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vendredi 25 mai 2012

UNITI, progression de la saga grenouillante...

Idex de Toulouse : lancement d'une concertation sur fond de divergences. Frédéric Dessort, EducPros, 22 mai 2012.

Une démarche de concertation a été lancée au sein des établissements toulousains, afin de trouver une position commune autour de l'Idex. Objectif : présenter une nouvelle version du dossier d'ici à la fin de l'année en vue de la convention d'attribution finale.

Le 18 mai, le bureau du PRES de Toulouse a décidé de lancer un large processus de concertation autour du dossier UNITI. Une condition sine qua non à la poursuite du projet posée par les trois nouveaux présidents des universités toulousaines. Dans un premier temps, les débats se tiendront au sein des établissements fondateurs et associés du PRES. L'université du Mirail ouvre le bal avec un congrès convoqué le 22 mai. La démarche a également déjà été annoncée lors de la première allocution de Bertrand Monthubert, le 21 mai à l'université Paul-Sabatier. En parallèle, un comité de pilotage inter-établissements va être mis en place par le PRES. La méthodologie de son fonctionnement sera présentée dans le cadre du prochain CA, le 21 juin.

Divergences autour de la convention de pré-financement
Cette démarche de concertation s'inscrit dans le cadre la convention de pré-financement de l'Idex.  Mise au vote le 6 avril au CA du PRES, le projet de signature de ce document avait été adopté à l'unanimité moins trois abstentions. Elle prévoyait qu'à défaut de la signature avant le 31 décembre de la convention d'attribution finale, les 13,9 M€ avancés seraient à restituer.
Mais quelques jours après ce vote, constatant la récusation par les nouveaux présidents d'aspects essentiels du projet toulousain (gouvernance, périmère d'excellence...), l'Etat a envisagé un temps de ne pas signer ladite convention de pré-financement. Dans une lettre au ministère datée du 17 avril, Gilbert Casamatta, devenu administrateur provisoire du PRES en raison de la fin de son mandat, a assuré que la base du projet serait respecté. L'Etat a alors renvoyé une nouvelle convention, annexant cette lettre et ajoutant un article qui rappelle l'obligation du site toulousain à respecter les recommandations du jury. Et la date butoir a été ramenée à la fin octobre.
Le bureau du PRES s'est ensuite réuni le 27 avril pour décider de signer ou pas cette nouvelle version de la convention. Plusieurs membres présents lors de cette réunion ont opposé leurs arguments. En contre, Olivier Simonin et Jean-Michel Minovez, invoquant le fait que les nouveaux éléments n'avaient pas été avalisés par le CA du PRES. Pour Bruno Sire, au contraire, il fallait éviter une vacance du pouvoir après les élections tandis que Gilbert Casamatta soulignait le danger pris pour le site d'un défaut de signature rapide. Finalement, faute de consensus, le bureau a confié à M. Casamatta la décision de signer le document, ce qu'il a fait. L'Etat a ensuite entériné la convention.
Plusieurs voix se sont ensuite élevées contre cette signature et le contenu du nouveau texte, notamment parmi les représentants des organismes de recherche. L'intersyndicale toulousaine s'est également positionnée contre la nouvelle convention. Bertrand Monthubert, lui, estime que seule la date butoir du 31 décembre, votée le 6 avril, a de la valeur.
La concertation qui vient de s'engager devra dégager une position commune sur l'Idex. Avec en toile de fond deux questions : jusqu'à quel point la convention finale peut s'éloigner du projet initial ? Quelle sera la position du nouveau gouvernement sur le sujet ?

Une ligne à haute tension

Lu sur le site Educpros,  Geneviève Fioraso vue par les responsables de l’enseignement supérieur grenoblois, 23 mai 2012.

