octobre 2012

Concours enseignants 2014 : un calendrier "exceptionnel"

Info lue sur VousNousIls, 29 octobre 2012.

Concours enseignants : le calendrier de la session "exceptionnelle" 2014.
Le minis­tère de l'Education natio­nale a dévoilé le calen­drier des concours ensei­gnants 2014, une "ses­sion excep­tion­nelle" dont l'organisation dif­fère de celle des années précédentes. 

Modification des dates des ins­crip­tions et des épreuves
Les concours ensei­gnants 2014 (pre­mier et second degrés, hors agré­ga­tions), se dérou­le­ront en effet "de manière anti­ci­pée par rap­port aux dates habi­tuelles, à com­men­cer par les ins­crip­tions qui [...] seront ouvertes de mi-janvier à fin février 2013". "Les étudiants qui avaient prévu de s'inscrire aux concours de l'enseignement en juin-juillet 2013 devront donc le faire dès janvier-février 2013 pour les concours 2014", pré­vient le ministère. 
Ensuite, "les épreuves d'admissibilité se dérou­le­ront, pour l'ensemble des concours hors les agré­ga­tions, en juin 2013, et non pas à l'automne 2013", tan­dis que "les épreuves d'admission se tien­dront en juin 2014". Les admis pren­dront ensuite leurs fonc­tions "à la ren­trée de sep­tembre 2014". "Le contenu des épreuves d'admissibilité et d'admission res­tera" quant à lui "inchangé pour la ses­sion 2014", indique le ministère. 
Ouverture aux M1 et aux M2
Les concours ensei­gnants 2014 seront ouverts "prin­ci­pa­le­ment aux étudiants ins­crits en mas­ter 1, qui consti­tuent le public natu­rel", mais égale­ment aux étudiants ins­crits en mas­ter 2, ("y com­pris ceux déjà ins­crits aux concours 2013 actuel­le­ment enga­gés"), et "aux per­sonnes titu­laires d'un diplôme de mas­ter ou d'un grade équivalent". 
"Entre leur admis­si­bi­lité en juin 2013 et les épreuves orales d'admission de juin 2014, les can­di­dats admis­sibles pour­sui­vront leur mas­ter 2". Ils "pour­ront deve­nir agents contrac­tuels" pour "effec­tuer des stages en res­pon­sa­bi­lité cor­res­pon­dant à un tiers-temps de ser­vice d'enseignement, rému­né­rés à hau­teur d'un mi-temps". Quant aux can­di­dats ayant déjà validé un mas­ter ou équi­va­lent, "ils béné­fi­cie­ront, à comp­ter de sep­tembre 2013, dans le cadre des Écoles supé­rieures du pro­fes­so­rat et de l'éducation, d'une offre de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle les pré­pa­rant à l'entrée dans le métier et aux épreuves orales de la ses­sion 2014", et "pour­ront, s'ils le sou­haitent, réa­li­ser davan­tage d'heures de ser­vice d'enseignement que le tiers-temps prévu". Il s'agira de la der­nière ses­sion de concours "avant une refon­da­tion plus pro­fonde des cur­sus de for­ma­tion, des pro­grammes et de la maquette des concours", signale le minis­tère de l'Education nationale.

mardi 26 juin 2012

Le rapport sur le métier d'enseignant présenté au Sénat

Métier enseignant : le Sénat rend aujourd'hui sa copie. VousNousIls, 26 juin 2012.

C'est aujourd'hui que le Sénat publie le rap­port de sa mis­sion d'information sur le métier ensei­gnant, qui avait été lan­cée en jan­vier der­nier. Colette Mélot (UMP, Seine-et-Marne) en est la pré­si­dente, et Brigitte Gonthier-Maurin (CRC, Hauts-de-Seine) la rap­por­teure. Propos.

"Nous sommes confron­tés à un constat, celui d'une crise du métier ensei­gnant. Beaucoup de nos inter­lo­cu­teurs ont avancé l'idée d'une souf­france ordi­naire des ensei­gnants. Il ne s'agit pas d'un pic mais d'une souf­france qui concerne tout le monde" indique aujourd'hui à AEF la séna­trice Brigitte Gonthier-Maurin, rap­por­teure de la mis­sion d'information du Sénat sur le métier enseignant.

