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dimanche 31 janvier 2010

Le CA de Lille 3 se prononce POUR la “mastérisation"!

Poolp a lu ce qui suit sur le site du collectif d'UNIvers.cité, et remarque qu'il existe des similitudes entre la situation de Lille 3 et celle de l'UTM. Il y a toutefois un point sur lequel les membres d'UNIvers.cité sont dans l'erreur: c'est lorsqu'ils écrivent que "partout en France, on a le courage d’affirmer son opposition à cette réforme délétère, sauf ici à Lille 3." Car à Toulouse 2 aussi on prépare des maquettes...

Lors du Conseil d’Administration plénier du vendredi 29 janvier, le texte suivant a été soumis par le Collectif Univers.Cité à la discussion et à l’approbation des administrateurs :

Proposition de motion au Conseil d’Administration de l’Université de Lille 3 du 29 janvier 2010.

Réuni en séance plénière le 29 janvier 2010, le Conseil d’Administration de l’Université de Lille 3,
ayant pris connaissance du projet de « Circulaire pour la mise en place des diplômes nationaux de master ouverts aux étudiants se destinant aux métiers de l'enseignement, rentrée universitaire 2010 »,
juge totalement inapplicable sous sa forme actuelle la réforme de la formation des enseignants imposée sans concertation par le Ministère de l’Education Nationale et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, au mépris total des propositions d’amendement exprimées depuis plus d’un an par toutes les instances représentatives du monde éducatif et de la recherche.
En accord avec sa précédente motion du 21 novembre 2008 relative à la « mastérisation » de la formation des maîtres, il ne présentera donc aucune offre de formation de master conforme au cadrage actuel.

Résultats du vote :
16 contre, 3 abstentions, 6 pour.
La présidence de l’Université a expliqué que l’offre de formation en master fait actuellement l’objet de négociations serrées avec les établissements de la région, dans un contexte difficile et concurrentiel. Voter une motion de non-application mettrait, selon elle, en danger les négociations en cours, et placerait Lille 3 hors-jeu.

Les arguments avancés par la liste Univers.Cité : le caractère antisocial de la réforme de la mastérisation, contraignant les étudiants à financer une année supplémentaire d’études ; une formation disciplinaire au rabais, une formation pédagogique dégradée ; une année de Master 2 ingérable en raison des multiples obligations imposées à l’étudiant de concours ; un concours dont les épreuves scientifiques viennent d’être réduites dans de nombreuses spécialités au profit d’une épreuve idéologique destinée à mesurer la qualité « éthique » des futurs fonctionnaires ; la réduction considérable du nombre de postes mis au concours de l’enseignement public, tandis qu’augmentent fortement les postes destinés à l’enseignement privé ; l’obligation, dans plusieurs académies dont la nôtre, faite aux futurs stagiaires d’assurer dès 2010 un service plein en responsabilité sans aucune formation pédagogique préalable ; le recours massif aux étudiants contractuels comme bouche-trous de l’enseignement secondaire (voyez la propagande récente du Rectorat de Lille à l’adresse de nos étudiants, sur le vieil air d’Engagez-vous, vous verrez du pays)…
Aucun de ces faits, signes pourtant indubitables d’une politique délibérée de destruction du service public d’enseignement, n’a donc convaincu les administrateurs, pas plus d’ailleurs que le fait que plus de vingt conseils centraux d’autres universités françaises exigent le retrait de la réforme, que le CNESER ait émis sur elle un négatif, que la CPU elle-même vienne de prendre contre elle une position de condamnation totale.
Qu’on se le dise donc : partout en France, on a le courage d’affirmer son opposition à cette réforme délétère, sauf ici à Lille 3. On préfère cuisiner localement, en collaboration avec les universités de la région, une formation dans le cadre proposé, plutôt que d’avoir le courage de reconnaître que ce cadre est inacceptable, qu’il condamne les futurs enseignants à un exercice douloureux de notre métier, une masse d’étudiants à la précarité de contrats éphémères, et les élèves de notre pays à recevoir un enseignement médiocre.
Il n’est pas inutile de souligner enfin, hors de toute polémique, qu’hormis trois abstentions qui ont surtout valeur individuelle, les listes syndicales enseignantes associées à EPL3, parmi lesquelles le Snesup, syndicat majoritaire du supérieur, soutiennent la stratégie locale de négociation, au mépris de leurs propres convictions et au mépris des mots d’ordre de leurs instances nationales (cf Lettre Flash n°38 du Snesup).
Ce réalisme collaborationniste donne raison au gouvernement : les universitaires sont des veaux, des moutons dociles qui vont le cœur léger à l’abattoir, capables de sacrifier les valeurs qu’ils affichent à leur intérêt matériel du moment.
Nous aurons donc sans doute dans le Nord-Pas-de-Calais des maquettes de master (nécessairement conformes au cadrage national, sans quoi elles ne seraient pas validées par la tutelle), des maquettes inacceptables au plan du contenu, et mises au service d’une politique de destruction de la transmission des savoirs et des pratiques pédagogiques.
Sauf si d’ici à quelque temps le vent tournait, et faisait prendre conscience à tous ceux qui s’impliquent activement dans la mise en place de cette ignominie de la lourde responsabilité historique de leur choix. Il faudrait alors en tirer les leçons politiques et syndicales.

