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samedi 11 juillet 2009

Quelle sanction pour l'enseignant désobéisseur ?

Quelle sanction pour l'enseignant désobéisseur ? Par L'EXPRESS.fr, le 10 juillet 2009.

L'instituteur Alain Refalo, initiateur du mouvement des " désobéisseurs", va être fixé sur son sort dans les prochains jours. Il pourrait subir un déplacement d'office ou un abaissement d'échelon.
L'inspecteur d'académie de Haute-Garonne décidera "dans les prochains jours" d'une éventuelle sanction contre Alain Refalo, figure de proue des enseignants affichant leur "désobéissance" aux réformes gouvernementales, a indiqué vendredi l'inspecteur, Jean-Louis Baglan.
Au lendemain de huit heures d'audition de ce professeur des écoles de Colomiers (Haute-Garonne) devant une commission paritaire disciplinaire (CAPD), M. Baglan a précisé à la presse que les sanctions possibles étaient un "déplacement d'office" ou "un abaissement d'échelon", "une exclusion de moins de 15 jours" ou simplement un blâme ou un avertissement.
L'inspecteur d'académie a exclu de fait des sanctions plus graves, en ne mettant pas au vote de la commission l'exclusion temporaire (3 mois à 2 ans) ou définitive des fonctions ou la mise à la retraite d'office. L'inspecteur, qui prend sa décision après avis de la CAPD, a indiqué "qu'aucune majorité ne s'est dégagée" entre les 10 représentants des syndicats enseignants et les 10 représentants de l'administration, ajoutant que c'était traditionnel.
"Je ne m'attends pas à une clémence de la hiérarchie"
Alain Refalo et ses défenseurs ont longuement défendu jeudi la cause de l'enseignant qui avait notamment refusé de mettre en place le dispositif "d'aide personnalisée" prévu à la rentrée 2008, pendant que 500 personnes lui manifestaient leur soutien devant l'inspection académique.
"Je ne m'attends pas à une clémence de la hiérarchie, l'administration est restée droite dans ses bottes", a déclaré Alain Refalo.
"L'inspecteur va sans doute se concerter maintenant avec le ministre de l'Education car ces sanctions sont politiques et le niveau retenu dépend du risque politique qu'ils sont prêts à assumer", a-t-il ajouté.
"Un abaissement d'échelon, touchant au portefeuille, serait une punition primaire", a-t-il estimé.
Alain Refalo est actuellement classé à l'échelon 6. Un abaissement à l'échelon 5, représenterait une perte de salaire comprise entre 100 et 150 euros par mois. Les professeurs des écoles changent d'échelon en moyenne tous les trois ans avec une augmentation d'environ 120 euros par mois à chaque fois, estime-t-on dans l'entourage de l'enseignant.
Alain Refalo a déjà été sanctionné de 19 jours de retrait de salaire et l'inspecteur d'académie lui avait refusé en février une promotion à l'échelon 7.
"Nous étudierons de près la décision et ses motivations pour apprécier s'il faut faire appel devant le conseil supérieur de la fonction publique ou s'il faut faire un recours en annulation devant le tribunal administratif", a précisé l'enseignant, sanctionnable pour "refus d'obéissance, manquement à l'obligation de réserve, incitation à la désobéissance collective et attaque publique contre un fonctionnaire de l'Education nationale (son inspecteur de circonscription)".

51universités autonomes au 1er janvier 2010 !

Communiqué de Valérie Pécresse, publié le 10 juillet sur le site du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, a reçu les présidents des 33 universités qui passeront à l'autonomie au 1er janvier 2010. Au total,  la France comptera ainsi  51 universités autonomes, soit plus de 60% des universités françaises.
Aix-Marseille 1, Aix-Marseille 3, Angers, Avignon, Besançon, Bordeaux 1, Bordeaux 2, Brest, Clermont Ferrand 2, Compiègne, Dijon, Grenoble 1, Lille 2, Littoral, Lorient, Lyon 3, Metz, Montbéliard, Montpellier 2, Nantes, Nice, Paris 02, Paris 11, Paris 12, Paris 13, Pau, Poitiers, Rennes 1, Rennes 2, Toulouse 3, Tours, Valenciennes, Versailles-Saint-Quentin.*
A ces  universités, s'ajoutent également 6 établissements d'enseignement supérieur : Ecole normale supérieure d'Ulm, Ecole normale supérieure de Lyon, Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines de Lyon, l'Institut national polytechnique de Grenoble, l'Institut national polytechnique de Lorraine et l'Institut national polytechnique de Toulouse.

