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mercredi 8 février 2012

Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants

Le Monde, 08.02.12 | 10h59   •  Mis à jour le 08.02.12 | 11h12

Le réquisitoire de la Cour des comptes contre la réforme de la formation des enseignants

Carton rouge
. De la réforme de la mastérisation, qui a fait passer le niveau de recrutement des enseignants de bac+3 à bac+5, la Cour des comptes propose de ne rien garder. Ni la date du concours, ni le mode d'affectation des enseignants, ni leur pseudo-formation. Pour les sages de la rue Cambon, cette réforme, adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles.

  • Les économies envisagées

La Cour a refait le calcul. La suppression de 9 567 équivalents temps plein aurait pu rapporter 707 millions d'euros en 2011. Mais, une fois enlevé le coût de mesures d'accompagnement, comme la revalorisation des débuts de carrière (38 millions d'euros), les bourses au mérite versées aux étudiants (25 millions) ou les indemnités de tutorat (27 millions), il ne reste plus que 370 millions d'économies. Les magistrats se sont arrêtés là dans leur calcul, suggérant qu'il faudrait aussi ôter le coût supplémentaire pour la nation des deux années d'études qui mènent de la licence au master – à 10 000 euros l'année par élève.
Un master d'enseignement souvent préparé pour… rien. "Le taux d'échec important aux concours de recrutement traduit du point de vue de la bonne gestion des finances publiques, une inefficience marquée, les étudiants recalés auront été coûteusement et spécifiquement formés à un métier qu'en définitive ils n'exerceront pas", note la Cour. La rue Cambon propose donc "d'organiser les concours avant ou au début des masters". Un peu comme avant la réforme…

  • L'amélioration du niveau des enseignants

"Plus de 70% des enseignants recrutés au mois de juin précédent n'avaient aucune expérience de l'enseignement. Or les conditions de leur prise de fonctions à plein-temps n'ont pas fait l'objet d'une attention suffisante", relève la Cour, qui estime que "ce nouveau dispositif a été engagé pour pouvoir tirer parti le plus rapidement possible des économies d'emplois qu'il permettait".
Ainsi les magistrats regrettent-ils que des enseignants stagiaires aient été affectés dans deux ou trois établissements différents : dans une académie du Sud-Est, cela a été le cas de tous les enseignants d'arts, mais aussi de 25% des professeurs de sciences physiques, 24% d'histoire-géographie, 22% d'anglais… Ce qui complique l'intégration dans une salle des professeurs.
Ce service à assurer dans des conditions difficiles a encore été alourdi par des heures supplémentaires puisque la Cour relève que, dans une académie de l'Est, "35% se sont retrouvés avec des heures supplémentaires". Plus globalement, "les enseignants stagiaires ont une charge horaire supérieure d'un tiers par rapport au temps de travail d'un professeur titulaire" puisqu'ils ont dû effectuer une formation express sur leur temps libre… Le tutorat promis "Sur le plan national, 23% des stagiaires n'étaient pas situés dans le même établissement que leur tuteur", relève la Cour. De plus, la mission du tuteur n'a pas été pensée: "Le ministère ne s'est pas doté d'instruments précis permettant de s'assurer de l'efficacité du tutorat." Et la Cour de regretter que, sur le sujet, le ministère "dispose de très peu d'éléments d'information, alors que son importance pour la formation des enseignants justifierait une capacité nettement accrue de suivi et d'évaluation de cette activité". Pourtant, 27 millions d'euros ont bien été versés aux tuteurs.

  • La réussite des élèves

Les magistrats de la rue Cambon soulignent que "les objectifs fixés par le code de l'éducation devraient normalement se traduire par une formation particulièrement renforcée en matière de gestion de l'hétérogénéité des niveaux des élèves au sein des classes. Or, selon les circulaires, cette formation ne représentait en 2010-2011 que neuf heures pour les enseignants du second degré et entre six et dix-huit heures pour les professeurs des écoles ". Les sages remarquent aussi qu'eu égard à l'objectif d'un socle commun de connaissances et de compétences, qui figure dans la loi, la mastérisation aurait dû permettre de rapprocher les concours de professeurs des écoles et de professeurs du secondaire, et peut-être aussi de l'introduction d'une bivalence dans les concours. Occasion ratée.

