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Appels, pétitions, motions d'instances ou de comités de mobilisation universitaires

 

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lundi 4 mars 2013

Un projet de loi / de société inacceptable : motion de l'AG de l'ESR (2 mars 2013)

Assemblée générale du 2 mars 2013 : "Un projet de société inacceptable"

Motion unique adoptée samedi 2 mars 2013
UN PROJET DE SOCIÉTÉ INACCEPTABLE.  L'UNIVERSITÉ ET LA RECHERCHE PUBLIQUE FRANÇAISES EN COLÈRE !

Ce que la droite a fait, ce gouvernement va l'aggraver !
Comme au Québec, comme en Grande-Bretagne, comme au Chili, les universités françaises sont mises intentionnellement en faillite par une loi, la loi LRU et le seront encore plus par la loi LRU 2 dite loi Fioraso, ce qui entraînera une élévation considérable des droits d'inscription.
Nous refusons la marchandisation de l?éducation, du savoir et de la recherche publique, telle qu'elle s'inscrit dans la stratégie de Lisbonne. Nous refusons la prise de contrôle de l'enseignement et de la recherche par les intérêts particuliers. Nous refusons la disparition des libertés académiques.
L'Assemblée Générale, appelée par l'A.G. du 18 février, soutenue par une large intersyndicale et les collectifs de précaires, s'est tenue le 2 mars à l'INALCO (Paris). Sont représentés une trentaine d'universités et les principaux organismes de recherche (CNRS, INRA, IRSTEA, INSERM).
S'appuyant sur la multiplication des motions émanant des conseils centraux des universités, des assemblées générales des étudiant.e.s et des personnels, des laboratoires, des départements et UFR, des sections de CNU, des sections du CoNRS, de la C3N, des comités techniques d'organismes, des sociétés savantes,
L'A.G. reprend à son compte les revendications exprimées par l'A.G. du 18 février et exige
  • l'abandon pur et simple du projet de loi Fioraso ;
  • un moratoire sur le projet de réforme de la formation des enseignants.

L'AG dénonce
  • la dégradation des conditions d'études, d'enseignement et de recherche et la dégradation de la vie quotidienne des étudiant.e.s et des personnels ;
  • la déqualification massive des étudiant.e.s engendrée par ces réformes et la casse des diplômes ;
  • le gel des emplois de titulaires et le plan social déguisé qui conduit au non renouvellement massif des CDD des personnels précaires : à la place des 1000 emplois annuels que le MESR se vante d'avoir créés, on en est à 1500 postes gelés pour cette présente année ;
  • la politique de régionalisation et de subordination du service public d'enseignement et de recherche aux intérêts privés.

L'AG exige
  • un réengagement financier total de l'État ;
  • un véritable cadrage national des diplômes dans les intitulés et les contenus ainsi que leur reconnaissance dans les conventions collectives ;
  • une loi de programmation, qui pourra en particulier remettre au service de l'ESR les crédits du commissariat général aux investissements et le Crédit Impôts Recherche. Cette loi de programmation devra abroger l'ensemble des dispositifs mis en place par le Pacte pour la Recherche (notamment ANR, Alliances, Fondations de Coopération scientifique) et par la loi LRU (et notamment les RCE). Car ces dispositifs sont responsables de la paupérisation des universités et des organismes des recherche, de l'explosion de la précarité, de la fragilisation des diplômes nationaux, de la détérioration continue des conditions d'études, d'enseignement et de recherche ;
  • la remise en chantier de la réforme de la formation des enseignants ;
  • un plan pluriannuel de créations de 5000 postes de titulaires par an pendant 5 ans pour toutes les catégories de personnels des universités et organismes de recherche, seul capable de garantir la réussite des étudiant.e.s et de résorber la précarité.

L'AG appelle à participer à
  • la manifestation interprofessionnelle du 5 mars contre l'accord national interprofessionnel dit de sécurisation de l?emploi (14 heures à Paris : rdv enseignement supérieur / recherche : intersection rue Saint-Denis / rue de Rivoli) ;
  • une journée nationale de grève dans l'Enseignement Supérieur et de la Recherche le jeudi 21 mars ;
  • une coordination nationale des organismes de recherche et des universités en lutte dans la semaine du 18 mars ;
  • la journée d'action des professeurs des écoles le 25 mars : nous sommes tous concerné.e.s, de la maternelle à l'université.

L'AG invite en outre
  • à tenir des AG d'information et de mobilisation partout sur les campus ;
  • à des actions « coups de poing » ;
  • à des occupations de lieux symboliques dans les universités, les établissements et les organismes de recherche ;
  • à faire remonter des bilans comptables notamment auprès de enquete.ases@gmail.com (A.S.E.S : Association des Sociologues de l'Enseignement Supérieur) et webmaster@sauvonsluniversite.com (Sauvons l'Université !) ;
  • à s'adresser aux représentants élus au Parlement (député.e.s, sénateurs/trices).
Adoptée à l'unanimité moins 4 abstentions.

A retrouver sur Sauvons l'Université, avec calendrier et revue de presse (voir aussi ici et ).

mercredi 27 février 2013

SLU appelle à une AG nationale le 2 mars

Appel à l’AG NATIONALE du 2 Mars !

UNE AG, PAS UNE TEA PARTIE !
NON À LA LRU 2 ! NON À CETTE RÉFORME DE LA FORMATION DES ENSEIGNANTS !

Qui dira la consternation de la communauté de l’Enseignement supérieur et de la recherche devant les deux projets de loi en préparation (sur la réforme de la Formation des enseignants et sur l’Enseignement supérieur et la recherche) ? Après avoir tant proclamé sa volonté d’écoute et de concertation, le nouveau gouvernement reconduit, valide, voire approfondit en réalité les choix de l’ère Pécresse. L’inquiétude devant ces projets, la préoccupation solennelle pour l’avenir de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), commencent à s’exprimer sous une forme collective : de nombreux conseils centraux, UFR, Départements, sections de CNU, associations savantes, syndicats, associations viennent, depuis quelques semaines, des analyses, des motions, des interpellations.
Le 18 février, une première Assemblée générale réunie à Paris 7 à l’initiative de l’Intersyndicale, de SLU et de SLR a appelé l’ensemble des acteurs de l’ESR à se mobiliser pour organiser l’information et l’action dès le 2 mars.

Cette Assemblée générale nationale des étudiants et personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche aura lieu  le samedi 2 mars, de 11h à 15h à l’INALCO, 65 rue des Grands Moulins (Amphi 4), Métro : Bibliothèque François-Mitterrand (Ligne 14)

Elle est ouverte à tous les étudiants, à tous les précaires de l’ESR, à tous les personnels enseignants et chercheurs, administratifs et techniques de l’ESR.
Elle vise à porter témoignage de ce qu’il en est de la LRU à l’ère du projet de loi LRU2, et à définir des modalités d’action.
Pour nourrir la partie bilans et témoignages, vous pouvez relater tous les dysfonctionnements que vous observez et toutes les conséquences néfastes des réformes qui concernent :

- l’organisation des enseignements et l’accueil des étudiants

- la précarisation des personnes et des carrières ; le pilotage présidentiel dans les recrutements des enseignants-chercheurs

- les parcours étudiants ; les projections sur la déstructuration de la formation (disciplinaire et didactique) dans les futurs masters métiers de l’enseignement

- les regroupements d’établissements, l’effet des fusions sur l’organisation administrative et pédagogique (exemple ici : http://www.sauvonsluniversite.com/s...)

- politique de recherche (recherches sur projets, transfert des résultats vers les milieux économiques, critères d’évaluation), les équipes et les programmes de recherche

- ce qui est fait dans votre université des 2000 postes attribués par G. Fioraso aux universités (transfert direct à la masse salariale ? répartition ? attribution ?)

Vous pouvez envoyer vos contributions à externeslu@gmail.com ou à webmaster@sauvonsluniversite.com. Nous les mettrons en ligne sur le site de Sauvons l’Université !

