Appel à la solidarité face à la répression à l'université de Tours
Par Poolp3 le mardi 23 juin 2009, 11:46 - Répression(s) - Lien permanent
Tours : Appel à solidarité du mouvement des Universités - Conseil de discipline contre des militants à TOURS
A la fin du mouvement universitaire de l'année 2008-2009 luttant
contre la LRU, la mastérisation et le décret des enseignants chercheurs
s'est posée la question de la tenue des examens.
Lors des AG, la position la plus largement suivie était de ne pas
faire subir à tous les étudiants, mobilisés ou non, des examens dont
les cours n'avaient pas été effectués dans les meilleures conditions.
La Coordination Nationale Universitaire appelait à la non-tenue des
examens. Des étudiants en L1 de sociologie sont venus faire part de
leur inquiétude au sujet d'un de leurs examens, la plupart de leurs
cours n'ayant pas eu lieu (ils avaient reçu des polycopiés considérés
comme cours à part entière). Ils ont procédé à un vote au sein de leur
classe et la non-tenue de l'examen l'avait emporté c'est pourquoi ils
ont sollicité un soutien de l'assemblée générale. Soucieuses d'une
égalité et d'une solidarité sans condition entre tous les étudiants de
toutes les filières, certaines personnes se sont présentées au
rendez-vous le 15 mai, afin de discuter avec l'enseignante et les
étudiants présents.
Lors de notre arrivée, nous avons engagé la discussion avec
l'enseignante, puis les étudiants sont arrivés peu à peu et ont pris
part au débat. La discussion avec l'enseignante était tendue, car elle
souhaitait absolument faire tenir son examen sans même consulter ses
étudiants. Le débat avec les étudiants s'est engagé calmement, sans
front d'aucune part, la plupart recevant positivement notre
intervention et notre soutien. Le dialogue s'éternisant et la tenue de
l'examen étant fortement compromise, l'enseignante est allée chercher
la directrice de l'IUT. Celle-ci est arrivée et s'est engagée dans la
discussion. S'en est suivie l'arrivée de messieurs Buron directeur de
l'UFR arts et sciences humaines, Wolf responsable administratif de
l'UFR arts et sciences humaines, et Barrère directeur de cabinet du
président de l'université. La directrice de l'IUT et monsieur Buron ont
débattu avec nous assez longuement et tout d'un coup, nous avons vu
surgir dans le couloir et la salle une quinzaine de policiers en
équipement anti-émeute. Nous étions surpris de n'avoir pas été poussés
à partir par les responsables d'UFR présents plus tôt et étions prêts à
partir dans le calme lorsque les policiers nous ont fermé les portes
coupe-feu au nez et ont procédé à un contrôle d'identité de toutes les
personnes restantes qui ne passaient pas l'examen, sous les regards
placides de messieurs Buron, Barrère et Wolf. L'enseignante venait de
nous dire qu'elle avait « hâte que des policiers et vigiles soient
salariés de la fac » et qu'elle nous « méprisait ». Nous avons discuté
vivement avec monsieur Buron, avançant qu'il était inadmissible que des
policiers rentrent dans une université et qu'ils procèdent à un
contrôle d'identité dans un établissement public où nous étions
d'ailleurs tous étudiants et où nous pouvions circuler librement. Nous
avons ensuite été escortés par les forces du désordre jusqu'au trottoir
hors de l'enceinte de l'IUT.
A la suite de cet événement, nous avions appris par monsieur Buron
qu'aucune poursuite ne serait engagée contre les étudiants contrôlés si
aucune perturbation d'examen n'avait lieu ultérieurement. Une
perturbation ayant eu lieu sur un examen de M1 de sociologie par les
étudiants de cette classe, devions-nous donc tempérer toute personne
qui souhaitait contester la tenue d'un examen? Ils ont d'ailleurs
échappé de peu à un conseil de discipline.
16 d'entre nous avons reçu, environ un mois après cet événement, une
convocation à un conseil de discipline les 25 et 26 juin à l 'UFR de
droit.
Face à une criminalisation des personnes prêtes à lutter jusqu'au
bout et qui ne veulent pas rentrer dans l'ordre tête baissée et
accepter des conditions imposées par les nouveaux juges des universités, face à une volonté des administrations de créer des exemples pour enterrer toute contestation, nous appelons à un soutien et une solidarité de l'ensemble de la
communauté universitaire lors de ce conseil de discipline. Cela ne
concerne pas seulement les convoqués, mais toutes les personnes ayant
suivi le mouvement universitaire, car c'est le procès du mouvement dans
son ensemble.
Conseil de discipline, le 25 juin à 14h au site droit, économie et
sciences sociales, 50 avenue Jean Portalis , et le 26 juin à 9h30 sur
le site de Polytechnique.
Nous vous invitons à transmettre l'information auprès de vos contacts. Nous vous remercions d'avance pour votre soutien.
Des étudiants convoqués. Le 21 juin 2009
Communiqué des étudiants convoqués, à lire aussi sur Université Paris-8 en grève, Fabula, ou encore Indymedia Toulouse. Et rappel : c'est également à Tours qu'un enseignant-chercheur fait l'objet de poursuites suite à son engagement dans le mouvement universitaire.
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