  • Le vivier de candidats réduit

La Cour pointe un problème plus grave à moyen terme. "Le vivier de candidats s'est réduit de plus de 50 000 inscrits, soit une baisse des inscriptions d'un tiers sur une seule année" entre 2010 et 2011. Le vivier des mastérisés compte 300 000 étudiants de moins que celui des licenciés. De plus, le pourcentage des inscrits qui se présentent réellement au concours a encore décru entre 2010 et 2011.

Maryline Baumard

Sur lemonde.fr, un graphique complémentaire pour mesurer l'impact négatif de la mastérisation sur la formation des enseignants.

lundi 6 février 2012

Le fichage de tous les Français a été voté par les députés ! (à quoi sert donc la CNIL ?)

Fichier des "gens honnêtes" : la loi qui passe inaperçue. Hélène Pagès. LePlusNouvelObs.com, 2 février 2012.

En juillet dernier, j'ai posté un texte sur ce site dont le titre était : Tous fichés à 15 ans : la loi votée dans l'indifférence générale. Or, même si la loi a été votée début juillet, par (je m'en étrangle encore) ONZE députés, le post a été lu par près 179014 personnes (au moment où j'écris). Il y a manifestement plus de lecteurs du Plus que de députés qui s'intéressent à cette loi. Depuis juillet, elle a poursuivi son chemin qui, comme il est normal pour une loi, l'a menée de l'Assemblée Nationale au Palais du Luxembourg (le Sénat).
Et les sénateurs se sont montrés nettement plus scrupuleux que les députés sur le sujet, force est de le reconnaître. Et force est de le reconnaître aussi : ils se sont montrés plus scrupuleux toutes tendances politiques confondues. Ils ont essayé de limiter les modalités d'accès à ce fichier, et de ne pas autoriser l’exploitation policière de ce fichier.
Le Sénat n'a pas réussi à faire modifier la loi. Or, en cas de désaccord entre les deux chambres, c’est l’Assemblée qui a le dernier mot.
Et le dernier mot, c'était hier.
En d'autres termes, la métempsycose perverse de la loi, c'est comme si on y était.

Un fichage exigeant et exhaustif
Rappelez-vous, il ne s'agit de rien moins que de ficher les gens honnêtes, vous savez, les gens comme vous et moi, qui n'ont rien fait, et ne feront jamais rien de répréhensible. Mais alors, s'ils sont honnêtes, pourquoi les ficher ? Mais, pardi ! Pour les protéger des gens malhonnêtes qui usurpent leur identité. Claude Guéant évoque les gens malhonnêtes qui se glissent dans ce fichier, tels de viles limaces, alors qu'à moins de ne pas être français (mmmmmmmmm, mais je ne dirais rien), ils ont autant de raison d'y être que les autres, vu qu'il s'agit de ficher TOUS les français, honnêtes ou pas. 
Le fichage prévu consiste en une puce qui contiendra les informations suivantes : nom de famille et d'usage, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, domicile, taille et couleur des yeux, empreintes digitales (huit doigts) et photographie d'identité.

(...) Lire la suite de l'article sur Leplusnouvelobs.com et lire un article précédent d'Hélène Pagès sur le même  site : Tous fichés à 15 ans, 9 juillet 2011.

Pour en savoir + :
- consulter le texte de loi n°838 (et le dossier législatif).
-  lire un précédent billet Poolp à ce sujet.
- lire encore Fichage : « On est dans une course folle, on ne reviendra pas sur tout », un entretien de Rue89 avec Jean-Claude Vitran (Ligue des droits de l'Homme), 21 janvier 2012.

dimanche 5 février 2012

A Toulouse, là où IDEX2 passe, les Sciences humaines et sociales trépassent

Vu dans : Universités "Initiatives d'excellence", Strasbourg dans les huit campus de rang mondial, Dernières Nouvelles d'Alsace, 4 février 2012.


Carte des campus d'excellence (source AFP février 2012)Pour ce qui est de "la manne" des 7,7 milliards d'euros", voici, en rappel, les modalités de financement de cette opération (cf. site du Ministère) : "Un fonds de 7,7 milliards d’euros sera créé. Lors de la phase probatoire de quatre ans, une part des revenus de ce capital [note de Poolp : placement à 4%] pourra être versée à chaque campus sélectionné pour financer les premières dépenses de mise en œuvre de son projet. Après la période probatoire, et en fonction des objectifs atteints, chaque campus labellisé recevra une dotation en capital dont les revenus assureront leur financement dans la durée. Cette dotation, qui pourra aller jusqu’à 1 milliard d’euros, viendra compléter les fonds privés levés". Faites le calcul !