Venez débattre ! Venez proposer des actions ! Faites représenter votre université !

Le 25 février 2013, le C.A. de Sauvons l’Université !

dimanche 24 février 2013

Non à l'accord « compétitivité-emploi » !

Un ANI qui nous veut du mal, ATTAC, Fondation Copernic, 19 janvier 2013.

 L’accord national interprofessionnel (ANI) du 11 janvier, ou « accord emploi », signé par le patronat et certaines organisations syndicales [*] représente un recul social majeur. Les soi-disant « nouveaux droits pour les salariés » sont en réalité de portée limitée et comportent nombre de dérogations et de dispositions qui en permettent le contournement. Par contre, les mesures en faveur  du patronat portent des coups sévères au droit du travail. Cet accord s’inscrit dans le droit fil des préconisations, appliquées partout en Europe, de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) : démantèlement du droit du travail,  chantage à l’emploi pour baisser les salaires et les droits sociaux au nom de la compétitivité. Il contribuera ainsi à la spirale dépressive dans laquelle les politiques d’austérité enfoncent l’Union européenne.
L’accord aggrave encore, après les lois Fillon de 2004 et 2008 qu’il faut abroger, la remise en cause de la hiérarchie des normes en permettant de nouveau qu’un accord d’entreprise soit moins favorable que la convention collective et que la loi : en cas de « graves problèmes conjoncturels » de l’entreprise (quelle entreprise ne connaît pas de problème conjoncturels et surtout qui en jugera ?), il ne laisse d’autre choix au salarié que d’accepter la baisse de son salaire et l'augmentation de son temps de travail sous peine de licenciement. L’accord réduit considérablement les droits et les possibilités de contestation et de recours à la justice des salariés et de leurs représentants. Il remet en cause des prérogatives importantes des instances représentatives du personnel et renforce le pouvoir des employeurs, notamment celui d’imposer la « mobilité » des salariés (changement de lieu ou de poste de travail).
Loin de permettre « la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés » cet accord va, au contraire, aggraver la précarité du travail en libérant le patronat de nombre d'obligations. En dépit des promesses qui avaient été faites par le gouvernement, l'accord ne réduit pas les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, alors même que la précarité de l'emploi concerne en premier lieu les femmes, prépondérantes dans le temps partiel (80%) et plus souvent touchées par les CDD, le chômage et le sous-emploi. De même, à l'heure où près du quart des actifs de moins de 25 ans est au chômage, ces accords risquent de fragiliser les conditions d'emploi des jeunes. Que ce soit par la faiblesse de leur ancienneté dans l'entreprise, ou bien parce qu'on estimerait qu'un jeune a « toute sa vie devant lui », en l’absence de vraies mesures contre les contrats précaires qui les touchent massivement, les jeunes risquent de payer le prix du chantage à la mobilité et de l'assouplissement des licenciements.
Enfin cet accord est illégitime. Il a été signé par trois confédérations syndicales représentant une minorité de salariés, alors même que les règles de représentativité syndicale sont sur le point de changer. Les parlementaires de droite se disent prêts à voter ses dispositions telles quelles, mais ni le président de la République, ni la majorité de l’Assemblée nationale n’ont été élus pour faire reculer les droits des salariés. Transposer ces reculs sociaux dans la loi représenterait donc un grave déni démocratique.
Nous appelons les salariés-es, et plus largement, tous les citoyen-ne-s à lire ce texte, à l’analyser, à tenir partout des réunions pour en débattre ensemble et faire entendre leurs exigences auprès de leurs élus, tout particulièrement ceux de gauche, pour qu’ils ne votent pas ce texte. L'heure est bien plutôt à la sécurisation des emplois contre les licenciements, pour un travail de qualité, sans précarité, avec des droits sociaux de haut niveau pour les salariés, les chômeurs et les retraités. Nous ferons tout pour que cet accord n’acquière pas force de loi et nous appelons à soutenir toutes les initiatives en ce sens, en particulier les mobilisations syndicales.

Appel soutenu par : Attac, CADAC, CGT Commerce Paris, CGT Hôtels Prestiges et Economiques, CGT-Finances, CNDF, CNT-Solidarité ouvrière Ile-de-France, Convergence de défense et développement des services publics, Convergences & Alternative, Fédération pour une alternative sociale et écologique, Fondation Copernic, FSU, Gauche anticapitaliste, Gauche unitaire, Les Alternatifs, Les efFRONTé-e-s, Marches européennes contre le chômage, Mouvement des jeunes communistes de France, Mouvement national des chômeurs et précaires, Nouveau parti anticapitaliste, Osez le féminisme !, Parti communiste français, Parti communiste des ouvriers de France, Parti de gauche, Réseau féministe « Ruptures », Résistance sociale, République & Socialisme, UNEF, Union syndicale Solidaires...


[*] L'accord -surnommé "les accords de Wagram"-a été signé par l'ensemble des organisations patronales (MEDEF, CGPME et UPA) et par trois confédérations syndicales de salariés (CFDT, CFTC et CFE-CGC) sur cinq (la CGT et FO ayant décidé de ne pas signer l'accord).

- Lire le texte de l'accord ANI du 11 janvier 2013.
- Lire l'avant-projet de loi qui transcrit l'accord ANI.
- Lire aussi Le licenciement automatique bientôt inscrit dans la loi ? un article d'Yvan Du Roy sur Basta! et "Un accord "donnant-perdant" pour les salariés : l’ANI décrypté, par la Fondation Copernic, une analyse de l'accord par Solidaires ou Rien contre le chômage, le Medef a bloqué toute avancée pour les salariés dans cet accord signé par une minorité syndicale de Gérard Filoche...

> Signez la pétition sur le site d'ATTAC.

samedi 23 février 2013

Motion de l'AG de l'ESR (Paris 7, 18 février 2013)

Lu sur le site de Sauvons l'Université ! :

Suite à l'AG étudiants-personnels de l'ESR tenue à l'U. Paris 7 le 18 février 2013, une semaine d’actions est fixée du 25 février au 2 mars, avec manifestation convergente avec le primaire le 28 février et AG Nationale le samedi 2 mars.
Plus de 400 personnes ont été rassemblées sur la durée de l’AG, de nombreuses prises de parole ont eu lieu. Accord unanime pour le rejet du projet actuel, de la loi LRU et du pacte pour la Recherche.

Une AG qui s’est voulue le point de départ d’une vaste mobilisation, et veut faire céder le gouvernement.

MOTION UNIQUE votée à l’Assemblée Générale des étudiants et des personnels de l’ESR le 18 février 2013

L’actuel projet de loi ne répond absolument pas aux attentes et aux besoins de la communauté de l’ESR et de la société.

Pire encore il entérine et aggrave les logiques à l’œuvre dans la loi LRU et dans le pacte pour la recherche.

Aucune solution, aucune amélioration ne sera possible sans une nouvelle loi d’orientation et de programmation qui revienne sur l’ensemble des dispositifs mis en place par la loi LRU et le pacte pour la recherche, responsables de la paupérisation des universités et des organismes de recherche, de l’explosion de la précarité, de la fragilisation des diplômes nationaux, de la détérioration des conditions d’études, d’enseignement et de recherche.

Nous demandons donc l’abandon du projet de loi Fioraso.

L’AG réunie le lundi 18 février à l’université Denis Diderot Paris VII appelle

- à un rassemblement unitaire demain 19 février devant le MESR rue Descartes (Paris, 5e ar.) à 14h dans le cadre de la tenue du CNESER

- à des AG de mobilisation étudiants/membres du personnel

- à une semaine de manifestations et mobilisation dans les facs et les labos du 25 février au 2 mars (avec notamment la participation à la manifestation sur l’école le 28 février)

- à l’organisation d’une prochaine AG nationale le samedi 2 mars.