Au Collège de France : on a du pétrole et des idées

On a du pétrole et des idées. Télérama n°3133, 27 janvier 2010. [les notes et liens ont été ajoutés par Poolp]
Le Collège de France, sir Nicholas Stern et Total... cherchez l'erreur !
Pour sa chaire Développement durable, environnement, énergie et société, l'institut français s'est offert l'économiste british, star écolo depuis son fameux rapport, en 2006, sur le coût du changement climatique [1]. Et c'est Total qui paye. Inaugurée en 2009 par le démographe Henri Léridon, la chaire écolo doit en partie son existence au mastodonte du pétrole, qui la finance à hauteur de 242 000 euros par an. De quoi verdir le plastron du troisième émetteur de CO2 français (+26% d'émissions de 2005 à 2008), dont la politique de "développement durable" consiste à investir massivement dans de nouvelles sources pétrolières et gazières...
Pour le Colège de France, ce n'est pas une première. Depuis 2004, il a pour partenaires la Fondation Bettencourt-Schueller [2] ou Michel David-Weill [3], qui financent entre autres la traduction des cours en anglais ou leur captation audio-vidéo. "L'Etat et sa politique de financement ne nous laissent pas le choix, explique Marie Chéron, directrice de la toute nouvelle Fondation du Collège de France, en charge du mécénat. Comment inviter des figures internationales quand on dispose de 60 euros pour une nuit d'hôtel ? Pour l'instant, personne n'y a trouvé à redire : nos professeurs sont nos meilleurs garde-fous, et les mécènes n'ont aucun droit de regard sur les cours". Tant que ça dure...

[1]  économiste britannique. Ancien vice-président senior de la Banque mondiale de 2000 à 2003, auteur d'un rapport (dit "Rapport Stern", 576 p. en anglais) sur l'économie du changement climatique.
[2] Chaire annuelle d'Innovation technologique-Liliane Bettencourt, consacrée  aux secteurs hautement innovants tels que : les nanotechnologies, l'informatique, les réseaux de communication, le transfert et le cryptage de données.
[3] banquier français, dirigeant de la banque d'affaires franco-américaine Lazard de 1977 à 2001 et qui vient de faire paraître un ouvrage intitulé "L'esprit en fête" préfacé par Marc Fumaroli, professeur honoraire au Collège de France.
- Lire aussi, à propos de la nomination de Nicholas Stern, dans les Actualités du site de Total : « Le soutien de Total, partenaire de la chaire, permet au Collège de France de développer une politique scientifique ambitieuse, d’explorer des voies nouvelles et d’élargir la diffusion des savoirs à de nouvelles communautés. Le fonds permettra l’organisation de manifestations scientifiques de haut niveau, de faire appel aux plus grands experts nationaux et internationaux et contribuera à la formation de post-doctorants.», souligne Pierre Corvol, Administrateur du Collège de France.

samedi 30 janvier 2010

Au Québec, réduction du nombre de fonctionnaires et privatisation de la correction des copies

Les examens de français corrigés au privé. Daphnée DION-VIENS, Le Soleil, Cyberpresse, 30 janvier 2010.

