Université Toulouse 1 : l'« identité nationale » se claquemure dans un amphi
Par Poolp3 le mardi 15 décembre 2009, 19:30 - Ici (ça se passe à l'UTM et dans les établissements toulousains) - Lien permanent
On savait déjà que l'université Toulouse 1 se pense désormais comme une « marque », la marque « Capitole ». Organiser dans ses murs un « débat » sur la funeste « identité nationale » visait peut-être à labelliser, sur le plan universitaire, cette mascarade nauséabonde.
Mais c'est raté. A Toulouse, l'« identité nationale », c'est :
- 70 à 80 personnes dans un amphi de 600 places, aux dires de journalistes présents, ce pour un millier d'invitations envoyées par la préfecture,
- des entrées filtrées par la police,
- un pseudo-débat manifestement indigent, qui fait fuir certains invités (et pas que des contradicteurs), scandalisés par cette pantomime,
- 150 personnes environ, dont beaucoup de jeunes et d'étudiants (alors qu'une invitée qui sort de l'amphi note qu'à l'intérieur « la moyenne d'âge est de 60 ans »), interdites d'accès par un dispositif policier très présent,
- qui rappellent que « Nous sommes tous des enfants d'immigrés », que « nos identités » (si toutefois il y en a qui soient nôtres, observe Poolp) « ne sont pas nationales » (on peut aussi le dire comme ça),
- et dénoncent les ignominies très réelles perpétrées contre les étrangers : « Ni rétention, ni expulsions ! Régularisation de tous les sans-papiers ! ».
Aujourd'hui, inspiré directement -et explicitement- par la droite extrême du siècle dernier, comme le rappelle une tribune récente (voir aussi ici), un premier ministre, "de l'Anti-France", "dessine clairement les contours en trois mots : « Aujourd'hui, dans nos stades, dans nos cités, parmi nos élites, émerge parfois la tentation de défier la République, en affichant le mépris de ses symboles. » Stades, cités, élites : trois mots qui suggèrent le peuple, les immigrés et les intellectuels."
Ce "débat" « qui n'a pas de sens », selon une participante, ce piège refusé par les milliers de signataires d'une pétition très courue, aura donc tourné à la quasi-farce, dans un climat général toulousain de grande indifférence : tant mieux. Et on peut rire du casting mitonné par la préfecture à Orléans. Mais on serait ravi d'apprendre que comme à Toulouse, Bayonne, Charmes, Vannes..., il se trouvera encore un peu partout dans l'hexagone des gens pour dénoncer ce qui n'est pas seulement une ineptie, mais aussi une machine infernale, avec les relents pestilentiels qui l'environnent (lire, dans le compte rendu de Nouvelobs.com, la définition du "bon musulman" selon Nadine Morano, qui participait à la séance organisée dans la ville natale de Maurice Barrès).