"Nous n'avons pas perçu de bon­heur chez les enseignants"
Ce constat est celui que les membres de la mis­sion, issus de la com­mis­sion de la culture, de l'éducation et de la com­mu­ni­ca­tion du Sénat, ont pu faire au cours de leurs ren­contres sur le ter­rain depuis le mois de janvier. Le séna­teur Maurice Antiste (PS) a déclaré lors de la pré­sen­ta­tion du rap­port au Sénat le mer­credi 30 mai : " Nous avons beau­coup écouté [les ensei­gnants]. Or nous n'avons perçu de bon­heur ni chez eux, ni chez les étudiants, ni chez les inspecteurs..."
Dans son entre­tien à AEF, Brigitte Gonthier-Maurin évoque aussi le sen­ti­ment de soli­tude des ensei­gnants et la néces­sité de consti­tuer des "col­lec­tifs" pour l'enrayer. "Le rap­port pré­co­nise l'émergence de col­lec­tifs ensei­gnants notam­ment en réponse aux inquié­tudes des jeunes ensei­gnants. Il s'agit de répondre à leur soli­tude" explique-t-elle ainsi.

L'IUFM "rénové"
La néces­sité d'"arrêter la RGPP" est par ailleurs une mesure d'urgence à prendre, ainsi que "la remise à plat de la for­ma­tion des ensei­gnants". La séna­trice indique ainsi que la mis­sion a envi­sagé la mise en place d'"IUFM rénové", en appuyant sur le terme "rénové". Dans la suite de son entretien, Brigitte Gonthier-Maurin affirme en effet que pour ce qui est des IUFM, "l'idée n'est pas non plus de reve­nir à la situa­tion précédente".
Enfin, elle indique être "favo­rable à un pré-recrutement [des ensei­gnants] au niveau licence avec l'organisation d'un concours natio­nal en fin d'année de L3". Elle déclare dans son inter­ven­tion lors de la pré­sen­ta­tion du rap­port de la mis­sion au Sénat : "Le pré-recrutement confè­re­rait un sta­tut par­ti­cu­lier d'élèves-enseignants ouvrant droit à une rému­né­ra­tion suf­fi­sante pour ne pas avoir à cumu­ler études et emploi".
Ce pré-recrutement impli­que­rait que " les élèves-enseignants s'enga[gent] à suivre les deux années de mas­ter, à se pré­sen­ter aux concours de l'enseignement et à ser­vir comme fonc­tion­naires de l'État pour un nombre mini­mum d'années en cas de réussite".

(...) lire la suite de l'article sur VousNousIls.

> lire et/ou télécharger le rapport, 101 p.

Extrait de la présentation au Sénat :

« Avant d'engager toute nouvelle réforme, qui nécessitera par ailleurs une concertation approfondie, des mesures urgentes doivent être prises pour soutenir un métier en crise. L'arrêt de la RGPP doit être immédiatement prononcé et un premier collectif budgétaire adopté pendant l'été afin de suspendre les suppressions de postes prévues à la rentrée 2012. Parallèlement, il faut lancer un plan de recrutement pluriannuel pour couvrir les départs en retraite et les évolutions démographiques à venir. Dans ce cadre, l'école maternelle devrait bénéficier d'un effort particulier afin de permettre la préscolarisation dès 2 ans de tous les enfants dont les familles le souhaitent, notamment en éducation prioritaire et en zone de revitalisation rurale. De même, un volet spécial devrait être consacré à l'outre-mer afin de permettre notamment une pleine scolarisation en primaire dès 6 ans de tous les enfants.
Pour refonder le métier, il faut remettre à plat la formation. Je propose de retenir cinq grands axes : garantir un cadrage national fort pour contenir les disparités des politiques académiques et universitaires et améliorer leur coordination ; maintenir des structures spécifiques de formation au sein des universités en renforçant leur autonomie financière et leurs liens avec la recherche ; ouvrir des pré-recrutements dès la licence ; assurer une professionnalisation progressive au cours du master et rétablir une véritable année de stage avant la titularisation ; tenir compte de la diversité du métier d'enseignant, notamment en maternelle et au lycée professionnel ».

jeudi 13 octobre 2011

Rapport Jolion : une critique au vitriol de la mastérisation

Rapport Jolion : une critique au vitriol de la mastérisation. Sauvons L'Université, 13 octobre 2011.