> Lire un article (très complet) de Sylvestre Huet, François Fillon annonce les lauréats des IDEX, sur le blog {Sciences 2}, 3 février 2012.

jeudi 2 février 2012

L'Université de Pau toujours dans le rouge

L'Université de Pau et des Pays de l'adour se tourne vers le ministre qu'interroge Martine Lignières-Cassou. Olivier Darrioumerle, publié sur Aqui.fr, 1er février 2012.

Deux millions d'euros manquent à Jean-Louis Gout, le président de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour (UPPA) pour boucler le budget 2011. Une somme réclamée à l'État pour le fonctionnement de l'établissement. L'UPPA n'est pas seule dans ce cas; plusieurs universités françaises ont elles aussi des difficultés pour boucler leur budget. Mardi 31 janvier, Martine Lignières-Cassou, député-maire de Pau, a interrogé Laurent Wauquiez sur les difficultés financières rencontrées par les universités, et notamment l'UPPA. Le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, a annoncé une augmentation de 2,5% du concours de l'Etat pour le fonctionnement de l'UPPA mais ce rattrapage est loin de combler le déficit de l'exercice antérieur.
Le 12 janvier dernier, le Conseil d'Administration de l'UPPA a voté le budget pour 2012, qui s'établit à 110 millions d'euros. Jean-Louis Gout, le président de l'UPPA, a décidé de présenter un budget à l'équilibre, comme si l'État allait lui allouer les 2 millions qui manquent à son budget pour le contraindre à faire la rallonge nécessaire.
Dans l'hémicycle de l'assemblée nationale, Martine Lignières-Cassou a rappelé Laurent Wauquiez à ses obligations. Selon Jean-Louis Gout, il manque 1 milliard d'euros pour les budgets de fonctionnement au plan national. « Ce milliard d'euros a été distribué aux universités en 2008, 2009, 2010. Mais il ne le sera pas en 2011 ni en 2012. Pour l'instant notre budget 2012 est toujours en déficit », a-t-il déclaré.

Un déficit depuis deux ans qui aurait pu placer l'UPPA dans une situation délicate. L'université aurait pu être mise sous tutelle du rectorat comme les 7 universités placées sous surveillance (Pierre et Marie Curie-Paris VI, Bordeaux III, Limoges, Savoie, Paris XIII, Insa Rouen, ENS Cachan ). Pour l'instant elle est dans un groupe d'une douzaine d'autres universités en difficultés comme celles de Bretagne sud ou de Nantes.

mardi 31 janvier 2012

Le rapport de la Cour des comptes sur les coûts du nucléaire. De la dynamite !

Lu sur Localtis.info le 31 janvier 2012 : La Cour des comptes décortique les coûts du nucléaire.
La Cour des comptes a publié ce 31 janvier un rapport sans précédent sur l'ensemble des coûts liés à la production d'électricité nucléaire en France. Ce document de près de 400 pages, commandé l'an dernier par le gouvernement après la catastrophe de Fukushima, "rassemble toutes les données factuelles disponibles actuellement sur les éléments qui constituent les coûts, passés, présents et futurs, de la production d’électricité nucléaire en France, sans prise de position ni sur le niveau souhaitable de cette production, ni sur les modalités de son financement", a-t-elle prévenu.
(...)
[conclusion de l'article]
Un coût de production appelé à s'accroître
Pour la Cour des comptes, davantage que les paramètres de démantèlement ou de stockage ultime, la durée de fonctionnement des centrales du parc actuel constitue donc "une donnée majeure de la politique énergétique". "Elle a un impact significatif sur le coût de la filière en permettant d’amortir les investissements sur un plus grand nombre d’années. D’autre part, elle repousse dans le temps les dépenses de démantèlement et le besoin d’investissement dans de nouvelles installations de production." Or, souligne le rapport, d’ici la fin 2022, 22 réacteurs sur 58 atteindront leur quarantième année de fonctionnement. "Dans l’hypothèse d’une durée de vie de 40 ans et d’un maintien de la production électronucléaire à son niveau actuel, il faudrait un effort très considérable d’investissement équivalent à la construction de 11 EPR d’ici la fin de 2022. La mise en oeuvre d’un tel programme d’investissement à court terme paraît très peu probable, voire impossible, y compris pour des considérations industrielles."
Pour la cour, cela signifie qu’à travers l’absence de décision d’investissement, "une décision implicite a été prise qui engage déjà la France : soit à faire durer ses centrales au-delà de 40 ans, soit à faire évoluer significativement et rapidement le mix énergétique vers d’autres sources d’énergie, ce qui suppose des investissements complémentaires". "Quels que soient les choix retenus, afin de maintenir la production actuelle, des investissements importants sont à prévoir à court et moyen termes, représentant a minima un doublement du rythme actuel d’investissement de maintenance. Ce doublement fera augmenter le coût moyen de production de l’ordre de 10%", pronostique-t-elle.
La cour juge souhaitable que les choix d’investissements futurs ne soient pas effectués de façon implicite mais qu’une stratégie énergétique soit formulée. "Ne pas décider revient à prendre une décision qui engage l'avenir, et il est souhaitable qu'une décision explicite soit prise", a plaidé Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, en présentant le rapport.
Le Premier ministre François Fillon a réagi à cet avertissement en indiquant que le gouvernement préciserait ses choix "sur la durée de fonctionnement des centrales nucléaires ou la construction de nouveaux réacteurs", mais dans le cadre d'un programme d'investissements qui sera élaboré "à partir de l'été 2012", c'est-à-dire après les échéances électorales du printemps.

