Il vaut mieux aller sur le web pour avoir quelques nouvelles de la Guadeloupe, où la grève générale en est à son troisième jour. Voir par exemple:
- Sur le site Actuchômage : La Guadeloupe n'a pas attendu le 29 janvier pour exprimer sa colère. Depuis mercredi, à l'appel du collectif «Kont pwofitasyon» (contre la "profitation") qui a promis une paralysie totale de l'île, les Guadeloupéens se mobilisent massivement contre la vie chère, pour l'emploi et l'éducation.
«Dans notre situation, marquée par un chômage massif [1], l’emploi précaire et les licenciements dont les femmes sont particulièrement victimes, la hausse du coût de la vie touche toutes les catégories sociales et plus durement encore ceux qui ont peu de ressources financières. Les conséquences aujourd’hui sont un appauvrissement et un surendettement entraînant l’impossibilité de payer les loyers, les charges, les impôts et de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille», explique l’Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTG), signataire d'un appel à la grève reconductible lancé par une cinquantaine d'organisations syndicales, politiques et associatives qui ont élaboré une plateforme commune contenant douze points de revendications :
• La baisse immédiate de 50 centimes du prix des carburants
• La baisse des prix de tous les produits de première nécessité et de tous les impôts et taxes
Une augmentation du salaire minimum de 200 € nets
• La baisse du prix de l’eau et des transports de passagers
• La titularisation de tous les précaires publics et privés
• Le reversement des sommes abusivement perçues par la SARA [2] et les Collectivités dans un fonds destiné à la formation et à l’emploi des jeunes et à l’organisation d’un véritable service des transports de passagers
• La restitution par la SARA des 3 millions d’€ versés par l’Etat et les Collectivités
• La création, en remplacement de la SARA, d’un service public d’approvisionnement et de distribution des carburants garantissant la transparence, la qualité et l’accès à un carburant au meilleur coût
• La sauvegarde du patrimoine de l’Hôtel Kalenda et le reclassement de tous les salariés de Kalenda et Anchorage
• Le développement de notre production afin de satisfaire les besoins de la population
• Le droit à l’éducation et à la formation pour la jeunesse et les travailleurs de notre pays
• La priorité à l’embauche et aux postes de responsabilité pour les Guadeloupéens et le refus du racisme à l’embauche.
Privés ou publics, les secteurs de l'éducation, des transports, du bâtiment, de la santé, du tourisme, de l'hôtellerie, de l'électricité ou de l'eau sont touchés. Même le Pôle Emploi est en grève. Des rassemblements, des occupations et des opérations escargot s'organisent. En face des grévistes, les forces de l’ordre ont reçu la consigne de s'opposer à tout barrage, occupation ou tentative de blocage de la circulation.
En deux jours le mouvement s'est durci et, selon «Kont pwofitasyon», ne s'arrêtera pas tant que les revendications ne seront pas satisfaites.

[1]
On rappelle que la plupart des statistiques officielles sur le taux de chômage ou le nombre de RMIstes éludent généralement les DOM, les chiffres jetés en pâture à l'opinion publique ne concernant que la sacro-sainte métropole afin d'avoir l'air nettement plus reluisants.
[2] La SARA (Société Anonyme de Raffinerie des Antilles), qui approvisionne en produits pétroliers la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, est désignée comme principale responsable des prix élevés du carburant.

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 Selon l'AFP : POINTE-À-PITRE. Des barricades constituées de détritus, poubelles renversées, pneus usagés, gravats et branchages, ont été érigées aux premières heures de jeudi, au troisième jour de la grève générale qui affecte la Guadeloupe contre la vie chère.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les pompiers ont été amenés à intervenir dans plusieurs communes de l'île et à quatorze reprises à Pointe-à-Pitre pour des feux de poubelles ou de voitures.
Selon leur état-major, ils ont été caillassés plusieurs fois et souhaitent dorénavant intervenir sous la protection des forces de l'ordre.
Le préfet de la Guadeloupe, Nicolas Desforges, a convié le collectif "contre l'exploitation outrancière" ("kont pwofitasyon"), constitué d'une cinquantaine de syndicats, partis politiques et associations culturelles, à une table ronde jeudi après-midi en préfecture.
Le collectif ne s'était pas rendu mercredi à la "réunion de travail" à laquelle les avaient conviés les présidents des conseils général et régional, Jacques Gillot et Victorin Lurel, et le président de l'Association des maires, Jean-Claude Malo.
Evoquant jeudi matin, sur Radio Caraïbes Internationale (RCI), les "blocages de routes" et l'envahissement la veille de l'aérogare internationale de Pointe-à-Pitre par environ 500 manifestants, M. Lurel a affirmé que "ce n'est pas ça qu'il faut attendre d'un mouvement d'une telle ampleur: ça devient quelque chose d'ingérable", a-t-il estimé.
Parallèlement à la grève générale, les 115 stations-services de l'île sont fermées depuis lundi, leurs gérants exigeant l'arrêt de toute nouvelle implantation.