* avec les 20 universités passées aux RCE en 2009, le compte est à 53. Toujours un petit problème d'arithmétique... à moins que les 3 universités de Starsbourg réunies ne comptent que pour 1 université.

vendredi 10 juillet 2009

Contre-vérités

Hier matin, invitée de l'émission Les 4 Vérités sur France 2 [aller à 4 min. environ], Valérie Pécresse affirmait que 33 universités allaient passer en 2010 aux Responsabilités et compétences élargies (aux RCE, en "jargonnade") alors que le Ministère, relayé le 2 juin dernier par l'AMUE, en avait listé 22 (l'AMUE qui a récemment énoncé que 18 établissements étaient concernés).
Le même jour, le site Nouvelle université annonçait par une brève, que "21 établissements d’enseignement supérieur (19 universités et 2 écoles normales supérieures) accèderont à l’autonomie le 1er janvier 2010, portant ainsi le total des universités autonomes à 37 (soit près d’une sur deux)" tandis qu'une carte répertoriait les 20 nouvelles universités prévues au passage en RCE.
Ce matin la Dépêche du Midi écrit dans ses colonnes que l'INPT (l'Institut national polytechnique de Toulouse) serait de la prochaine vague du passage aux RCE en même temps que la fac Paul Sabatier (Toulouse 3) : "au 1er janvier 2010, la fac des sciences et des professions de santé, connue sur le plan administratif sous le nom de Toulouse III ainsi que l'INPT passeront à l'autonomie de gestion, comme une trentaine d'autres universités françaises".
Bien que la Ministre prétende "les chiffres le disent", on ne pourra que s'étonner de cet embrouillaminis tout autant que de la confusion entre université et établissement d'enseignement supérieur.
Toujours dans l'émission "Les 4 vérités", Valérie Pécresse affirme derechef que "la réforme de l'autonomie ne peut pas se faire sans l'appui et la demande de l'université elle-même et de sa communauté universitaire... " niant un mouvement contestataire de grande ampleur, avec pour preuve du rejet massif de la loi LRU, des votes organisés à l' Université de Grenoble et dans certaines facs parisiennes, notamment Paris XI -qui fait justement partie des prochaines universités à passer aux RCE-, démontrant la non-consultation de la prétendue communauté dans la décision du passage aux RCE. A ce titre, on pourra suivre avec intérêt ce qui se passera du côté de l'université du Maine dont le CA vient de voter récemment le non passage à l'autonomie.
Plus fort encore, pour justifier de la demande, "contre toute attente" (dixit), des nouvelles universités, la Ministre allègue la satisfaction des universités engagées depuis janvier 2009 relativement au passage aux RCE, tout comme La Dépêche du Midi, parlant d'un dispositif "destiné à conférer aux présidents et à leurs conseils d'administration un réel pouvoir de gestion en matière de locaux et de patrimoine bâti, mais aussi (et surtout) de ressources humaines. Dans ce cadre, l'exécutif des facs (avec des conseils restreints pour une meilleure efficacité de décision) se voit véritablement confier les clefs de leurs campus".
Alors que :
- la Conférence des Présidents d'Université, elle-même, a demandé le 2 juillet la révision de la dotation des universités et avait déjà, en mai, énuméré les 'loupés' de l'autonomie en réponse à un courrier de M. Bernard Belloc,
- d'aucuns réfléchissent depuis juin à une réforme de la réforme,
- le bilan de l'AG de l'Université Technologique de Compiègne, en février 2009, de son expérimentation du passage aux RCE est plus que décourageant,
- le premier rapport de suivi de  la loi LRU, en décembre 2008, par son rapporteur himself) avait déjà épinglé quelques vilains dysfonctionnements.

Plus loin encore, la ministre explique les bénéfices de la réforme, notamment la mise en place de "programmes innovants pour les étudiants". Qu'il soit permis de douter de la qualité d'innovation des programmes qui se concoctent en ce moment même avec le plan "Réussite en licence", que les enseignants ont déclaré refuser par diverses motions  ou là-bas et refusent encore ici...

Toulouse : 500 personnes soutiennent un enseignant en conseil de discipline

Toulouse : 500 personnes soutiennent un enseignant en conseil de discipline. Article paru sur VousNousIls, le 9 juillet 2009.