- Lire l'intégralité de l'article sur Localtis.info.
- Lire le rapport intégral Les coûts de la filière électronucléaire (430 p.) de la Cour des Comptes, le communiqué de presse (2 p.), la synthèse du rapport (24 p.), le powerpoint des coûts de la filière nucléaire (11 p.)

lundi 30 janvier 2012

Le rapport 2011 du comité de suivi de la loi LRU a été publié

Le rapport 2011 du comité de suivi de la loi LRU (51 p.) a été publié ce lundi 30 janvier 2012, sur le site du Ministère de l'Enseignement supérieur.
Bien que Poolp ait simplement survolé le rapport, quelques passages ont toutefois immédiatement attiré son attention, compte tenu du projet de (très) grand établissement mené par le PRES Université de Toulouse avec empressement et peu démocratiquement :
- p. 7  : "Les politiques de rapprochement entre établissements et la conduite de projets partagés sont facteurs de qualité pour la formation et la recherche. Elles ont favorisé l’émergence de grandes universités omnidisciplinaires. Néanmoins, les effets de taille ne sont pas aussi déterminants qu’ils ont pu apparaître dans le passé, comme l’indiquent les classements internationaux les plus récents, et les nombreuses structures apparues ces dernières années (PRES, RTRA, RTRS, IHU, IRT, FCS…) rendent le système universitaire français encore plus difficilement lisible à l’étranger, voire en France. En revanche, le comité estime que le développement de coopérations entre établissements conduisant, par exemple, à des filières d’enseignement partagées ou à des réseaux de recherche est à encourager de même que les démarches de mutualisation". 
- p.14, "A l’heure actuelle, on observe une diversité de situations : PRES, fusion d'établissements, évolution vers le concept d’université fédérale voire confédérale (concept sans réalité réglementaire). Le comité s’interroge sur le choix qui est fait de privilégier, selon les sites, soit le statut d’université (LRU) soit celui de grand établissement appelé «université» : la souplesse permise par la loi est-elle illusoire ou bien réelle mais non exploitée ? Le bilan des PRES est très variable, certains ne dépassant pas quelques pratiques de partages interuniversitaires restant en deçà des indispensables mutualisations. Certaines pratiques peuvent même entraîner la confusion entre structures de coopérations et établissements. Tous les PRES n'ont pas vocation à préfigurer une fusion mais tous devraient conduire un effort efficace de mutualisation à différents niveaux, incluant la formation et la recherche, en conservant une cohérence et un souci d’aménagement du territoire. Il convient à cet égard d’évoquer une limite législative dans la mesure où les EPCS, nécessairement des PRES, ne peuvent bénéficier de supports en termes de postes, les personnels étant seulement mis à disposition par les membres fondateurs".
- p.13 : "Le comité observe le développement de structures nouvelles comme les « Conseils d'Orientation Stratégique ». Ces structures peuvent être utiles mais il faut cependant veiller à ce qu'elles ne préemptent pas, en amont, le rôle stratégique du CA. Quelles que soient les solutions retenues, la priorité est de fédérer la communauté universitaire autour du projet politique porté par l’établissement dans sa globalité".

dimanche 29 janvier 2012

Universités et PPP : mais que diable vont-elles faire dans cette galère ?