 EducPros a interrogé des responsables de l’enseignement supérieur grenoblois sur la personnalité et la connaissance de l’enseignement supérieur de la nouvelle ministre. (...) Voici la réponse de Thierry Grange, directeur de Grenoble Ecole de Management : « À Grenoble, elle a travaillé aussi bien avec les universités qu’avec les grandes écoles, et elle est appréciée par la communauté académique. Surtout, Geneviève Fioraso, c’est en quelque sorte l’égérie de GIANT. Elle représente la mairie dans ce projet de campus technologique grenoblois, une sorte de MIT à la française. Elle a également été en première ligne pour les appels à projets lancés par Valérie Pécresse : Opération campus, Idex, Labex, Equipex, IRT ».

jeudi 24 mai 2012

Jean-Yves Mérindol nommé conseiller à la présidence de la République

L'ex-directeur de l'ENS Cachan, Jean-Yves Mérindol a été nommé conseiller enseignement supérieur et recherche à la présidence de la République> le 22 mai 2012. Agrégé de mathématiques, docteur ès sciences, il a été président de l'université de Strasbourg 1 Louis-Pasteur. De 1998 à 2000, il a présidé la commission recherche de la CPU (Conférence des Présidents d'Universités)  et , entre 2005 et 2008, il a été chargé des questions d'enseignement supérieur et de recherche au cabinet du maire de Paris, Bertrand Delanoë.
De la CPU comme vivier à conseillers des Princes...

mercredi 23 mai 2012

De mauvais augure...

A l'université Toulouse II-Le Mirail, depuis quelques semaines -voire depuis quelques mois- l'avenir de son ex président, Daniel Filâtre, en préoccupait plus d'un... Tous doutaient qu'il retourne devant les étudiants ou dans son laboratoire de recherche. Chacun et chacune y allait de son hypothèse : nombreux penchaient pour un fauteuil au PRES de Toulouse (voire à la gouvernance de l'UNITI), d'aucuns pour une mission auprès du Conseil régional, certaines lui imaginaient un destin national en conseiller du Prince... Bingo pour les certaines !
Dans l'article de Sylvestre Huet, Fioraso au Cnrs: satisfactions et inquiétudes sur son blog Sciences 2, on apprend en effet que Daniel Filâtre ferait désormais partie du cabinet de Mme Fioraso, aux côtés de deux autres ex présidents d'université, Lionel Collet (univ. Lyon 1) nommé directeur de cabinet, et Jacques Fontanille (univ. de Limoges). Tous trois "qui, à la Conférence des présidents d'universités, avaient plus joué la coopération avec Valérie Pécresse que la confrontation directe", remarque malignement Sylvestre Huet. Effectivement, s'il était confirmé pour Messieurs Fontanille et Filâtre, ce choix ne serait pas un bon signe, à plus d'un titre d'ailleurs.
L'article rapporte aussi que la ministre a esquivé la question des IDEX. Ces "dispositifs destinés à gérer les fonds des IDEX (les intérêts des emprunts et placements dont pour l'instant les universitaires et chercheur n'ont en réalité pas vu la couleur....) seront-ils confortés, amendés, ou revus de fond en comble ? La question est ouverte, mais certains universitaires craignent leur perpétuation".
Le changement, c'est pas pour maintenant.


> Pour conforter les craintes, lire Jaurès assassiné (une seconde fois)  de Grégory Salle, sur le site de la revue "Contretemps", 18 mai, 2012.

mardi 22 mai 2012

La feuille de route de Bertrand Monthubert, nouveau président de l'université Toulouse III-Paul Sabatier

Bertrand Monthubert, nouveau président de l'université Paul Sabatier, suspend le financement du Plan Campus. Wilfried Pinson, ObjectifNews, 21 mai 2012.

Bertrand Monthubert a prononcé ce lundi devant 500 personnes sa première allocution en tant que nouveau président de l’université Paul Sabatier. Il a tracé les grandes lignes de sa gouvernance. L’une de ses premières décisions est de suspendre le mode de financement du Plan Campus, le partenariat public-privé (PPP). Il a également décidé d’organiser des assemblées générales sur le projet Uniti d’unification des universités.