Le rapport de Jean-Michel Jolion (président du comité de suivi master), réalisé à la demande de l’ex-ministre de l’enseignement supérieur Valérie Pécresse, dépeint, dans un rapport au vitriol sur une réforme « principalement amorcée pour des raisons budgétaires », la situation catastrophique de la formation des enseignants. Rompant par la force de son argumentation avec les précédentes versions communiquées par le président du comité de suivi sur le même sujet, il réaffirme que « cette réforme porte en elle des écueils qui ne pourront être levés par de simples ajustements ».

(...) Lire la suite de l'article sur le site de SLU.

- Lire le rapport de Jean-Michel Jolion, Masterisation de la formation initiale des enseignants : enjeux et bilan, octobre 2011, 43 p.
- Lira aussi l'article de Jean-Louis Auduc, Rapport Jolion sur la masterisation : Un réquisitoire sur sa mise en place, Le Café pédagogique, 11 octobre 2011.

lundi 25 avril 2011

Pour une remise à plat de la réforme de la mastérisation : le rapport Jolion 2011

Le rapport d’étape "Mastérisation de la formation initiale des enseignants". Jean-Michel Jolion, président du Comité de suivi Master, à Mme la ministre Valérie Pécresse, le 8 avril 2011, 13 pages.

Tout de go, Jean-Michel Jolion fait le constat sévère d’une réforme « décriée parce qu’elle a principalement été amorcée pour des raisons budgétaires » et « qui n’a jamais été mise en situation de pouvoir être élaborée en lien avec l’ensemble des acteurs ». Plus loin, il se doit "de constater que les deux ministères concernés par cette réforme n'ont aucunement mis en place les outils de supervision qui permettraient aujourd'hui d'avoir une vraie connaissance de la realité du terrain et surtout de la population etudiante engagée dans cette réforme. Regrettant la « déconnexion entre le contenu des épreuves du concours et l’exercice réel du métier », le rapport prône le maintien des IUFM en en repensant  « le modèle économique » et il considère que placer les concours « en fin de M1 serait la moins pire des solutions ».

(...) Lire l'intégralité du rapport d'étape 2011 "Mastérisation de la formation initiale des enseignants", sur le site de L’Institut français de l’Éducation (ex-INRP).

- Lire aussi Formation des enseignants : "la situation actuelle semble la pire" affirme le rapport Jolion, Marcel Brun, 13 avril 2011 sur le site Le Café pédagogique.

vendredi 15 octobre 2010

Remplacement des profs du secondaire: au MEN, on "pilote" à fond la caisse!

Dans le BOEN (Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale) n° 37, du 14 octobre 2010, est publiée la note de service n° 2010-140 [disponible aussi en annexe à ce billet] du 20-9-2010, adressée aux rectrices et recteurs d'académie, concernant "l'amélioration du dispositif de remplacement des personnels enseignants dans les établissements d'enseignement du second degré public".
En première lecture, on est frappé par le jargon et la rhétorique façon DRH qui atteignent ici une sorte de paroxysme: "un pilotage renforcé à tous les échelons", "l'existence d'un pilote au sein du rectorat", "pilotage au sein de l'établissement", etc. On peut donc rire.
On peut aussi ricaner, en vérifiant a posteriori la parfaite validité de tout un pan des arguments qui avaient été (vainement) opposés à "la réforme du recrutement des personnels enseignants et [à] la mise en place des nouveaux masters" (mastérisation des concours) : celle-ci produit en effet un "vivier de contractuels", personnes fichées au Pôle emploi parmi lesquelles les recteurs peuvent et doivent puiser, en les "fidélisant", pour "améliorer la fluidité des remplacements".
Extraits de cette circulaire:
- "Les étudiants en Master 2 volontaires peuvent également être mobilisés dans le cadre de leur stage en responsabilité.
S'agissant des TZR, leur mobilisation doit se faire prioritairement sur les absences à l'année ou les absences moyennes intervenant en cours d'année. Leur affectation pour effectuer des remplacements dans des disciplines connexes ne peut qu'être encouragée."
-
"Outre la mobilisation des personnels quel que soit leur corps ou catégorie d'appartenance, l'entretien de relations privilégiées avec les instances territoriales et régionales de Pôle emploi doit être poursuivi. Le partenariat que vous mettez en place avec Pôle emploi doit vous permettre de vous constituer un vivier de contractuels que vous aurez identifié avant le début de la rentrée scolaire. Je vous rappelle que les directeurs régionaux de Pôle emploi sont compétents pour conclure et exécuter des conventions de partenariat de portée régionale ou locale. Ces conventions pourraient avoir pour objet de définir les relations entre vos services et ceux de Pôle emploi en matière d'identification des besoins notamment*.
Par ailleurs, dans le cadre de la réforme du recrutement des personnels enseignants et la mise en place des nouveaux masters, le partenariat mis en place avec les universités constitue un moyen privilégié pour disposer d'informations actualisées et régulières sur les étudiants diplômés pouvant être recrutés en tant qu'agents non titulaires.
En tout état de cause, le vivier de non-titulaires constitué peut être fidélisé grâce à un accompagnement en termes de formation et de suivi".
[* c'est Poolp qui souligne.]