Quelque 500 professeurs et parents d'élèves, ainsi que le député-maire PS de Toulouse Pierre Cohen, ont soutenu jeudi Alain Refalo lors de la convocation de l'enseignant de Colomiers (Haute-Garonne) en conseil de discipline pour sa désobéissance aux réformes gouvernementales.
Aux cris de "solidarité", les manifestants ont accompagné l'initiateur du mouvement de résistance pédagogique chez les enseignants du primaire, lors de son entrée au siège de l'inspection académique de Haute-Garonne.

L'inspection académique n'a pas été en mesure d'indiquer quand la décision du conseil de discipline serait communiquée à l'enseignant.
Alain Refalo a déjà été sanctionné de 19 jours de retrait de salaire et d'un refus de promotion pour avoir mis en place un atelier théâtre sur le temps de l'aide personnalisée, et avec l'accord des parents d'élèves.
De nombreux syndicats d'enseignants ont réclamé "qu'aucune sanction ne soit appliquée" à l'enseignant.
"Ce dispositif de l'aide personnalisée n'est pas conforme à l'idée que nous nous faisons de notre mission", a déclaré Alain Refalo avant son entrée dans les bâtiments administratifs.
"Nous allons poursuivre cette résistance car nous ne pouvons pas continuer à nous renier et être complices de dispositifs porteurs d'un esprit individualiste, continuer à construire une société d'injustice où règne la loi du plus fort, car nos valeurs sont celles de coopération, de justice, de solidarité, et ça nous ne le renierons jamais", a-t-il ajouté.
Citant Georges Bernanos --"il faut beaucoup d'indisciplinés pour faire un peuple libre"--, M. Refalo a lancé sous les applaudissements de la foule: "nous n'allons pas céder".
Pierre Cohen, député-maire de Toulouse, a apporté son soutien "sans condition" à M. Refalo. "Cet acte de résistance s'inscrit bien dans ce qui correspond aux attaques successives de tous les services publics, notamment dans les lois sur l'université et l'hôpital", a déclaré M. Cohen.

Selon le "Mouvement des enseignants en résistance pédagogique", les faits reprochés à Alain Refalo sont "refus d'obéissance, manquement au devoir de réserve, incitation à la résistance collective et attaque publique contre un fonctionnaire de l'Education nationale".
A la suite d'une lettre envoyée par M. Refalo à son inspecteur d'académie, et relayée sur internet, quelque 3.000 enseignants dans toute la France ont depuis décidé de désobéir aux réformes gouvernementales.
De nombreuses lettres de soutien à M. Refalo ont également été envoyées à l'inspecteur d'académie de Haute-Garonne, notamment celle de trois anciens résistants, Raymond Aubrac, Walter Bassan et Stéphane Hessel, soulignant que "notre République ne saurait donner un signal aussi contraire que de sanctionner un enseignant tel qu'Alain Refalo".

- Lire les articles de La Dépêche "L'enseignant 'désobéisseur' de Colomiers devant le conseil de discipline", et "500 personnes pour soutenir l'instit' rebelle de Colomiers".
- Lire aussi l'article du Figaro "Profs «désobéisseurs» : place aux conseils de discipline".

jeudi 9 juillet 2009

Prolongation des titres de séjour des étudiants étrangers.

Communiqué de Valérie Pécresse, publié le 07 juillet et mis à jour le 9 juillet 2009 sur le site du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
[C'est Poolp qui a souligné...]

Les étudiants étrangers inscrits dans les universités ayant connu des perturbations au cours de l'année 2008-2009 pourront voir leurs titres de séjour sur le territoire français prolongés jusqu'à l'obtention des résultats d'examen afin d'achever régulièrement l'année universitaire. Cette mesure témoigne du souci d'équité à l'égard des étudiants ayant fait le choix de la France pour assurer leur formation.

Le Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ont adressé ce jour une circulaire d’instructions aux préfets afin que soit prise en compte la situation particulière des étudiants étrangers dans les universités ayant connu des perturbations au cours de l’année 2008-2009 et dont les titres de séjour sur le territoire français viennent à échéance. Cette circulaire a également été adressée aux recteurs et aux présidents d’universités pour leur complète information.
Il est ainsi demandé aux préfets de prolonger les titres de séjour des étudiants étrangers concernés jusqu’à l’obtention des résultats d’examen afin qu’ils puissent achever régulièrement l’année universitaire. Au-delà, elle attire leur attention sur la nécessaire bienveillance avec laquelle il convient d’examiner le renouvellement des titres de séjour dans les universités ayant été perturbées. En particulier, il appartient aux préfets de se rapprocher des présidents d’université pour apprécier sur le second semestre la progression pédagogique des étudiants étrangers au regard des perturbations ayant eu lieu, critère pris en compte dans la demande de renouvellement. Enfin, il ne sera pas possible, pour les étudiants dont les universités ont été touchées, de refuser le renouvellement pour cause de manque d’assiduité au second semestre
Cette circulaire témoigne du souci d’équité manifesté par les ministres à l’égard des étudiants étrangers qui ont fait le choix de la France pour assurer leur formation et répond à un engagement pris par Valérie Pécresse et Eric Besson auprès des étudiants.