Motion largement votée par les personnes présentes vers 13h30 (avec 2 contre, 3 abstentions, 6 refus de vote de la part des dirigeants de l’UNEF)

Pour prendre connaissance des 14 propositions d'actions non soumises au vote, et du reportage "embedded" de SLU, c'est ici. Et pour voir l'annonce commentée de cette AG interuniversitaire sur le blog de S. Huet, c'est .

lundi 4 février 2013

Lettre ouverte / pétition pour l'égalité des droits entre jeunes chercheurs, quelle que soit leur nationalité

Pétition soutenue par le collectif Papera et Sauvons La Recherche : Lettre ouverte / pétition pour l’égalité des droits entre les jeunes chercheurs français / Européens et les jeunes chercheurs étrangers hors UE, mardi 29 janvier 2013


  A l’attention de : Monsieur le ministre des Affaires étrangères et européennes, Laurent Fabius,
  et Madame la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso

  16 janvier 2013                           



En cette période de préparation du projet de loi qui sera présenté très bientôt au Conseil des ministres suite aux Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (déc. 2012), nous, les jeunes chercheurs doctorants étrangers, nous permettons de nous adresser au Gouvernement Français pour contribuer au débat public sur les conditions et l’attractivité internationale de l’enseignement et de la recherche en France.

Nous adhérons pleinement aux inquiétudes et aux propositions exposées par la Confédération des Jeunes Chercheurs (CJC) lors des Assises de l’ESR en décembre dernier. Toutefois, à la lecture des derniers rapports issus de ces Assises en vue de préparation du projet de loi, nous voudrions nous assurer que les propositions de la CJC et leur importance en ce qui concerne les conditions des doctorants étrangers soient bien transcrites et comprises. Nous ne pouvons que soutenir et saluer les propositions transcrites dans les rapports concernant l’amélioration d’accueil et des dispositions de la carte de séjour « scientifique - chercheur » : notamment concernant le prolongement de la durée de cette carte à la période de recherche d’emploi (après l’obtention du diplôme) et à la période d’ouverture des droits sociaux auxquels le doctorant à pu cotiser pendant son travail. Cependant nous sommes inquiets de voir la transcription très modeste d’une autre proposition de la CJC, qui nous semble pourtant extrêmement importante.
Il s’agit notamment de la proposition d’attribution de la carte de séjour « scientifique - chercheur » à TOUS les jeunes chercheurs doctorants étrangers, qu’ils soient « contractualisés » ou non [1].
Cette proposition semble être transcrite très modestement et à la première lecture, sauf erreur, n’apparaît même pas (en tout cas explicitement) dans le Rapport du député Le Déaut au Premier Ministre « Refonder l’Université » (Propositions de transcriptions législatives et réglementaires des conclusions des Assises 2012 de l’enseignement supérieur et de la recherche). Il s’agit cependant d’une proposition d’importance capitale. L’attribution généralisée de la carte de séjour « scientifique - chercheur » permettrait de non seulement valoriser le doctorat et le replacer dans son contexte de véritable expérience professionnelle (reconnu comme telle en Europe et en France), mais aussi remédier aux situations d’INÉGALITÉ, qui frappent actuellement les doctorants étrangers non contractualisés soumis au régime « étudiant ».

En effet, malgré leur contribution importante à la production scientifique, environ 60 % des doctorants étrangers font leurs travaux de recherche sous le régime « étudiant ». Il est extrêmement important de souligner, qu’environ 50% des doctorants étrangers [2] NE SONT PAS « contractualisés » et de ce fait NE PEUVENT PAS, à l’heure actuelle, prétendre à la carte de séjour « scientifique - chercheur » (cf. note1). En résultat, plus de la moitié des doctorants étrangers ne seront pas affectés par l’amélioration des dispositions de la carte de séjour « scientifique - chercheur », si le projet de loi de prévoit pas de changer les conditions d’attribution de cette carte et sa généralisation pour TOUS les doctorants étrangers.

Actuellement, ces doctorants étrangers non contractuels soumis à la carte de séjours « étudiant » se retrouvent en inégalité des droits par rapport aux doctorants contractuels, mais aussi par rapport aux doctorants non contractuels de nationalité française ou européenne. En effet, les doctorants non contractuels « étudiants » français ou européens, après avoir réalisé des contrats de travail durant la période de thèse, peuvent prétendre à une inscription au pôle emploi et à un revenu de remplacement (allocations de chômage), - même tout en restant inscrits comme étudiants [3]. Les doctorants étrangers hors EU se trouvant dans les MÊMES conditions, du simple fait d’avoir la carte de séjour « étudiant » SONT EXCLUS actuellement de la liste des prétendants à l’inscription au Pôle Emploi, alors même que cette carte « étudiant » porte l’inscription « autorisé à travailler à 60% du temps complet ».

Nous demandons alors le Gouvernement Français de rétablir l’égalité des droits entre les doctorants français (/européens) et les doctorants étrangers (hors EU), notamment en ce qui concerne les droits sociaux auxquels ils ont cotisé pendant leur travail, en cohérence avec le principe de la non discrimination des travailleurs par leur nation [4]. Ceci peut être fait par la généralisation de l’attribution de la carte de séjour « scientifique - chercheur » à tous les doctorants étrangers (contractuels ou non), ET par la correction des dispositions légales sur l’inscription au Pôle Emploi, - notamment, l’inclusion de la carte de séjour « étudiant » dans la liste des « justificatifs d’identité acceptés » à l’inscription [5]. Le Pôle Emploi pourra donc vérifier la condition de « disponibilité pour emploi » au cas par cas (comme pour tous les autres étudiants -travailleurs), sans discriminer la totalité des étudiants -travailleurs étrangers hors EU par rapport aux étudiants -travailleurs de nationalité française / européenne dans la même situation.

Nous restons dans le fort espoir que la France, étant le pays de l’égalité, de la liberté et de la fraternité, mais aussi le pays d’un très haut niveau de recherche, fera correspondre les conditions d’accueil, de vie et de travail des jeunes chercheurs étrangers à ces idéaux.


Jeunes chercheurs doctorants étrangers
Et tous ceux qui soutiennent la Pétition « Pour l’égalité des droits entre les jeunes chercheurs français/européens et les jeunes chercheurs étrangers hors EU »
Signer la pétition.


[1] Rappelons que légalement au jour d’aujourd’hui, pour prétendre à obtenir la carte de séjour « scientifique - chercheur », le doctorant étranger doit être « contractualisé », e. g. avoir la convention d’accueil du laboratoire de rattachement ET le contrat de travail de recherche payant (contrat doctoral qui intègre certains modes de financement, CIFRE ou autre contrat de recherche). Cf. article R313-11 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers ; décret n° 2009-464 du 23 avril 2009 ; http://cjc.jeunes-chercheurs.org/ex...).
[2] En moyenne, puisque la proportion des doctorants étrangers non contractuels est beaucoup plus importante dans la filière des sciences dites « molles » (sciences humaines et sociales), étant de 75% environ là, où ils sont représentés le plus (plus de 50% de tous les doctorants).
[3] Nous nous referons ici aux articles L5421-1 et R5411-9 du Code du Travail. Ces dispositions sont évoquées et réaffirmées par les lettres du Ministère de l’ESR (Lettre de DGRT GB/DGRT/D2/N° 96-286 ; Lettre DRA3/02-292 du MESR ; Lettre de la DGESIP du 15/02/2010), ainsi que par la jurisprudence (Tribunal administratif No0704078, 0704079 et No97LY02974), où il est rappelé que les doctorants inscrits en thèse, tout comme tous les autres étudiants dont la formation « permet d’occuper simultanément un emploi » (R5411-9) ont pleinement droit de s’inscrire au Pôle Emploi et avoir un revenu de remplacement.
[4] Articles L1132-1 et R5421-3 du Code du Travail
[5] Article R5221-48 du Code du travail.

dimanche 3 février 2013

Pétition "Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France !"

Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France !
pétition en lignesur Avaaz, 21 janvier 2013.

