- Gouvernance : dans la majorité des cas (29), la loi stipule quelle doit être la structure des organes décisionnels de l’université, celle-ci étant impliquée à divers degrés dans les décisions concernant le nombre et la qualité de leurs membres. Les membres dits « externes » (non issus de l’université) sont de plus en plus associés aux structures de gouvernance des universités. Leur sélection est contrôlée soit par l’université, soit par les autorités publiques ; il existe dans certains pays une procédure mixte. Ces membres externes sont associés à divers degrés à la gouvernance de l’université – ils peuvent être pleinement intégrés aux décisions stratégiques comme simplement cantonnés à un rôle purement consultatif.
- Direction de l’université : les modalités en sont généralement définies, ou fortement encadrées, par la loi. Le mandat du président de l’université (également appelé recteur ou chancelier) est stipulé par la loi dans deux tiers des pays couverts par l’étude (24). Un même nombre de pays définit dans la loi les qualifications requises à l’exercice de cette fonction. L’émergence, dans certains pays d’Europe de l’ouest, de « président-manager » s’accompagne d’une plus grande autonomie en termes de management et conception de la gouvernance de l’université.
Thomas Estermann, auteur du rapport, précise : « Ce rapport souligne l’inadéquation entre l’accord général qui existe entre les parties prenantes autour de l’importance de l’autonomie pour les universités, et la mise en place, dans la pratique, de celle-ci. Si les universités ne sont pas libres d’agir dans l’intérêt de leurs étudiants et de leurs personnels, particulièrement en ce qui concerne les questions de gestion financière, alors les autres « dimensions » de l’autonomie ne sont que théoriques. »

Ce rapport de l’EUA formera la base d’un nouveau projet d’une durée de deux ans visant à développer un « tableau de bord » permettant d’évaluer l’autonomie des universités (au niveau national) en Europe (« Autonomy Scorecard »). Ce tableau de bord sera un outil majeur tant au niveau national qu’au niveau institutionnel, qui servira de référence aux gouvernements souhaitant évaluer les progrès de leurs réformes par rapport aux autres systèmes, permettant également aux universités de prendre conscience des écarts qui existent en Europe. Le lancement de l’ « Autonomy Scorecard » aura lieu à la fin du projet en 2011.

- Lire le rapport University Autonomy in Europe : Exploratory Study par Thomas Estermann et Terhi Nokkala, sur le site de l'European University Association (EUA), 48 pages, novembre 2009.