On se souvient que le Plan Campus, lancé en 2008 sur la vente d'une partie du capital d'EDF et dans le cadre d'un "Grand emprunt" par Valérie Pécresse alors Ministre de l'enseignement supérieur, avait conditionné le financement des travaux immobiliers des universités à la conclusion de contrats de partenariat public-privé. Parmi la dizaine de dossiers retenus par le ministère, recoupant peu ou prou les plus importants pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES), le projet de Toulouse avait été sélectionné dans la seconde vague de l'appel d'offres.
Au lendemain de la visite de Laurent Wauquiez à Toulouse, un communiqué du ministère de l'enseignement supérieur du 19 janvier 2012, confirme que "l'Opération Campus va permettre de réinventer l'ensemble des campus toulousains (...) avec la signature des Partenariat [sic] Public-Privé du Mirail dans les prochaines semaines et l'envoi de l'appel d'offre du Partenariat Public-Privé du Campus Grand Sud-Est".
Mais voilà que l'actualité rappelle qu'un partenariat public-privé (PPP) n'est pas sans risque... ainsi du chantier de l'Université Paris 7-Diderot (chantier qui ne fait pas partie du plan Campus) dont la presse française évoque régulièrement le déroulement rebondissant. Pour mémoire, l'installation de l'université Paris 7 sur la ZAC Paris Rive Gauche, devait se dérouler en deux phases, dont la seconde tranche sous la forme d'un partenariat public-privé pour lequel un avis d'appel public à concurrence avait été lancé en février 2008 [voir le Projet de développement 2009-2012 et au-delà de Paris-Diderot, p.149]. C'est l'entreprise Vinci qui sera retenue et le partenariat signé le 24 juillet 2009 pour la construction de "quatre nouveaux bâtiments pour une surface totale de 45 000 m2 pour un montant de 165 M €". La suite du scénario s'égrène sur plusieurs centaines d'articles de presse, dont Poolp vous propose un florilège [à lire dans l'ordre chronologique] :
- PPP de Paris-Diderot : la justice annule une saisie de pièces, Mediapart, 16 janvier 2012 (pour les abonnés).
- Le PPP Vinci-Paris VII contesté par un cabinet d'architectes, France BTP.com, 12 décembre 2011. et Université Denis Diderot : un cabinet d’architectes met en cause le PPP Vinci-Paris VII. Le Moniteur, 9 décembre 2011.
- PPP : Université Paris VII : dépôt d’une plainte contre X par l’architecte Philippe Blandin. Archicool, 9 décembre 2011. [Voir d'autres articles sur ce site concernant le PPP de Paris-Diderot].
Le chantier de Vinci à Paris-7 : c’est l’université qui garantit les risques ! Jade Lindgaard, Médiapart, 6 décembre 2011 (en ligne sur le site de Sauvons l'Université).
- La saga du PPP Diderot-Vinci, sur le site du Comité Anti-Amiante Jussieu.
La dernière trouvaille du PPP de VINCI : Après les planchers branlants, une bibliothèque universitaire interdite aux étudiants ! Le Post, 6 juillet 2010.
- Vinci veut construire une fac aux planchers branlants, Le Canard enchaîné, 14 avril 2010 (en ligne sur le site ppp-dérives.blogspot.com).
- Où situer l’intérêt public ? Ou commence la mise en danger d’autrui ? L’exemple de l’université Paris Diderot. Archicool.com, 14 avril 2010.
- Courrier de Michel Parigot à Vincent Berger, Pdt de Paris 7. Forum de Coordination nationale étudiante, discussion "PPP Universitaires", avril 2010.

- En consultant sur le site du Ministère de l'économie, Mission d'appui aux PPP, la liste des PPP publiés au BOAMP en projet ou déjà signés [Au passage, aller voir dans les liens, les organisations multilatérales citées et cliquer...], on remarquera la présence de plusieurs établissements d'enseignement du supérieur dans le cadre du plan Campus, condition sine qua non... On notera aussi que les attributaires ne sont pas mentionnés dans les marchés attribués, ce qui n'empêchera pas de s'apercevoir au travers de la presse, que, globalement, trois entreprises se partagent les marchés.
Pour effrayer davantage, si l'on en croit la Dépêche du Midi du 29 janvier 2012, il n'est d'ailleurs pas certain qu'un président d'université sache bien ce qu'est un partenariat public-privé.