 Paris, le 18 janvier 2013 — Le ministère de la Culture a annoncé hier la conclusion de deux accords, signés entre la Bibliothèque nationale de France et des firmes privées, pour la numérisation de corpus de documents appartenant pour tout (livres anciens) ou partie (78 et 33 tours) au domaine public. Les fonds concernés sont considérables : 70 000 livres anciens français datant de 1470 à 1700, ainsi que plus de 200 000 enregistrements sonores patrimoniaux. Ces accords, qui interviennent dans le cadre des Investissements d’avenir et mobilisent donc de l’argent public, vont avoir pour effet que ces documents ne seront pas diffusés en ligne, mais uniquement sur place à la BnF, sauf pour une proportion symbolique.
Ces partenariats prévoient une exclusivité de 10 ans accordée à ces firmes privées, pour commercialiser ces corpus sous forme de base de données, à l’issue de laquelle ils seront mis en ligne dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Les principaux acheteurs des licences d’accès à ces contenus seront des organismes publics de recherche ou des bibliothèques universitaires, situation absurde dans laquelle les acteurs du service public se retrouveront contraints et forcés, faute d’alternative à acheter des contenus numérisés qui font partie du patrimoine culturel commun.
Les conditions d’accès à ces éléments de patrimoine du domaine public seront restreintes d’une façon inadmissible par rapport aux possibilités ouvertes par la numérisation. Seule la minorité de ceux qui pourront faire le déplacement à Paris et accéder à la BnF seront en mesure de consulter ces documents, ce qui annule le principal avantage de la révolution numérique, à savoir la transmission à distance. Partout enFrance et dans le monde, ce sont les chercheurs, les étudiants, les enseignants, les élèves, les amateurs de culture, les citoyens qui se trouveront privés de l’accès libre et gratuit à ce patrimoine.
La valeur du domaine public réside dans la diffusion de la connaissance qu’il permet et dans la capacité à créer de nouvelles œuvres à partir de notre héritage culturel. Sa privatisation constitue une atteinte même à la notion de domaine public qui porte atteinte aux droits de chacun.

Source :
http://www.savoirscom1.info/2013/01/18/non-a-la-privatisation-du-domaine-public-par-la-bibliotheque-nationale-de-france/?doing_wp_cron=1358813520.8861958980560302734375

Communiqué de l'Association des Bibliothécaires de France :
http://www.abf.asso.fr/pages/interieur-contenu.php?categorieTOP=2&categorie=22&id_contenu=320&utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

Manifeste Pour Le Domaine Public :

http://www.publicdomainmanifesto.org/french

lundi 14 janvier 2013

Future loi ESR : SUD appelle à manifester le 31 janvier 2013

Future loi ESR : les projets provocateurs du Ministère - Vous avez aimé la LRU et le Pacte Recherche ? vous allez adorer le projet de loi  que le cabinet de G. Fioraso est en train de nous concocter ! SUD Recherche EPST, 9 janvier 2013.

Cet article rend compte de la réunion préparatoire à la loi convoquée au MESR le 19 décembre dernier et fait part de l’analyse de SUD-RE. L’article comprend un CR détaillé (plus de 20 pages) des positions exprimées lors de la réunion du 19 décembre (afin que chacun puisse vérifier sur pièce le projet et les avis exprimés)

Après des Assises au pas de course, une loi au pas de charge ?
Deux jours à peine après la remise à François Hollande du rapport final contenant les propositions du comité de pilotage des Assises rédigé par V. Berger, le Directeur de Cabinet de la ministre Fioraso et ses conseillers présentaient les grands axes du projet de loi qu’ils sont en train de préparer « sur cette base ».
À cette réunion, qui s’est tenue le 19 décembre –sans aucun document écrit– avaient été conviées les organisations du supérieur (personnels et étudiants), et quelques rares syndicats des personnels des EPST (pas de représentants des personnels des EPIC ou des salariés de la recherche privée).

Ce qui nous a été présenté a été essentiellement du mécano institutionnel, vu par le petit bout de la lorgnette (cf. au verso du tract). Pas de vision d’ensemble pour l’ESR ; éviter les débats de fond semble être la préoccupation principale du ministère. Sinon pourquoi une telle précipitation à vouloir boucler un texte de projet de loi avant fin janvier, le faire adopter en conseil des ministres « avant mars 2013 », et le faire voter au Parlement dans la foulée ?

Les moyens budgétaires, la précarité, les carrières… ? Hors-sujet !
- Pour le MESR, les moyens budgétaires, la lutte contre la précarité, l’amélioration des statuts et de carrières, ne font pas partie du chantier de la future loi ! Circulez, y a rien à voir !
- Pourtant, les Assises n’avaient pu finalement ignorer, sous la pression des syndicats et des collectifs de précaires, ces questions essentielles, et le rapport Berger y consacre même ses 2 derniers chapitres (« Mieux reconnaître l’activité des hommes et des femmes » et « affirmer l’engagement de la France dans l’ESR »).

La « simplification » ? On ne jette rien… sauf les EPST !
- Le MESR, ne veut supprimer ni les Idex, ni l’ANR, ni les Alliances, ni l’AERES , rien en fait de ce qui a été mis en place par les gouvernements précédents, que ce soit avec le « pacte recherche » de 2006 ou la LRU de 2007. Les ajouts les plus importants (création de super-universités régionales, poids accru donné à l’innovation et au transfert) permettront d’aller plus loin encore dans la mise en œuvre des politiques précédentes : formation et recherche toujours plus au service de la « compétitivité économique », intégration toujours plus poussée de la recherche dans le système universitaire et désintégration des organismes de recherche nationaux de plus en plus réduits à n’être que des « agences de moyens »
- Avec le maintien emblématique de l’ANR, le MESR n’entend surtout pas rompre avec la logique de mise en concurrence permanente des équipes pour leur financement qui, jointe aux politiques budgétaires déjà votées (augmentation du Crédit Impôt Recherche, restriction des budgets publics), lui permet d’imposer ces politiques.
- Pour les personnels, cela signifie la poursuite des galères -notamment l’utilisation de nombreux CDD "jetables"- et une dérive de leurs missions ; pour les citoyens, cela signifie un morcellement de la recherche, et un détournement des moyens publics au profit d’intérêts privés, au moment où le besoin d’une recherche et d’une expertise publiques indépendantes, collectives, pluridisciplinaires, se fait de plus en plus sentir (environnement, santé, agriculture, transports, énergie,…).

Nous ne pouvons accepter que la seule perspective d’avenir ce soit la poursuite -voire l’aggravation- des politiques de régression sociale et de casse des services publics menées ces dernières années ! Mobilisons-nous pour exiger un débat de fond sur les objectifs et les moyens d’une véritable avancée pour l’enseignement supérieur et la recherche !
(Actions pour dénoncer la précarité et exiger un plan de titularisation, journée de grève Fonction Publique du 31 janvier, interpellation des parlementaires, des médias…)

CR détaillé réunion MESR 19 dec 2012  CR détaillé réunion MESR 19 décembre 2012
Tract SUD-RE projet loi ESR Tract SUD-Recherche

samedi 20 octobre 2012

Rififi contre RefDoc : un appel aux auteurs scientifiques

L'article d'Olivier Ertzscheid à propos des pratiques de l'INIST et de son service RefDoc (relayé au soir du 1er octobre par Poolp qui avait déjà évoqué cette même question avec la première condamnation du CFC et de l'INIST pour contrefaçon, en 2010) a provoqué quelques remous sur le web, avant même que le CNRS répond(e) à ses détracteurs par un communiqué plein d'arguties.
Parmi les suites -chroniquées sur Affordance- la plus salutaire est la constitution d'un collectif, le Collectif des auteurs en colère. Sur le site SavoirsCom1 (qui lutte pour l’accès libre aux publications scientifiques face aux  phénomènes d’appropriation des résultats de la recherche publique) le Collectif des auteurs en colère appelle tous les auteurs à le rejoindre et à demander le retrait de leurs documents de la base Refdoc.
A la suite, SavoirsCom1 appelle à soutenir une pétition demandant :
- que l’INIST, composante du CNRS, indique systématiquement dans sa base Refdoc les liens permettant d’accéder à une version en libre accès de l’article lorsque celle-ci est disponible,
- que l’INIST, composante du CNRS, respecte les décisions de justice qui par deux fois (arrêt du 27 mai 2011 et confirmation en appel)  ont déjà reconnues comme illégales ces pratiques de revente sans consentement de l’auteur,
- que l’INIST, au travers de son service Refdoc, respecte la volonté des auteurs en cessant d’exploitercommercialement leurs articles sans autorisation,
- que l’INIST, au travers de son service Refdoc, en respectant les points listés ci-dessus, s’accorde avec les pratiques et les efforts du CNRS pour promouvoir le libre accès aux résultats de la science, notamment au travers de services comme HAL.

