Vendredi, un rassemblement (appelé par les principaux syndicats de l'enseignement supérieur, SLR et SLU) avait lieu devant l'Assemblée nationale où se déroulait le débat sur le projet de budget de l'Enseignement supérieur dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances 2010.

Selon un article publié sur le site VousNousILs, ces organisations demandaient un « plan d'urgence pour répondre aux inquiétudes de la communauté universitaire et donner au service public d'enseignement supérieur et de recherche les moyens, tant en personnels titulaires qu'en financements pérennes, de remplir les missions dont le pays a besoin" et "L'Unef réclam[ait] que le dixième mois de bourse promis par le président Nicolas Sarkozy, conditionné à une durée de dix mois de l'année universitaire, soit versé à tous les étudiants.»
La discussion des parlementaires à lire sur le site de l'Assemblée nationale a constaté l'absence de ligne de crédit pour mettre en oeuvre le dixième mois de bourse en faveur des étudiants, a révélé que l'étude sur le crédit impôt recherche (CIR) est une nouvelle fois reportée, que l’augmentation des dépenses de personnel correspondra pour 80 % à des évolutions légales de carrières et des compensations de charges. 
Par ailleurs, Mme Marietta Karamanli (députée socialiste) a rappelé au cours du débat que le changement de périmètre du calcul de la dépense d'éducation pour l'enseignement supérieur, « comprend depuis 2006 l’ensemble des coûts de la recherche en université, ainsi que l’ensemble des coûts des bibliothèques. (...) la dépense demeur[ant] en réalité plus proche de 7 000 euros que des 10 000 euros annoncés" et elle a terminé son intervention en annonçant que l’ensemble des recherches du programme 150 "Formations supérieures et recherche universitaire", connaît une évolution réelle mais celle-ci n’est, hors inflation, que de 0,55 %.»
Tout de même, deux décisions positives [à première vue].
Les députés ont approuvé un amendement octroyant aux EPSCT la possibilité de recruter en CDI... mais en lisant le texte du projet de loi de finances modifié après les débats du jour, il s'agira uniquement d'emplois de niveau A ou pour assurer des fonctions de recherche (art. 54 quiquies, page 220).
Autre mesure prise qui contentera certains : l'adoption d'un amendement (n°353) en faveur des maîtres de conférence recrutés avant l’entrée en vigueur du nouveau dispositif qui se retrouvaient moins payés que ceux qui ont été recrutés postérieurement. L'amendement institue un système de rattrapage personnalisé, individualisé qui, à la lecture du projet de loi de finances modifié cité plus haut (art. 54 sixies, page 220), ne sera examiné en procédure de reclassement qu'à la demande de l'intéressé dans les six mois suivant la publication de la loi de finances et « la durée des services accomplis depuis la date de leur recrutement et jusqu’au 31 août 2009 étant prise en compte dans la limite d’un an » sur justificatif de la durée des services.
Il est tout de même possible que les "inquiétudes de la communauté universitaire" tardent à se dissiper...
Pour finir, un détail qui en intéressera d'autres : au détour d'une phrase du député Olivier Jardé, on peut supposer qu'il y a eut des crédits alloués (en 2009 ?) à la mise en oeuvre de l'élargissement des horaires d'ouverture des bibliothèques universitaires que cette même Assemblée avait précédemment voté. Dont acte.
Le projet de loi de finances 2010 devrait être votée dans son ensemble à l'Assemblée nationale, le mardi 17 novembre.
Maj : le projet de loi de finances 2010 a été adopté (par 336 voix Pour et 227 Contre). A présent, c'est au tour du Sénat d'examiner le projet de loi, avec un vote prévu le 8 décembre 2009.