mercredi 8 juillet 2009

Toulouse : 30 stagiaires de l'IUFM punis pour contestation

Sur LibéToulouse :

30 stagiaires enseignants de l'IUFM punis pour faits de contestation

ÉDUCATION. La correction politique, ça s’apprend. En tout cas, le ministère de l’Éducation nationale s’emploie déjà à l’enseigner à Toulouse.
Trente stagiaires de l’IUFM de Haute-Garonne ne seront ainsi pas titularisés cette année pour avoir contesté les réformes Darcos en cours d’année. Le compte rendu de formation politiquement incorrect qu’ils ont pu commettre au mois d’avril se retrouvant dans leur dossier de validation, les voilà retoqués.
C’est une inspectrice générale, membre du cabinet des ministres Darcos puis Châtel qui n’a pas supporté que, même dans le strict cadre de l’IUFM, de futurs fonctionnaires contestent les dernières réformes gouvernementales. Ces affreux trublions ont eu à en répondre devant le jury académique de qualification professionnelle devant lequel ils ont été convoqués ce vendredi 3 et lundi 6 juillet.
La charge a été «sauvage», jugent-ils aujourd’hui. Le jury leur aurait reproché un manquement au droit de réserve [sic].
Réaction gouvernementale «inédite et exceptionnelle», commentent le Syndicat national de l’enseignement secondaire et le syndicat de l’enseignement primaire. «Le SNES et le SNUIpp ne pourraient accepter que ces collègues ne soient pas titularisés dès cette année».
«C’est fini la rigolade. Il a dû y avoir des instructions de sévérité»,
analyse un formateur de l’IUFM. Le ministre Luc Châtel ne semble en tout cas pas disposé à desserrer la vis que son prédécesseur Xavier Darcos a bloquée.
Une audience au rectorat et au ministère de la rue de Grenelle est demandée. Où le pari semble être fait que les vacances d’été étoufferont le bruit de ce coup de bazooka sur les rangs de la contestation.
Un tir à blanc, toutefois. La titularisation des trente stagiaires est tout simplement «ajournée». Autrement dit : soyez sages, les enfants, et si vous ne contestez pas plus avant, cette titularisation pourrait intervenir plus tard.
Une question taraude les stagiaires: quelle idée a traversé les formateurs de l’IUFM de glisser les comptes rendus de leurs élèves contestant les réformes dans le dossier de validation? 

Lu aussi dans les commentaires des internautes à ce billet sur {sciences2} (le 6 juillet à 18h04) :

Sanctions et reprise en main à l'IUFM Midi-Pyrénées, université de Toulouse 2

Suite à des dysfonctionnements internes, des textes présentant des analyses critiques des réformes de l'école (suppression des RASED, ...) rédigés par des stagiaires ont atterri dans les dossiers de validation. Une Inspectrice les a trouvés et a fait convoquer tous ces stagiaires pour un entretien avant le jury. Cela concerne des professeurs de lycées et des collèges, des professeurs de lycée professionnel, des conseillers principaux d’éducation, et des professeurs des écoles.
En tout une trentaine de stagiaires. Rappelons que leur validation se fait par le recteur sur proposition d’un jury académique.
Alors que l'on pensait que tout passerait avec une admonestation, d'après des informations fiables, TOUS les stagiaires convoqués vendredi sont sanctionnés par au moins une non-validation de l'année.
D'abord les textes incriminés ne sont ni injurieux, ni diffamatoires, ils sont raisonnablement critiques.
Ensuite, à travers les sanctions envisagées, c'est l'institution de la formation des maîtres qui est visée et les formateurs dans leur ensemble. Il y a une vraie tentative d'intimidation et de mise au pas.
Le Directeur a annoncé sa démission dans le cas où le Recteur ne renoncerait pas aux sanctions demandées par le Jury.

Maj du 10/07/09 : lire également "Les apprentis enseignants de l'IUFM saqués pour avoir critiqué la réforme Darcos", nouveau billet sur LibéToulouse.