Cette contestation des auteurs scientifiques ainsi que l'action de SavoirsCom1 est à relier à la rébellion initiée par le mathématicien américain Timothy Gowers appelant au boycott du géant de l'édition scientifique Elsevier, la pétition "The Cost of Knowledge" (le coût du savoir) en opposition au projet de loi sur les travaux de recherche présenté au Congrès américain en décembre 2011 et à l'appel de l'université d'Harvard encourageant le dépôt des articles des chercheurs dans des archives en accès libre.
A quand le début de la décortication des dysfonctionnements du marché de l'édition de la recherche scientifique publique ?

> Lire aussi le Dossier SLU [Sauvons L'Université] : l’INIST ou comment payer pour (re)lire ses propres articles, 19 octobre 2012

dimanche 30 septembre 2012

Assises "territoriales" Île-de-France, "Pourquoi nous n’irons pas"

Assises "territoriales" Île-de-France, "Pourquoi nous n’irons pas", communiqué commun SLR-SLU du 28 septembre 2012, Sauvons l'Université, 30 septembre 2012.

Après une série d’auditions « marathon » de 30 minutes par organisation (voir les comptes rendus de SLR et de SLU) un premier rapport de synthèse a été publié par le comité de pilotage des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ce rapport, qui dresse un canevas des assises territoriales qui débutent la semaine prochaine, nous inquiète. Derrière un discours pacifiant ayant pour but de montrer que le mécontentement d’une profession a été entendu sinon pris en compte (collégialité, financements pérennes, démocratisation, coopération, « bureaucratie » de l’AERES, essentialisation de l’« excellence », déséquilibres induits par les appels à projets et l’ANR, défense du CNRS, refonte de la FDE, etc.), le rapport pointe une série de positions qui ne semblent pas devoir être discutées et dont les effets seront pourtant délétères à court et moyen terme : l’acceptation d’un « bloc » d’enseignement bac-3 / bac + 3, l’éloge de l’enseignement en premier cycle par des enseignants non chercheurs (dissociation définitive de l’enseignement et de la recherche et extinction à terme du corps des MCF), la dissimulation des Idex sous la défense des « politiques de site » et le camouflage de la paupérisation par le développement des partenariats public-privé... Nous tenons à réaffirmer publiquement nos critiques sur la procédure choisie pour organiser ces Assises.

Nos critiques portent sur la forme - le climat de confidentialité qui a entouré les auditions nationales dont on aurait pu espérer qu’elles soient rendues publiques, et l’organisation des assises territoriales par des acteurs non représentatifs des métiers de l’ESR (résident de région, préfet de région et recteur), et sur la nécessité même d’assises territoriales quand la définition d’une politique de l’ESR devrait à nos yeux relever d’une logique nationale. 

Elles portent aussi sur l’articulation de ces assises avec la logique de la politique affirmée jusqu’à aujourd’hui : la volonté de rupture par rapport au gouvernement précédent aurait impliqué pour être crédible des mesures d’urgence comme un moratoire sur la mise en place des Idex, un rééquilibrage des crédits de l’ANR vers le soutien de base des laboratoires, un moratoire sur les activités de l’AERES remises en cause largement par l’ensemble de la communauté, sans compter évidemment la nécessité -enfin, et surtout– d’un plan massif de résorption de la précarité dans l’ESR. 

Enfin, pour ce qui est des assises territoriales, nous considérons qu’il est tout à fait aberrant de réunir 150 personnes triées sur le volet pendant une après-midi en appelant cela une consultation (chacune d’entre elles pouvant éventuellement intervenir une à deux minutes ?), et ce d’autant plus que l’organisation des débats et les thèmes abordés sont parfaitement corsetés.

Nous ne serons pas dans la salle, mais nous serons devant pour dire notre désaccord et notre refus de cette procédure et de cette politique !
Rendez-vous mardi 2 octobre à 14 h, 
devant l’Ecole Boulle (9-21 Rue Pierre Bourdan, 75012 Paris).

Sauvons la Recherche ! & Sauvons L’Université !

samedi 21 juillet 2012

Pétition contre la précarité dans la recherche publique

Dites NON au dégraissage massif des CDD


Post-doctorants, ingénieurs, techniciens et personnels administratifs travaillons sur des contrats à durée déterminée globalement financés au travers des EPST par l’ANR, l’ERC, par des contrats industriels que nos laboratoires ont obtenus ou par des bourses provenant de différentes associations que nous avons obtenues au mérite. Pour prendre un exemple chiffré, juste au CNRS dans la région Languedoc Roussillon, nous sommes aujourd’hui 800 contractuels et nous risquons de nous retrouver tous au chômage du jour au lendemain à cause des conséquences de la loi Sauvadet du 13 mars 2012.

En effet, cette loi, visant au départ à résorber la précarité, a été élaborée selon des critères si restrictifs, qu’elle n’a permis la « CDIsation » que de 12 personnes dans la région et d’une quarantaine au total à l’échelle nationale. Pour être « CDIsable », la loi Sauvadet exige que tous les contrats de l'individu proviennent d'un même EPST, que l'individu ait travaillé au même poste sans interruption supérieure à 4 mois pendant une durée minimale de 6 ans au cours des 8 années précédant la publication de cette loi.

Par crainte que d’autres puissent intégrer le processus de « CDIsation » ou concourir sur les concours réservés prévus l’an prochain, les EPST ont décidé de bloquer la signature de nouveaux contrats à partir de 3 ans de CDD déjà effectués, tout EPST confondus et ce malgré d’éventuelles interruptions entre les contrats (alors que c'est exactement pour ces mêmes raisons que les EPST refusent la CDIsation à nombre d'entre nous !). Nous nous retrouvons dans une situation absurde où nous ne sommes pas CDIsable et où nous ne pouvons pas non plus prolonger nos CDD. Le comble c'est qu'aujourd'hui nous ne nous battons non plus pour un CDI, mais seulement pour pouvoir continuer de faire notre travail que nous aimons, même dans la précarité.

A cause des extrapolations abusives de cette loi de la part de nos organismes de tutelle, nos laboratoires vont progressivement se vider de personnels qualifiés et expérimentés, nonobstant le fait que les directeurs de laboratoire aient l’envie et les moyens de prolonger leurs contrats. Il va de soi que les directeurs de laboratoires préfèreraient titulariser ces éléments, mais ils se heurtent au faible nombre de postes ouverts chaque année et à la vague de CDIsation qui a été minimisée au possible et qui a eu aussi pour conséquence de supprimer l’ouverture de dizaines de postes aux concours externes prévus cette année.

Il est très urgent d’agir, une cinquantaine de collègues qui travaillent en CDD depuis presque 6 ans ou plus se voient mis au chômage brutalement cet été même. Et plus de 700 autres suivront probablement sur l’année qui vient. Il est clair que l’opération de « résorption de la précarité » n’est pas un franc succès car ce sont des milliers de jeunes scientifiques chômeurs que le Languedoc Roussillon aura d’ici peu!