(Québec) La privatisation fait son chemin jusque dans les copies d'examen des élèves du secondaire. Le Soleil a appris que le ministère de l'Éducation se débarrasse de ses correcteurs pour confier la révision de l'épreuve uniforme de français de cinquième secondaire à une firme privée.

Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) aura recours aux services d'une firme privée dès juin 2010, a indiqué hier son porte-parole, Pierre Noël. Un appel d'offres a été lancé le 21 janvier, chiffrant à 5 millions $ le montant maximum pouvant être alloué à la réalisation de ce mandat.
Le MELS demeurera responsable de la conception des examens, de leurs grilles de correction et de l'embauche des superviseurs, qui chapeauteront les correcteurs embauchés par la firme privée. Les correcteurs qui révisent l'épreuve uniforme de français au collégial ne sont pas touchés «pour l'instant».
« Il devenait de plus en plus difficile de maintenir l'efficacité du processus de correction dans un contexte où il fallait embaucher annuellement 150 personnes dans un court laps de temps », a expliqué hier M. Noël. Le porte-parole souligne par ailleurs que l'orientation du gouvernement Charest visant à réduire la taille de la fonction publique incite tous les secteurs à revoir leurs pratiques.

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vendredi 29 janvier 2010

L'esprit de la loi LRU : démonstration

Le conseil général du 92 supprime sa subvention à l'université de Nanterre. Article publié sur VousNousIls, 28 janvier 2010, rubrique "Dépêches de l'Education".

Le conseil général des Hauts-de-Seine (CG92), présidé par Patrick Devedjian (UMP) a décidé de supprimer la subvention annuelle de 900.000 euros qu'il versait depuis quatre ans à l'université de Nanterre, un choix dénoncé par le PS qui y voit une "priorité donnée au privé".
L'aide départementale entrait dans le cadre d'un "contrat d'objectifs pluri-annuel" qui s'est achevé fin 2008 entre le département et l'université, qui compte 32.000 étudiants.
"J'ai dit que j'étais ouvert" à une reconduite de la subvention, "à la condition que cela corresponde à un projet en relation avec la politique départementale, c'est-à-dire le développement de métiers qui sont exercés à La Défense ou dans le département", a expliqué à l'AFP M. Devedjian, qui ajoute: "J'attends toujours un projet" de l'université.
Une source à l'université de Nanterre a évoqué "une négociation lente et difficile", se disant "très pessimiste" sur son issue.
Dans un communiqué, les élus socialistes du CG92 "s'insurgent contre ce nouveau désengagement", alors que le "département continue de financer à hauteur de 10 millions d'euros de subvention annuelle le pôle Léonard de Vinci", autrement appelé "fac Pasqua".
Situé dans le quartier d'affaires de La Défense, ce pôle privé avait été créé en 1985 par Charles Pasqua, qui en est toujours président. Ses trois écoles (management, ingénieurs, multimédia) et ses partenaires, dont l'université Paris-Dauphine, y accueillent environ 6.000 étudiants. M. Devedjian a d'ailleurs confirmé à l'AFP que le CG92 avait accordé "une petite subvention à Dauphine, 400.000 euros annuels, pour les aider à payer le loyer" au pôle Léonard de Vinci.
Concernant le pôle Léonard de Vinci, il a souligné que la subvention avait "diminué de moitié" depuis son arrivée au CG92, en 2007. Le budget annuel de l'université de Nanterre s'élève, hors salaires, à quelque 60 millions d'euros.