> A Lire aussi :
- Partenariats Public-Privé : l'Ordre des Architectes lance l'alerte, un précédent billet Poolp du 24 juillet 2010.
Soupçons de corruption sur le « Pentagone » de S......, Rue 89, 6 décembre 2011. [ainsi que de nombreux autres articles en cherchant à "PPP"].
Les collectivités ne peuvent plus se passer des PPP (sur le futur hôpital sud-francilien) et Partenariats publics privés : les hôpitaux britanniques n'arrivent pas à payer la facture, Le Monde, 23 janvier 2011.

Université de Caen : le salaire des moniteurs est différé

Université sous perspectives négatives : pas de salaireLe Mamouth déchaîné / rubrique Blog à part, 27 janvier 2012.
Quand la fac de Caen refuse de payer les moniteurs étudiants au mois de février : Les personnels ont appris jeudi dernier que les contractuels étudiants travaillant à la BU de l'Université de Caen ne seraient pas payés au mois de Février et qu’à partir de ce mois tout serait décalé : Février en Mars, Mars en Avril. Cela fait suite à un audit financier au mois de Novembre et une menace de mise sous tutelle que le CA a réussi à éviter. Les contractuels étudiants sont ainsi les variables d'ajustement ... Sur cette situation, aucun mot de la direction, que ce soit de la direction de la BU comme de la direction générale de l'Université et ce sont les personnels de la BU qui ont dû apprendre cela aux moniteurs. Dans un mail le directeur de la BU s'inquiète de cette situation et demande à ce que la situation soit réglée au plus vite, pour, explique-t-il "éviter tous mouvements sociaux, dont tout le monde se passerait bien".

Note Poolp : en plus d'apprendre les déboires des moniteurs de bibliothèque, on apprend les difficultés de l'université de Caen et ses choix de gestion, pour le moins... contestables.

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Actualités

▪ La phrase du moment ▪

« Pourquoi est-ce que l'on serait obligé d'avoir des revendications ? Avoir des revendications, ça veut dire, nous, nous exigeons ceci ou cela du pouvoir en place, ça veut dire que nous reconnaissons le pouvoir en place comme étant le pouvoir. Nous, nous ne reconnaissons pas le pouvoir, les pouvoirs, en place. Ni les banquiers, ni les financiers, ni les politiciens quelle que soit leur couleur politique. Ils ne nous représentent pas. ¡Que se vayan todos! Voilà, c'est ça l'idée ».

Benjamin Ball, Les Indignés sont-ils altermondialistes ? France-Culture, Du grain à moudre, 26 octobre 2011.

Le Haka des RASED

Les personnels des RASED (Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) feront un haka vendredi 10 février 2012 dès 12h, devant la préfecture de Haute-Garonne, place St Etienne, à Toulouse.

● Quelques Pétitions ●

Soutien à Aaron Schwartz
Soutien aux élèves de l'ENS
▪ Solidarité avec les universitaires et chercheurs de la Manouba
▪ Manifeste Contre le dépouillement de l'école
Réforme de la psychiatrie:  Une déraison d’Etat (Contre la nuit sécuritaire)
▪ Soutien à l'action du GPS
▪ Soutien aux 7 inculpé-e-s du Mirail
▪ Appel et pétition pour la libération de G. Cipriani et J.-M. Rouillan
Soutien aux matermittentes
▪ Contre l'épreuve des concours de l'Education nationale "Agir de manière éthique et responsable"
▪ Appel pour l'Ecole Publique

Procès des 7 étudiant(e)s inculpé(e)s du Mirail : le jugement

Le jugement du procès des 7 inculpé(e)s du Mirail a été rendu le jeudi 31 mars 2011. Lire ici
Les étudiants comptent faire appel... à suivre, donc.

LRU : "Tout savoir en une heure" (conférence filmée)

Du processus de Bologne à la L.R.U., une catastrophe annoncée Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la marchandisation de la connaissance à l'échelle européenne et mondiale...  Conférence de Geneviève Azam, enseignante-chercheure (en économie à l'université Toulouse 2 Le Mirail), membre du conseil scientifique d’Attac, le 23 mars 2009 à l'UTM (initiée par l'AG des personnels de Toulouse 2, ouverte à toutes et tous).
Texte de la conférence disponible ici.