C’est la fin de la Recherche Publique en France : nos laboratoires ne pourront jamais supporter cette perte de compétences sur les années à venir, ils perdront toute compétitivité à l’échelle internationale. Ils devront en permanence recruter des gens inexpérimentés qui n’auront jamais eu de contrats et une fois formés et opérationnels, au bout de 3 ans, ils devront quitter l’établissement, faute de pouvoir signer un nouveau contrat. Et pensez à nous tous qui avons été formés au sein de vos universités, qui avons fourni un excellent travail au sein de vos EPST et qui allons nous retrouver du jour au lendemain mis dehors avec plus aucun espoir de réintégrer la Recherche Académique Française, pour une question de durée de contrat et non de compétences !

Nous appelons donc à votre soutien par la signature de cette pétition. Il faut agir très vite pour que toutes ces personnes et compétences ne se retrouvent pas dans la nature.

Dites NON au dégraissage massif des CDD !
Dites OUI à de vrais postes pour la Recherche Publique !


Le comité des précaires de Montpellier soutenu par le bureau du SNTRS-CGT Languedoc Roussillon

> pour signer la pétition, c'est ICI

- Lire aussi "Plus de 800 cerveaux à Montpellier pour le pôle emploi", Club Médiapart, 19 juillet 2012.

mercredi 2 mai 2012

Appel pour "ne pas trahir 2009, libérer l'université et reconstruire un service public universitaire pour tous"

7 étudiantes et étudiants de Toulouse Le Mirail étaient jugés en appel ce mercredi 2 mai pour des faits survenus pendant le mouvement universitaire de 2009 contre la loi LRU. Mediapart qualifie le procès de "contrecoup de ce mouvement universitaire". 3 ans après, les dérives annoncées et dénoncées par les protestataires contre la loi LRU sont devenues des constats. L'un des prévenus l'a dit à l'audience : "Nous avons été des Cassandre dans le désert". Et ce même jour, est diffusé un appel à "ne pas trahir 2009, libérer l'université et reconstruire un service public universitaire pour tous". Il s'agit d'un appel pour l'organisation d'une coordination nationale des établissements universitaires :

Appel aux organisations syndicales,

sociétés savantes, associations professionnelles, collectifs militants

de la communauté universitaire

pour l’organisation d’une

COORDINATION NATIONALE DES ÉTABLISSEMENTS UNIVERSITAIRES

19 ou 21 ou 22 mai 2012

Ne pas trahir 2009 : libérer l’université, reconstruire un service public universitaire pour tous !

Enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs, bibliothécaires, ingénieurs, administratifs, techniciens, personnels sociaux et de santé, étudiants, mobilisés en 2009 pour la défense des libertés universitaires et la qualité du service public universitaire gratuit et accessible à tous...

Nous constatons que l’autonomie pédagogique et scientifique des universités est bafouée depuis cinq ans par le désengagement financier de l’État rendant les établissements de plus en plus dépendants de fonds externes ou privés ainsi que par la surabondance des procédures opaques d’évaluation qui favorisent les manipulations clientélistes et idéologiques. Nous exigeons, dans l’intérêt de la culture démocratique et de la qualité du service public, que l’université soit libérée de ces assujettissements et que les libertés universitaires soient constitutionnalisées.

Nous constatons qu’en affranchissant l’État de l’obligation d’un financement récurrent et pérenne des universités, la loi LRU et l’accession aux RCE provoquent un effondrement féodal du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Bien loin d’améliorer sa qualité cela aboutit, sous couvert d’évaluation et d’excellence, à l’abandon d’établissements, à la suppression d’unités de formation, de diplômes, de services et de centres de recherches, et à l’étouffement de la liberté de recherche, essentielle à l’enseignement universitaire. Nous exigeons la fin des systèmes de financements sur projets et des systèmes d’évaluations qui concentrent les moyens financiers entre quelques établissements.

Ces politiques élitistes et discriminatoires vont considérablement réduire l’accessibilité des études universitaires pour beaucoup de familles et dans de très nombreuses localités, tout en augmentant les situations cruciales de pauvreté dans la population étudiante. Nous exigeons la reconstruction d’un service public d’enseignement supérieur et de recherche répondant à l’exigence sociale de culture et de science du pays, et en particulier de sa jeunesse.

Nous exigeons :

1) L’abrogation de la LRU et du Pacte pour la Recherche en relation avec l’élaboration d’une nouvelle loi rétablissant l’unité du service public d’enseignement supérieur et de recherche, instituant un véritable équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans le respect du Statut Général de la Fonction publique, et dans le cadre d’une gestion nationale des personnels.

2) La défense du cadre commun d’activité et des emplois statutaires en tous lieux du territoire. Cela implique la fin des financements sur appels d’offre, la fin de la politique de « l’excellence » comme système de sélection et d’exclusion (Idex, Equipex...), la fin de la mise en concurrence des établissements, des services et des personnels, la fin du processus de concentration des universités (fusions et rapprochements forcés) et de leur pilotage par des superstructures sur lesquelles ne peut s’exercer aucun contrôle démocratique (PRES, Projets IDEX, etc.).

3) L’abrogation du Décret n° 2009-460 du 23 avril 2009 réformant le statut des enseignants-chercheurs et l’abrogation du Décret n° 2002-682 du 29 avril 2002 relatif aux conditions générales d’évaluation, de notation et d’avancement des fonctionnaires de l’État, qui instituent une machinerie évaluative inutile, opaque, clientéliste dont les seules finalités sont de produire des justifications aux restrictions budgétaires et fermetures de services, dont sont victimes des parties croissantes du pays et de sa population.

4) La suppression des instruments de main mise politique et néo-managériale sur le système universitaire notamment l’ANR et l’AERES qui portent atteinte aux libertés universitaires et à la recherche, la CPU qui n’a pas à s’ériger en lobby patronal du monde universitaire et la CP-CNU qui doit être redéfinie dans une réforme globale du CNU.

Nous appelons les organisations syndicales des personnels, sociétés savantes, associations professionnelles, collectifs militants de la communauté universitaire et organisations étudiantes à soutenir cet appel et à organiser entre le 7 et le 20 mai, dans tous les établissements universitaires des réunions afin de rédiger des plateformes de revendications précises pour la reconstruction d’un Service public d’enseignement supérieur et de recherche d’une part et de désigner des délégués à une coordination nationale des établissements universitaires qui aura lieu le 19 ou le 21 ou le 22 mai 2012 d’autre part. Le texte du présent appel vise à impulser la démarche mais ne contraint pas les collectifs locaux ainsi réunis qui fixeront librement leurs choix de sujets et d’orientations.
Cette rencontre aura pour but de réunir ces plateformes revendicatives élaborées localement, d’en faire la synthèse sous forme de motions et ainsi de faire entendre, dans cette conjoncture cruciale, la voix des libertés universitaires, de l’indépendance des personnels de la Fonction publique et de l’égalité d’accès au Service public d’enseignement supérieur et de recherche pour tous les citoyens quelle que soit leur origine sociale et géographique.

Lire la liste des premiers signataires, signer l'appel : c'est ici.

samedi 14 avril 2012

INALCO : une motion contre l'IDEX

Motion votée par le C.A. de l’Inalco le 12 avril 2012. Sauvons L'Université, 12 avril 2012.