mercredi 5 mai 2010

Formation des enseignants : un arrêté sidérant. Un article de Claude Lelièvre

Formation des enseignants : un arrêté sidérant. Sur "Le blog de Claude Lelièvre"(*), 5 mai 2010.

Alors que l’on croyait que le projet d’arrêté sur la formation des enseignants reprendrait à son compte l’Annexe de l’arrêté du 19 décembre 2006 portant sur le Cahier des charges national de formation des enseignants (fort détaillé, et qui avait permis des améliorations dans la formation délivrée par les IUFM ces toutes dernières années), il n’en est finalement rien.
Il apparaît en effet que le Conseil supérieur de l’Education qui doit se tenir ce 6 mai va devoir se prononcer sur un arrêté concernant la réforme de la formation des enseignants (proposé par le ministre de l’Education nationale et la ministre de l’Enseignement supérieur) dans lequel le Cahier des charges serait "remplacé" par la simple mention des dix "compétences" requises pour exercer le métier d’enseignant.
La principale fédération de parents d’élèves de l’Ecole publique (la FCPE) a d’ores et déjà décidé de boycotter  la séance du CSE du 6 mai, et appelle les autres organisations représentées au CSE à faire de même.
Par ailleurs, et cela est tout  à fait intéressant, car c’est une démarche historiquement inédite « la FCPE demande à ce que le débat se tienne là où il aurait dû être organisé depuis le début : à l’Assemblée nationale et au Sénat, c’est à dire sur la place publique. Elle s’étonne de l’avancée à marche forcée du gouvernement sur ce dossier alors que les voix sont unanimes pour dénoncer la réforme qui se met en place et ce, bien au-delà du seul mondé éducatif, notamment dans les rapports du député [UMP] Jacques Grosperrin [sur l’application du socle commun de connaissances et compétences au collège] et des sénateurs partis en mission d’observation du système éducatif finlandais ».

(*) Professeur d’histoire de l’éducation émérite à la Faculté de Sciences-humaines et sociales, Sorbonne-Paris V.

- Lire le communiqué de la FCPE "Formation des enseignants : la FCPE boycottera le CSE", 3 mai 2010.

 

jeudi 29 octobre 2009

L’excès d’enseignants contractuels, plaie du système scolaire africain

« Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance. » Cette citation d'A. Lincoln a servi de slogan dans nombre de mouvements d'opposition aux réformes dites libérales des services publics d'éducation, un peu partout dans le monde. Il est des lieux où, sous la pression des institutions financières internationales, elle a pourtant été expérimentée. Résultats, quelques années après, à lire ci-dessous pour l'Afrique. De quoi réfléchir alors qu'en France la réforme de la formation des enseignants, dite de « mastérisation », aura pour rapide effet de mettre « sur le marché », comme on dit, des bataillons serrés de potentiels enseignants contractuels (formés, il est vrai, à « bac+5 », de manière très chaotique cependant, comme le rappelle, entre autres, la 5è Coordination nationale de la Formation des enseignants).
Et quant à ceux qui croient de telles logiques réservées à des pays pouilleux du Sud de la planète, qu'ils lisent, en annexe d'un billet de Poolp du 7 avril, l'analyse de C. Murolo: "Mastérisation des Concours pour l’Enseignement secondaire : l’épilogue italien".

Lu sur Afrik.com :

L’excès d’enseignants contractuels, plaie du système scolaire africain
Mardi 27 octobre 2009, par Lola Simonet
La Conférence sur la situation des enseignants contractuels en Afrique a ouvert ses portes à Bamako
La multiplication des enseignants contractuels, non fonctionnaires et peu coûteux, affaiblit à terme la qualité des savoirs dispensés dans les écoles primaires et secondaires africaines. Un problème majeur sur lequel se penchent, depuis mardi, les experts internationaux de l’éducation en Afrique réunis au Mali pour la Conférence sur les enseignants contractuels Bamako +5 prévue jusqu’au 29 octobre.