Note Poolp : cet "événement", tel que rapporté, est l'exemple même des risques de la loi LRU que dénonçait, dès 2007, le mouvement contestataire dans l'enseignement supérieur. Ce n'est pas tant la suppression de la subvention allouée à Nanterre qui est scandaleuse que le pourquoi de cette suppression : l'université n'a pas mis en place l'enseignement ad hoc demandé par le département et destiné à constituer un vivier pour le bassin d'emplois local. S'il est à craindre la soumission par l'argent des universités à la pression politique autant qu'à celle des entreprises, il est aussi à redouter, à la fois, le risque de divergences entre les enjeux locaux et les enjeux nationaux, le risque de creusement des inégalités entre les universités ainsi que l'affaiblissement qualitatif du socle de formation générale et commun des étudiants, si les enseignements devaient s'ajuster au besoin d'employabilité immédiate -mais pas forcément pérenne- des entreprises.

- Voir sur le site VousNousIls, la réponse de l'université de Nanterre (Paris 10) aux déclarations de Patrick Devedjian. Au delà de la polémique soulevée, ce démenti vient confimer que "Les projets de l'université répondaient justement aux souhaits et aux besoins du département qui l'accueille", répond l'université présidée par Bernadette Madeuf". CQFD.

jeudi 28 janvier 2010

Quand l' OMC s'intéresse aux universités... c'est une bonne idée, nooon ?

L’OMC va établir des chaires dans 14 universités de pays en développement. Communiqué de presse. Organisation Mondiale du Commerce, 26 janvier 2010.
[Poolp en reste tous tentacules bés, renonçant à souligner tout le texte.]

Le Secrétariat de l’OMC a lancé aujourd’hui un nouveau programme de soutien à des activités d’enseignement, de recherche et de sensibilisation dans 14 universités de pays en développement.

Le Programme de chaires de l'OMC (PCO) aidera des établissements universitaires nationaux à mieux faire comprendre aux étudiants les questions intéressant la politique commerciale. De par sa contribution analytique à la formulation et à la mise en œuvre des politiques commerciales, le PCO aidera à renforcer la participation des pays bénéficiaires au commerce international.

“Par l'entremise de ce programme, l'OMC et ses partenaires universitaires s'adressent aux dirigeants de demain, en les aidant à mieux comprendre le mécanisme complexe que constitue le système commercial mondial. En renforçant les compétences de ces jeunes gens en matière de politique commerciale, le PCO contribuera à rendre les pays en développement mieux à même de participer pleinement à l'environnement commercial du XXIe siècle,” a dit le Directeur général de l'OMC, Pascal Lamy.
Le PCO rationalise les activités de coopération de l'OMC avec les universités en fournissant une aide spécialisée aux établissements bénéficiaires dans leurs domaines prioritaires spécifiques en rapport avec la politique commerciale, le commerce international, les relations internationales et le droit économique international. Un montant de 50 000 CHF par an et par école sera décaissé au titre du PCO sur une période pouvant aller jusqu'à quatre ans. À la fin de cette période, il est prévu que les programmes d'activités soient consolidés et reconduits selon qu'il conviendra, éventuellement avec le concours financier d'autres sources. L'engagement du PCO sera maintenu dans la mesure du possible et si les établissements concernés le souhaitent. Le programme sera au fil du temps étendu à d'autres établissements et encouragera la création d'un réseau permanent entre universités et particuliers participant au programme dans les pays tant développés qu'en développement.

Sur un total de 70 propositions qui ont été reçues, 14 projets ont été retenus à l'issue d'un processus de sélection auquel est associé le Conseil consultatif du PCO. Le Conseil consultatif se compose de 21 universitaires et experts du monde entier qui participeront à la prise de toutes les décisions de fond concernant le programme.

Pour choisir les propositions, le Conseil consultatif du PCO a tenu compte d'une série de critères, y compris les projets de création de réseaux; les programmes nouveaux par rapport aux programmes établis; le perfectionnement de jeunes chercheurs; le renforcement des capacités et la durabilité; la mise en œuvre conjointe avec d'autres institutions et d'utilisation des ressources. Une attention toute particulière a été accordée aux propositions de qualité satisfaisante émanant d'institutions avec lesquelles l'OMC a déjà collaboré pour la tenue de cours régionaux de politique commerciale (CRPC).

Voir la liste des 14 établissements retenus sur le site de l'OMC.

mercredi 27 janvier 2010

Pécresse : "l'autonomie des universités facilite la titularisation de personnels".