Le conseil d’administration de l’Inalco réuni ce jour pour débattre pour la première fois du projet Idex du PRES Sorbonne Paris Cité 
- A pris connaissance de la lettre d’engagement signée par le président de l’Inalco le 14 décembre 2011 sans qu’il en ait été en quoi que ce soit informé
- A pris connaissance du projet « Idex » du PRES Sorbonne Paris Cité dont la convention attributive d’aide (ci-après convention tripartite) qui sera signée entre l’Etat, l’ANR et le PRES précise qu’il en constituera l’annexe 1, « partie intégrante de la Convention » et qui aura donc valeur contractuelle
- A pris connaissance de l’objectif de création d’une « université unifiée » contenue dans ce projet, objectif sur lequel il n’a jamais été amené à débattre
- A pris connaissance des motions votées notamment par les départements Japon, Afrique, Europe, Chine ainsi que par le CREE et le CEJ, toutes deux équipes incluses dans le périmètre d’excellence du projet Idex ;

Affirme que
> La lettre d’engagement du 14 décembre 2011 signée du président Legrand contient des engagements qui, aux termes de la loi et des règlements, relèvent des compétences du CA, et que, associée au projet Idex, elle a des implications sur la politique pédagogique, scientifique, sur les carrières des personnels. Cette lettre ne peut engager l’Inalco sans approbation des conseils compétents ;
> La signature de la convention tripartite engagerait irrémédiablement l’Inalco dans un processus d’unification dont l’opportunité n’a été ni étudiée ni débattue par le CA qui n’en connaît donc aucune des conditions ;

Considère par conséquent
> D’une part, que l’ensemble du processus Idex Sorbonne Paris Cité a été conduit dans des conditions d’opacité inacceptables, sans aucune information des Conseils élus ni respect de leurs compétences ;
> D’autre part, que ce projet met gravement en péril, de manière immédiate, la pérennité et la cohérence des enseignements et des recherches menés dans le cadre de l’Inalco, et qu’il a par ailleurs pour objectif explicite d’aboutir à la disparition de notre établissement ;

Dès lors, seul à pouvoir en délibérer valablement, il refuse que l’Inalco ou une partie de ses personnels, de son budget de fonctionnement ou de ses équipements soient mis à la disposition de l’Idex Sorbonne Paris Cité du fait d’un engagement souscrit sans que les conseils compétents en aient été informés, aient été consultés et en aient délibéré ;
Il ne consent pas à ce que l’établissement soit engagé par la signature de la convention tripartite, étape juridiquement contraignante conduisant nécessairement à la création d’une université unifiée dont il ne connaît aucune des conditions d’organisation sans que les conseils compétents en aient été informés, aient été consultés et en aient délibéré ;
Il demande à ses représentants au sein du PRES ainsi qu’au CA du PRES de prendre toutes les mesures permettant de respecter cette position exprimée en vertu des compétences qu’il tient de la loi et des règlements.


Motion adoptée par 19 voix pour et 11 contre.

* INALCO : Institut NAtional des Langues et Civilisations Orientales

En savoir +
> le blog "Comité Idex Inalco" (qui, comme son nom ne le dit pas, s'oppose au projet IDEX Sorbonne Paris Cité. Sans toutefois être opposé au PRES...)
> Le dossier de l’Idex Sorbonne Paris Cité (en anglais, 145 p).
> Lire Idex: l'exemple de Paris 3 dans l'Idex "Université Sorbonne Paris Cité": une analyse de Michel Bernard, Fabula, 14 mars 2012.

> Ajout du 18 avril 2012 : lire aussi Langues’O dit non à son démantèlement, Les invités de Médiapart.

samedi 24 mars 2012

Enquête sur la précarisation dans l’Éducation nationale (APEN)

Le collectif Agir contre la Précarisation dans l’Éducation Nationale (APEN) lance une grande enquête sur l'École et invite le plus grand nombre -y compris les parents d'élèves- à y répondre.
Note Poolp : Poolp relaie cet appel, bien que réticent au vu de la liste des syndicats de l'EN associés à cette enquête, considérant que ceux-ci eussent pu donner de la voix avant les réformes et bien avant une période électorale envisagée, probablement, comme propice.


PARCE QUE PRÉCARISER L’ÉCOLE C’EST PRÉCARISER LA SOCIÉTÉ DE DEMAIN...

Au cours des dernières années, les réformes, dispositifs et expérimentations mis en place sans consultation du personnel, ont profondément modifié le paysage de l’Éducation Nationale.
Ces évolutions ont permis aux ministres successifs de s’assurer leur petite place dans l’histoire de l’Institution ainsi qu’une couverture médiatique importante, occasion de fustiger "l’immobilisme" du corps enseignant et de revendiquer la palme de l’innovation.
Il est cependant frappant de constater que les personnels, comme les parents, n’ont jamais été réellement consultés sur la mise en place, l’impact et les conséquences de ces décisions. Comment les acteurs de l’institution scolaire perçoivent-ils l’évolution de l’École et de leurs conditions de travail ? Quelles en sont les conséquences pour les élèves ?
C’est pour cette raison que le collectif APEN (Agir contre la Précarisation dans l’Éducation Nationale) lance une enquête auprès des acteurs de l’École afin de connaître leur vision de l’évolution de l’Éducation Nationale.
C’est le moment de vous exprimer sur la manière dont vous vivez ces changements !
L’enquête restera en ligne jusqu’au 20 avril. Vos réponses resteront anonymes. Les données recueillies seront analysées par l’APEN, avec l’aide de sociologues, afin de donner le reflet le plus précis de la situation dans l’EN. Les données brutes seront également transmises aux syndicats et collectifs qui soutiennent cette initiative afin que chacun puisse analyser ces données et faire entendre la voix des acteurs de l’EN (CGT Educ’action, FCPE, École Émancipée, Émancipation, SGEN-CFDT, SNES-FSU, SE-UNSA, SNUipp-FSU, SUD Éducation de l’académie de Rouen).
Nous vous invitons à diffuser cette enquête le plus largement possible.
NB : Un espace de libre expression vous sera proposé à la fin de l’enquête.

Collectif APEN

> Le website du collectif APEN
> Pour répondre à l'enquête : http://www.apen76.fr/spip/spip.php?article1428

dimanche 26 février 2012

« Appel de l'Enseignement supérieur et de la Recherche aux candidats à l'élection présidentielle et aux citoyens »

« Las ou irrités d'entendre répéter sur tous les tons et par tous les medias que "la réforme des universités est un succès", voire, pour certains opposants au président de la république actuel, le seul succès du quinquennat », des membres de la liste de débats prepa-coord ont lancé l'idée d'un appel qui serait rédigé par des acteurs de l'Enseignement supérieur, de la formation des enseignants et de la recherche, différents par leurs affiliations politiques, syndicales ou associatives, afin de remettre en question cet apparent lieu commun et de présenter une autre lecture des réformes gouvernementales, en posant une dizaine d'objectifs et quelques principes qui pourraient être ceux d'une politique véritablement différente de l'ESR. Le collectif de rédaction a rassemblé des membres de la Coordination nationale des universités issue du mouvement de 2009 et de la Coordination Nationale de la Formation Des Enseignants (CNFDE), un représentant de Sauvons la recherche et deux membres du CA de Sauvons L'Université. L'Appel du 23 février 2012 en est issu: il est adressé « aux candidats à l'élection présidentielle et à l'ensemble des citoyens ».

L'intégralité de l'appel est disponible sur http://appel-enseignement-sup-et-recherche.fr, où il peut aussi être signé (pétition). Il est également en ligne sur le site de SLU, ainsi que sur Mediapart (et l'image est sur Fabula, qui relaie aussi l'appel). Il est soutenu (au 26 février) par l'Association Française des Professeurs de Langues Vivantes (APLV) et le Collectif PAPERA (Pour l'Abrogation de la Précarité dans l'Enseignement supérieur, la Recherche et Ailleurs).
Outre des valeurs réaffirmées (droit à la connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale, droit de s'engager dans des études ou de mener des recherches qui ne sont pas immédiatement rentables), Poolp relaie ci-dessous les dix principes et objectifs d'une nouvelle politique pour l'Enseignement Supérieur et la Recherche, tels que promus par l'Appel :