Plus que quatre millions d’enseignants supplémentaires en Afrique, et on arrivera à atteindre le seuil d’Education pour tous (Ept) d’ici à 2015. Depuis 2000, date à laquelle ont été énoncés les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et ceux de l’Ept, les gouvernements africains essaient de rattraper à grands pas leur retard pour approcher au mieux les impératifs onusiens, allant jusqu’à sortir l’artillerie lourde pour multiplier leurs effectifs d’enseignants. Au centre de ce stakhanovisme de l’éducation en marche, le processus de contractualisation des enseignants s’est développé dans l’ensemble des pays du continent depuis une dizaine d’années.
Au lieu de passer les concours organisés par les Ministères de l’Education, il a été octroyé aux candidats au métier d’enseignant le droit de se présenter directement aux écoles, pour être embauchés par elles, sous condition de détenir au moins un diplôme, Bac, brevet ou CAP. Destiné au départ à enrayer les disparités territoriales liées au manque d’instituteurs dans les localités rurales reculées, le recrutement de contractuels est vite devenu affaire courante dans les villes et les capitales africaines. Formation de courte durée, rémunérations au rabais et recrutement aléatoire, ces enseignants, ne coûtant presque rien aux Etats, se sont multipliés. A tel point qu’aujourd’hui, le nombre d’enseignants contractuels viendrait à dépasser le nombre d’enseignants fonctionnaires dans plusieurs pays comme le Mali et le Sénégal, deux pays habitués chacun aux grèves récurrentes de leurs professeurs.
Réunis depuis ce mardi à Bamako, des experts internationaux du système éducatif africain entendent trouver une solution aux effets pervers de cette contractualisation effrénée qui, en dépit de la multiplication du nombre des enseignants, a entraîné une diminution de la qualité du savoir dispensé aux élèves des écoles primaires et secondaires. A l’échelle du pays, ces enseignants contractuels, de niveau d’études différent ont accru les disparités de programme et de contenu entre les écoles. « Le problème majeur de ces enseignants contractuels est leur formation, explique l’Administrateur de programme de l’Union Africaine Mohamed Chérif Diarra. Ils n’ont pas été formés à l’Ecole normale [établissement de formation des maîtres], ils ont suivi des programmes spéciaux de quelques semaines pas plus. Le niveau de ces enseignants est donc très faible et le savoir qu’ils inculquent à nos élèves l’est tout autant ! Il nous faut réagir ! ».

Les Politiques d’ajustement structurel en cause

Opérées dans les années 1990, les réformes institutionnelles de décentralisation et déconcentration en Afrique ont engendré des transferts de compétences concernant le recrutement des maîtres, passé du niveau national à celui des localités. En 2003, le Mali a entamé sa politique de décentralisation. Or, le transfert de certaines compétences de l’Etat aux collectivités locales, dont fait partie la formation des enseignants, ne s’est pas accompagné d’un transfert de ressources financières suffisantes, entraînant la précarisation installée de ces enseignants contractuels. « Les contractuels vivent dans des conditions de travail difficiles, ils ne savent pas de quoi sera fait l’année scolaire qui suit. Ils sont en outre nettement moins bien payés que leurs collègues fonctionnaires », note Mohamed Chérif Diarra.
Selon cet expert, la situation des pays africains francophones, anglophones et lusophones concernant les enseignants contractuels varierait en fonction des niveaux de déconcentration et décentralisation des Etats. Un pays fortement centralisé ayant à ce jour un nombre d’enseignants contractualisés moindre qu’un pays où la décentralisation est forte comme au Nigeria, fondé sur un système fédéral.
« Ce sont les Politiques d’ajustement structurel (PAS) imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui sont à l’origine de ces problématiques. En coupant les financements aux ministères de l’Education de nos pays africains, en imposant une réduction drastique des Ecole normales, et, effet cynique, en mettant à la retraite anticipée les enseignants qualifiés, ils nous ont fait perdre un réservoir important de savoirs et ont provoqué cette situation », souligne Mohamed Chérif Diarra.