« Service fait » à la BUC : un communiqué des personnels de bibliothèque de l'UTM

Lu sur le site de l'UTM :
le 7 juillet 2009
Les personnels de la Bibliothèque Universitaire centrale (BUC), sanctionnés ce jour pour « service non fait » alors que la BUC a fonctionné normalement toute la journée, dénoncent :
- le fait que cette sanction stigmatise volontairement les personnels de la BUC (alors que l’appel de l’Assemblée générale du 6 juillet 2009 s’adressait à toute la communauté universitaire),
- le fait que cette sanction tombe alors que, la semaine dernière, le Directeur du SCD affirmait qu’une « certaine souplesse » serait tolérée dans les formes de revendication.
Ils réaffirment leur volonté de défendre les emplois des ANT sur l’ensemble du campus, raison pour laquelle ils se sont rassemblés ce matin 7 juillet 2009.
Dans le but de montrer leur bonne volonté et de ne pas pouvoir être attaqués (ni pour fait de grève, ni pour « service non fait »), les agents ont décidé de rester travailler cet après-midi, souhaitant donner toutes leurs chances aux discussions qui auront lieu ce soir entre les organisations syndicales et le Président.
Les personnels de la BUC
Avec le soutien de la FERC-Sup CGT et de la FSU

lundi 6 juillet 2009

Antony : mobilisation contre la destruction d'une partie de la Cité universitaire

« Notre cité U, on va la sauver ! » Reportage de Delphine Legouté sur liberation.fr 

L'annonce de la démolition de la résidence universitaire d'Antony est contestée par les étudiants qui y habitent, soutenus par l'Unef* et «Jeudi noir». Hier, ils manifestaient devant la mairie.
*note Poolp : et aussi (au moins) par Sud Etudiant, qui appelait à ce rassemblement sur Bellaciao (voir aussi ce communiqué), et dont les drapeaux sont d'ailleurs nettement visibles sur la photo illustrant l'article de Libé.

Il est 19 heures ce jeudi à Antony, en région parisienne, lorsqu'un brouhaha commence à monter devant l'Hotel de ville. «Notre Cité U, on l'aime et on va la sauver !», «A ceux qui veulent détruire Jean Zay, les étudiants répondent : résistance !» scande une centaine d'étudiants rassemblés à l'heure du conseil municipal.
Motif de leur courroux: le projet de destruction expéditif d'un bâtiment de leur résidence universitaire, la cité U «Jean Zay». En décidant de supprimer 548 chambres sur les 2500 existantes, la communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre (CAHB) et le conseil général présidé par Patrick Devedjian se sont attiré les foudres des étudiants et des syndicats.
Au départ, l'ambiance est plutôt festive. Autour du syndicat étudiant Unef se sont réunis certains conseillers municipaux de l'opposition, dont les verts et le PCF. Magalie Buzelin, conseillère Vert, estime qu'il règne une «grande hypocrisie» autour du dossier. «On nous dit qu'il faut tout détruire pour cause de vétusté, mais ce sont eux qui ont laissé la résidence pourrir pour mieux la détruire. Tous les architectes estiment qu'une simple rénovation serait suffisante».
Le collectif «Jeudi noir», connu pour soutenir les «galériens du logement», est également venu participer au mouvement, à sa façon. Au programme, chansons et lancer de confettis, sur son hymne traditionnel — le générique de la série «Dallas».

Rénover le «kyste» d'Antony

Rapidement, la tension monte. Le groupe d'étudiants tente de forcer les portes de la mairie, afin d'assister au conseil municipal. Ils sont violemment repoussés par les policiers municipaux. «La séance est publique, on a le droit d'entrer !» s'insurge-t-on dans la mêlée. Le rapport de forces entre policiers et manifestants prend fin lorsqu'un étudiant tombe dans les escaliers, sans se blesser. «Nous voulons qu'une délégation soit acceptée au sein du conseil municipal, ne serait-ce que cinq minutes, pour faire part de nos demandes», explique Karima Delli, membre de «Jeudi noir», récemment élue députée européenne.
Depuis son accession au Parlement européen, la jeune femme - ancienne assistance parlementaire - tient à continuer la lutte «de terrain», «celle qui permet de rester proche des réalités». «Lorsqu’on a appris qu’une partie de l’une des plus grosses cités U d’Europe allait tout simplement disparaître, sans aucune garantie de remplacement, on a décidé de s’allier à l’Unef. Le manque de logement est si important qu’il est impensable de continuer de telles destructions».
«Aujourd'hui c'est le bâtiment C mais ce n'est qu'une première étape, poursuit Jean-Baptiste Prevost, président de l'Unef. Nous savons très bien que Devedjian veut rayer Jean Zay de la carte. Il parle même de «kyste» pour la ville ! On nous dit que la cité U est trop vétuste, ils n'avaient qu'à y faire des travaux avant qu'il soit trop tard. Nous réclamons sa rénovation pure et simple. Les étudiants pauvres ne peuvent pas se permettre de perdre 548 logements à très bas coût».
A la sortie du conseil municipal, la situation n'a pas bougé. Il est toujours prévu que le bâtiment C de la cité U «Jean Zay» soit démoli au cours de l'été. Aujourd'hui, un tiers des locataires n'a pas été relogé pour la rentrée.