Brève lue sur VousNousIls, rubrique "Dépêche de l'Education", 27 janvier 2010.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a affirmé mercredi sur France Culture que la réforme sur l'autonomie des universités permettait "désormais" des "titularisations" de personnels "plus faciles".
Interrogée sur les déclarations lundi de Nicolas Sarkozy évoquant "une titularisation progressive des contractuels" dans la fonction publique, Mme Pécresse a répondu: "je ne vais pas m'aventurer sur le terrain du ministre de la Fonction publique, mais l'autonomie des universités est une occasion pour avoir une meilleure gestion des ressources humaines dans l'université".
"Il y a une politique de gestion des ressources humaines dans les universités autonomes qui permet désormais les titularisations plus faciles", a-t-elle ajouté.
Selon la ministre, "un certain nombre de personnels, qui étaient contractuels depuis des années dans des universités qui deviennent autonomes aujourd'hui, peuvent envisager d'être titularisés".
"Dans le cadre de l'autonomie, les universités ont un plafond d'emplois permanents et elles peuvent choisir dans ce plafond d'emplois permanents soit (de l'emploi) statutaire, soit (de l'emploi en) CDI", a encore déclaré Mme Pécresse.
Lundi sur TF1, Nicolas Sarkozy s'est dit "tout à fait prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels pour ne pas les laisser en situation de précarité", ajoutant: "Ce n'est pas juste".

Note Poolp : Lors de cette même émission, Valérie Pécresse, questionnée sur la réalité de l'augmentation du budget des universités, a déclaré que les universités allaient recevoir une dotation en capital dont le ministère avait demandé le placement à 10% [*], les intérêts utilisables représentant une somme non négligeable pour les universités. Belles responsabilité et liberté des universités que voilà !
[*] ps. on aimerait bien avoir le tuyau du placement à 10%, rapportant dès le 1er jour, si c'est possible...

Université de Pau : 2 étudiantes raflées sur le chemin de la fac

(Article de Sud-Ouest, mardi 26 janvier 2010) SANS PAPIERS. Deux étudiantes comoriennes ont été interpellées sur le chemin de la faculté, hier

Deux étudiantes arrêtées à Pau

La communauté universitaire est sous le choc. Deux étudiantes comoriennes du département de géographie ont été arrêtées hier matin, vers 9 heures, alors qu'elles se rendaient de leur chambre universitaire à la faculté de lettres. Le coup de filet de la police de l'air et des frontières s'est déroulé dans le parc du quartier Saragosse.
Sitty et Liouize ont ensuite été placées en garde à vue dans les locaux de la PAF, à Billère, où leur avocate, Me Massou-dit-Labaquère, a pu les rencontrer. Dans l'après-midi, elles ont été transférées à Paris, sur l'île de la Cité, où se trouve un centre de rétention administrative.

« Pas arrêtées par hasard »