Renouveler le recrutement des enseignants, une nécessité

Organisée par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), la Conférence Bamako +5, la deuxième du genre après celle de 2004 sur le même thème, devrait se focaliser en cette édition sur les moyens de renouveler le recrutement des enseignants contractuels. « Ces enseignants doivent être suffisamment formés afin d’être en mesure de dispenser un enseignement de qualité. C’est ce défi majeur que cherche à relever cette conférence », précise Ousmane Saïd Cissé, Conseiller technique du Ministère de l’éducation malien, co-organisateur. A la nécessité d’un recrutement de qualité, il faut ajouter la titularisation des enseignants, gage d’une pérennité de leur statut et par là même, d’un intérêt plus vif pour leur métier. Depuis le début de l’année, le Mali a entamé une réforme du statut des enseignants contractuels qui a abouti à l’intégration des contractuels dans le corps des fonctionnaires des collectivités locales. Une idée qui devrait fortement intéresser la vingtaine de représentants de gouvernements africains venus assister à la Conférence.
La titularisation des enseignants contractuels demeure la solution la plus appropriée pour répondre actuellement à leurs problèmes. Mais c’est une solution onéreuse qui pourrait coûter jusqu’à 8 milliards de dollars par an, selon l’UNESCO. « Une nécessité absolue », estime Mohamed Chérif Diarra.

mercredi 29 juillet 2009

Mastérisation : tous les décrets sont publiés

Les décrets sur la formation des enseignants publiés. Article publié sur le site VousNousIls, dépêches de l'Education, 29 juillet 2009.

Les décrets liés à la "mastérisation", réforme controversée de la formation des enseignants, ont été publiés mercredi au Journal officiel.
Le ministre de l'Education Luc Chatel avait indiqué le 7 juillet son intention de publier avant fin juillet les décrets fixant le cadre de la "mastérisation", une fois qu'il aurait reçu le rapport de la commission Marois-Filâtre, chargée de réfléchir à cette réforme.
Selon le calendrier qu'il avait annoncé, une fois publiés les décrets qui fixent le cadre de la réforme, des groupes d'experts travailleront à l'automne sur le contenu de la réforme et les organisations syndicales seront reçues à la fin de l'année par M. Chatel et la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse.
Les deux ministres ont assuré le 17 juillet que les propositions de la commission Marois-Filâtre, comme les résultats des groupes de travail ayant associé les syndicats, "seront prises en compte par les groupes de propositions qui seront installés dès la rentrée".
Cette réforme prévoit le recrutement des futurs enseignants des écoles, collèges et lycées au niveau du Master 2 (bac+5). Leur formation incombera aux universités. Initialement prévue pour la rentrée prochaine, la réforme a été différée pour entrer en vigueur dans deux ans, après une "période de transition".
La publication de ces décrets avait été retardée après des protestations de la Conférence des présidents d'université (CPU), qui avait suspendu en juin sa participation à la commission Marois-Filâtre, estimant que ces décrets "anticipaient" sur le contenu des travaux de la commission.
Le Snesup-FSU, premier syndicat du supérieur, a regretté mercredi dans un communiqué que le gouvernement ait décidé de publier ces décrets "à marche forcée en l'état, sans apporter de modifications".  Le syndicat "condamne ce simulacre d'écoute de la communauté universitaire" et "appelle les universitaires à se mobiliser dès la rentrée pour une tout autre réforme".
La réforme de la formation et du recrutement des enseignants est l'un des motifs de la grogne qui a enflammé les universitaires mais aussi l'ensemble du monde enseignant et une partie des étudiants à partir de février.

Lire le rapport de la commission Filâtre et le rapport Marois.

▪ Lire les décrets sur le site Légifrance :
- Décret n° 2009-913 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d'éducation.
- Décret n° 2009-914 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré.
- Décret n° 2009-915 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés.
- Décret n° 2009-916 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 80-627 du 4 août 1980 relatif au statut particulier des professeurs d'éducation physique et sportive.

Décret n° 2009-917 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 90-680 du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles.
- Décret n° 2009-918 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel.
- Décret n° 2009-919 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 2003-1260 du 23 décembre 2003 fixant les dispositions statutaires applicables aux professeurs des écoles du corps de l'Etat créé pour la Polynésie française.
- Décret n° 2009-920 du 28 juillet 2009 modifiant les dispositions réglementaires du chapitre IV du titre Ier du livre IX du code de l'éducation et portant extension de ces dispositions à la Nouvelle-Calédonie et à la Polynésie française.

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