Lire également, sur Bellaciao, Antony : occupation d’une maternelle vouée à disparaître (Res Univ ), et ce communiqué sur le blog de l'AGEN.

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Actualités

▪ La phrase du moment ▪

« Mais je vous le dis : nous n'allons pas céder. Nous allons poursuivre cette résistance car nous ne pouvons pas continuer à nous renier et être complices de dispositifs porteurs d'un esprit individualiste, continuer à construire une société d'injustice où règne la loi du plus fort, car nos valeurs sont celles de la coopération, de la justice, de la solidarité, et ça nous ne le renierons jamais. »
Alain REFALO, enseignant désobéisseur, devant l'Inspection Académique de Toulouse, le 9 juillet 2009

LRU : "Tout savoir en une heure" (conférence filmée)

Du processus de Bologne à la L.R.U., une catastrophe annoncée Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la marchandisation de la connaissance à l'échelle européenne et mondiale...  Conférence de Geneviève Azam, enseignante-chercheure (en économie à l'université Toulouse 2 Le Mirail), membre du conseil scientifique d’Attac, le 23 mars 2009 à l'UTM (initiée par l'AG des personnels de Toulouse 2, ouverte à toutes et tous).
Texte de la conférence disponible ici.

Répression

Les violences policières, la répression policière et judiciaire, en général et contre le mouvement d'opposition aux réformes universitaires en particulier, s'intensifient. Il est hélas difficile de relayer exhaustivement  les informations à ce sujet. Plusieurs blogs, sites ou collectifs s'y efforcent cependant, notamment : Fabula, SLU, Universités et universitaires en lutte, un collectif de Paris 5 qui a ouvert un livre noir des violences policières ... Sur les violences policières et autres "bavures" récentes (à Londres, Strasbourg, Bastia), voir aussi cet article de Rue 89 (avec videos), ainsi que le bulletin Résistons ensemble (n°74, avril 2009) sur Mille Babords.
Consulter aussi ici-même, sur Poolp, la rubrique Répression(s). Et, en ce bel été qui commence, la liste de liens de veille anti-répression mise à jour par Université Paris 8 en grève.

♦ Les pétitions ♦

- aucune sanction disciplinaire pour Alain Refalo,
- pétition pour la défense de l'hôpital public
- pétition de la Coordination Nationale des BIATOS/ITA relative aux entretiens professionnels
- pétition "annulation de l'accord Vatican-Kouchner"
- pétition pour en finir avec les dérives antiterroristes
- pétition "Je déballe ma bibliothèque" (en soutien à Julien Coupat)
- "Sauvons la Formation des enseignants"
- contre la répression et en soutien à Joan
- soutien à Efosa et soutien à Julien (étudiants à Strasbourg)
- soutien aux EC mobilisés de Lille 2 menacés de sanctions
- soutien aux philosophes qui posent trop de questions
- appel des chercheurs/ses... précaires
- contre le plan psychiatrie : "la Nuit sécuritaire" (l'appel des 39)
- l'appel des 25 "Contre la mort de l'hôpital public"
- pétition "Pas de bébés à la consigne" (contre la modification des services d’accueil des jeunes enfants)
- pétition "Sauvons la statistique publique"
- pour la libération sans condition de J.-M. Rouillan.
- soutien aux intermittents et précaires poursuivis par la CFDT (infos procès 22 janvier)
- pour l'arrêt des poursuites contre André Barthélémy
- soutien aux inculpés de l'incendie du CRA de Vincennes
- appel UTM contre les rafles et les expulsions.
- appel des enseignants en résistance.
- pétition de soutien aux RASED.
- pétition contre Base élèves.
- pétition de soutien aux directeurs/trices opposés à Base élèves.
- pétition de solidarité avec G. Filoche