  1. Remplacer la loi LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités), qui n’est pas amendable car inspirée par une politique contraire aux principes d’indépendance, de collégialité et de démocratie qui sont ceux des universitaires et des chercheurs. La Conférence des Présidents d’Universités (CPU) porte une responsabilité historique dans les désordres causés par cette fausse autonomie. Elle ne saurait parler au nom des universitaires et doit cesser d’être le principal interlocuteur du Ministère.
  2. Abroger le décret du 23 avril 2009 modifiant le statut des enseignants-chercheurs. Garantir aux enseignants-chercheurs qu’au moins 50% de leur temps de travail sera consacré à la recherche, proscrire toute modulation à la hausse de leurs services et supprimer la nouvelle évaluation individuelle quadriennale.
  3. Rouvrir en urgence le dossier de la formation des maîtres, assurée conjointement par les IUFM (dont c’est la mission) et les UFR, non pour en réduire le coût par tous les moyens mais en donnant une réelle priorité à l’amélioration de l’enseignement primaire et secondaire, dans un cadre national fondé sur le recrutement par concours de fonctionnaires d’État à la hauteur des besoins.
  4. Élaborer un plan pluriannuel de création de postes et un programme de résorption de la précarité pour les universités et les organismes de recherche (administration, services techniques, enseignement, laboratoires, équipes de recherche).
  5. Garantir à tous nos organismes de recherche les moyens humains et financiers nécessaires à leur indépendance, leur développement et leur rôle national de structuration sur tout le territoire de la recherche à court et à long terme.
  6. Revenir à un traitement équitable entre universités pour satisfaire à l’exigence d’un enseignement et d’une recherche de qualité sur tout le territoire, au service des étudiants.
  7. Doter tous les établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche de conseils décisionnaires où les élus des personnels et des étudiants soient largement majoritaires et limiter l’empilement des structures, afin de rester au plus près de ceux qui assurent effectivement la mission de service public qui leur est confiée.
  8. Redonner confiance à tous les personnels en mettant fin aux dispositifs qui créent des discriminations et un climat de concurrence permanente : agences de pilotage et d’évaluation, recours massif aux statuts précaires (y compris pour les doctorants et les jeunes docteurs), différenciation des carrières par le jeu de primes dont l’attribution relève le plus souvent du clientélisme.
  9. Améliorer les conditions de vie des étudiants par une politique ambitieuse et de long terme, impulsée par l’État et les Régions. Trop d’entre eux vivent et étudient aujourd’hui dans des conditions indignes d’un pays qui souhaite augmenter le nombre de ses diplômés de haut niveau.
  10. Abroger le décret Guéant du 31 mai 2011 et son récent complément. En finir avec la politique inique de sélection et de restriction de l’accueil des étudiants étrangers dans nos universités.

jeudi 23 février 2012

Sauvons le peuple grec de ses sauveurs !

Appel publié sur le site Editions lignes, le 23 février 2012, par un collectif d’intellectuels et d’artistes européens : Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue « Alètheia », Athènes, Michel Surya, directeur de la revue « Lignes », Paris, Dimitris Vergetis, directeur de la revue « Alètheia », Athènes. Et : Daniel Alvara, Alain Badiou, Jean-Christophe Bailly, Etienne Balibar, Fernanda Bernardo, Barbara Cassin, Bruno Clément, Danielle Cohen-Levinas, Yannick Courtel, Claire Denis, Georges Didi-Huberman, Roberto Esposito, Francesca Isidori, Pierre-Philippe Jandin, Jérôme Lèbre, Jean-Clet Martin, Jean-Luc Nancy, Jacques Rancière, Judith Revel, Elisabeth Rigal, Jacob Rogozinski, Hugo Santiago, Beppe Sebaste, Michèle Sinapi, Enzo Traverso, Gilberte Tsaï, Frieder Otto Wolf.  Si vous souhaitez associer votre nom à cet appel, écrivez-nous à l’adresse suivante : info@editions-lignes.com

Sauvons le peuple grec de ses sauveurs ! 
Au moment où un jeune Grec sur deux est au chômage, où 25 000 SDF errent dans les rues d’Athènes, où 30% de la population est tombée sous le seuil de pauvreté, où des milliers de familles sont obligées de placer leurs enfants pour qu’ils ne crèvent pas de faim et de froid, où nouveaux pauvres et réfugiés se disputent les poubelles dans les décharges publiques, les « sauveurs » de la Grèce, sous prétexte que les Grecs « ne font pas assez d’efforts », imposent un nouveau plan d’aide qui double la dose létale administrée. Un plan qui abolit le droit du travail, et qui réduit les pauvres à l’extrême misère, tout en faisant disparaître du tableau les classes moyennes. Le but ne saurait être le « sauvetage » de la Grèce : sur ce point, tous les économistes dignes de ce nom sont d’accord. Il s’agit de gagner du temps pour sauver les créanciers tout en menant le pays à une faillite différée. Il s’agit surtout de faire de la Grèce le laboratoire d’un changement social qui, dans un deuxième temps, se généralisera à toute l’Europe. Le modèle expérimenté sur les Grecs est celui d’une société sans services publics, où les écoles, les hôpitaux et les dispensaires tombent en ruine, où la santé devient le privilège des riches, où les populations vulnérables sont vouées à une élimination programmée, tandis que ceux qui travaillent encore sont condamnés aux formes extrêmes de la paupérisation et de la précarisation.

Mais pour que cette offensive du néolibéralisme puisse arriver à ses fins, il faut instaurer un régime qui fait l’économie de droits démocratiques les plus élémentaires. Sous l’injonction des sauveurs, on voit donc s’installer en Europe des gouvernements de technocrates qui font fi de la souveraineté populaire. Il s’agit d’un tournant dans les régimes parlementaires où l’on voit les « représentants du peuple » donner carte blanche aux experts et aux banquiers, abdiquant leur pouvoir décisionnel supposé. Un coup d’Etat parlementaire en quelque sorte, qui fait aussi appel à un arsenal répressif amplifié face aux protestations populaires. Ainsi, dès lors que les députés ont ratifié la convention dictée par la troïka (l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international), diamétralement opposée au mandat qu’ils avaient reçu, un pouvoir dépourvu de légitimité démocratique aura engagé l’avenir du pays pour trente ou quarante ans.

Parallèlement l’Union européenne s’apprête à constituer un compte bloqué où serait directement versée l’aide à la Grèce afin qu’elle soit employée uniquement au service de la dette. Les recettes du pays devraient être en « priorité absolue » consacrées au remboursement de créanciers, et, si besoin est, directement versées à ce compte géré par l’Union européenne. La convention stipule que toute nouvelle obligation émise dans son cadre sera régie par le droit anglais, qui engage des garanties matérielles, alors que les différends seront jugés par les tribunaux du Luxembourg, la Grèce ayant renoncé d’avance à tout droit de recours contre une saisie décidée par ses créanciers. Pour compléter le tableau, les privatisations sont confiées à une caisse gérée par la troïka, où seront déposés les titres de propriété de biens publics. Bref, c’est le pillage généralisé, trait propre du capitalisme financier qui s’offre ici une belle consécration institutionnelle. Dans la mesure où vendeurs et acheteurs siégeront du même côté de la table, on ne doute guère que cette entreprise de privatisation soit un vrai festin pour les repreneurs.

Or toutes les mesures prises jusqu’à maintenant n’ont fait que creuser la dette souveraine grecque et, avec le secours de sauveurs qui prêtent à des taux usuraires, celle-ci a carrément explosé en approchant des 170% d’un PIB en chute libre, alors qu’en 2009 elle n’en représentait encore que 120%. Il est à parier que cette cohorte de plans de sauvetage -à chaque fois présentés comme « ultimes »- n’a eu d’autre but que d’affaiblir toujours davantage la position de la Grèce de sorte que, privée de toute possibilité de proposer elle-même les termes d’une restructuration, elle soit réduite à tout céder à ses créanciers sous le chantage de « la catastrophe ou l’austérité ».

L’aggravation artificielle et coercitive du problème de la dette a été utilisée comme une arme pour prendre d’assaut une société entière. C’est à bon escient que nous employons ici des termes relevant du domaine militaire : il s’agit bel et bien d’une guerre conduite par les moyens de la finance, de la politique et du droit, une guerre de classe contre la société entière.

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