La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre. Les étudiants du réseau Université sans frontières ont informé leurs collègues de l'université, salle de cours après salle de cours. Le réseau Éducation sans frontières, les associations de défense des droits de l'homme ont été très rapidement informés. À 18 heures, un rassemblement s'est improvisé devant la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, regroupant des étudiants, des enseignants, des élus, des syndicalistes et de simples militants.
Premier visé, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Philippe Rey. « Libérez les étudiantes ! Des papiers pour tous ! » ont scandé les manifestants.
Pour Me Massou-dit-Labaquère, cette arrestation est la volonté d'un seul homme. « Les étudiantes n'ont pas été interpellées lors d'un contrôle, elles n'ont pas été arrêtées par hasard. C'est un ordre direct du préfet ! Le jugement du tribunal administratif qui a confirmé l'obligation de quitter le territoire date de juillet. Pourquoi maintenant ! Parce que cela fait monter les chiffres » s'emporte l'avocate, qui a saisi la Cour européenne des droits de l'homme immédiatement.
Du côté de la préfecture, c'est le silence le plus total. L'administration s'est peut-être agacée d'une situation inachevée. Sitty et Liouize ont été admises en 2009 en 2e année de licence de géographie à l'université de Pau alors qu'elles étaient sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français. Elles ont obtenu des bourses et une chambre en cité U parce qu'elles y avaient droit au vu de leurs ressources. Une lettre de la préfecture avait pourtant été envoyée au président de l'université, Jean-Louis Gout.
L'année dernière, la communauté universitaire s'était déjà émue de la situation de ces deux jeunes filles, « assidues et sérieuses », dont « la seule faute est d'être nées aux Comores ». Elles n'y ont passé que quelques mois, envoyées ensuite à Mayotte, territoire et bientôt département français. « Elles ont fait toute leur école à Mayotte ; elles ont passé leur bac à Mayotte, qui dépend de l'académie de La Réunion ; elles ont des pères français », a imploré leur troisième « soeur », en situation régulière, venue témoigner hier soir à Pau.
« C'est révoltant » a déclaré la maire de Pau, Martine Lignières-Cassou, hier, lors d'un repas avec la presse. « Une provocation insupportable » pour Jean Ortiz, du syndicat enseignant Snesup. « La préfecture touche les bas-fonds dans une escalade indigne d'un état de droit », a affirmé Olivier Dartigolles, secrétaire départemental du Parti communiste français.
Un rassemblement est organisé ce soir, à 18 heures, à la faculté des lettres de l'université, amphi 3.

Si on est parisien, ce mercredi 27 janvier à 13h30, on peut soutenir ces 2 étudiantes à l'audience au TGI de Paris (M° Cité), devant le Juge des Libertés et de la Détention (voir ici).

mardi 26 janvier 2010

L’excellence universitaire: leçons des expériences internationales [Le rapport Aghion]

L’excellence universitaire : leçons des expériences internationales. Rapport d’étape de la mission Aghion à Mme Valérie Pécresse Ministre de l’enseignement supérieur et de recherche. 26 janvier 2010, 50 p.
- Lire l'article de Philippe Jacqué Des pistes pour renforcer la compétitivité des universités françaises" publié par "Le Monde.fr", 26 janvier 2010. Rapport à lire et/ou télécharger sur le site du Monde.
- Consulter la revue de presse de Fabula sur le rapport Aghion.

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Actualités

▪ La phrase du moment ▪

"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles."
Sénèque (Lettres à Lucilius XVII, 104, 26).

Toulouse : appel du collectif Parents31

Contre la destruction de la formation des enseignants...
... des parents d'élèves ont décidé de manifester leur mécontentement. Ils organisent
- jeudi 11 février, à 16h, une rencontre devant l'école Jolimont - 10 rue Henri Guillaumet (boulevard des Crêtes) Toulouse, où ils expliqueront à la presse les problèmes que pose cette réforme.
- Puis à 18h au métro Jolimont, une descente aux flambeaux en lumières et en fanfare jusqu'à la place du Capitole, pour expliquer aux Toulousains qu'avoir des enseignants très peu formés augmentera la difficulté d'apprendre pour les enfants.

En conscience, je refuse d'obéir

Rencontre avec Alain Refalo, pour son livre En conscience, je refuse d'obéir - Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école, le dimanche 14 février à partir de 14h, coin cheminée du cinéma Utopia-Tournefeuille. Voir aussi ici.

Processus de Bologne : Contre-sommet de Vienne

Fêtez le 10e anniversaire du Processus de Bologne avec les ministres européens de l'enseignement au contre sommet de Vienne les 11 et 12 mars 2010 (Palais de la Hofburg). Lire l'appel de Bologna burns !

LRU : "Tout savoir en une heure" (conférence filmée)

Du processus de Bologne à la L.R.U., une catastrophe annoncée Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la marchandisation de la connaissance à l'échelle européenne et mondiale...  Conférence de Geneviève Azam, enseignante-chercheure (en économie à l'université Toulouse 2 Le Mirail), membre du conseil scientifique d’Attac, le 23 mars 2009 à l'UTM (initiée par l'AG des personnels de Toulouse 2, ouverte à toutes et tous).
Texte de la conférence disponible ici.