Bertrand Monthubert, élu président de l’université Paul Sabatier le 9 mai dernier, n’en finit pas de remettre en cause les projets de ses prédécesseurs. Après le projet Uniti d’unification des universités, il veut revoir le financement du Plan Campus (527 M€ pour les universités de Toulouse) qui vise à la rénovation et la construction de nouveaux bâtiments. « Le partenariat public-privé (PPP) oblige l’université à payer les frais de maintenance des bâtiments car elle les loue à un partenaire privé. Cela nous coûterait 600 000 € par an qui ne seront pas couverts par l’État, pointe t-il. Nous ne pouvons pas aujourd’hui assumer ces frais de maintenance. Il faut un processus moins coûteux qui permettent de financer plus d’opérations ». Le nouveau président  de Toulouse III a alors lancé un processus de suspension du PPP. Selon lui, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a accepté la remise à plat du mode de financement. Il rappelle que la « situation budgétaire de l’université est préoccupante car il manque une centaine de milliers d’euros ».
Bertrand Monthubert précise néanmoins que cette suspension ne doit pas « retarder la sortie de terre des bâtiments ». Il compte garder et s’appuyer sur le travail déjà réalisé concernant ces bâtiments. Un état des lieux au niveau humain, financier… pour faire le point sur les finances de l’université Paul Sabatier a aussi été lancé. 

Des assemblées générales pour travailler sur Uniti
Le président fraîchement élu est revenu sur son cheval de bataille, la « réorientation » du projet Uniti d’unification des universités. « Dans le dossier Uniti nous contestons la gouvernance qui tourne le dos à la collégialité et les périmètres d’excellence qui ne permettent pas de remplir notre mission de service pubic, explique Bertrand Monthubert. La convention de financement entre le Pres (Pôle de recherche et d’enseignement supérieur) et l’État n’a pas été signée, c’est une bonne chose. »
Le président a mis en avant les notions de collégialité  et de démocratie qui manquent selon lui au projet Uniti. Pour avoir un « processus de concertation très large », Bertrand Monthubert va mettre en place des assemblées générales au mois de juillet qui travailleront sur le projet. Un comité de pilotage avec les représentants de différents établissements organisera les travaux. L’objectif est d’aboutir à une synthèse au « mois de septembre ou d’octobre ».

(...) la suite de l'article sur ObjectifNews.

Note Poolp
Aucun mot sur le fond : pas un mot sur une université non seulement conçue comme étant un service (quasi gratuit) de fourniture de "compétences" aux entreprises, en adaptant chaque jour davantage ses enseignements aux besoins d'un marché du travail plus qu'incertain, pas un mot sur une université qui a pour objectif d'imiter désormais le fonctionnement même d'une entreprise. Est-il si nécessaire de remettre en cause -à la marge probablement- la seule gouvernance des IDEX et peut-être même celle des universités "fusionnées" (allez, soyons fou !), sans repenser les places et les rôles de l'enseignement universitaire et de la recherche scientifique ? Poolp n'est pas déçu, il n'en avait pas espéré plus...

lundi 21 mai 2012

Constat tardif...

Annette Schavan : « L’éducation forge la personnalité », Centre d'information et de documentation sur l'Allemagne (CIDAL), 28 février 2012.
Interview avec Annette Schavan, ministre fédérale de l’Éducation et de la Recherche, publiée dans l’hebdomadaire allemand Die Zei

Die Zeit : Madame la ministre, Humboldt est-il mort ?
Annette Schavan :
Non, pas si vous faites référence à l’idée d’unité de la recherche et de l’enseignement, qui doit rester un principe directeur de l’université du XXIe siècle.

Die Zeit : Ce n’est pas l’avis des détracteurs de la réforme de l’enseignement supérieur, qui accusent le processus de Bologne d’avoir Humboldt sur la conscience.
Annette Schavan :
C’est trop simpliste. Ce qui est vrai, c’est qu’il est temps de mener un nouveau débat de société sur la valeur et l’essence de l’éducation, indépendamment de son utilité sur le marché du travail. La réforme de l’enseignement supérieur s’est trop longtemps focalisée sur les aspects formels, au détriment de cette question essentielle : Quel rôle joue l’idéal humboldtien d’unité de la recherche et de l’enseignement dans l’université du XXIe siècle ?

Die Zeit : Quel est votre point de vue sur la question ?
Annette Schavan :
Nous avons vu émerger la nécessité de préparer les étudiants à la vie active. C’est l’objectif de tout cursus universitaire, et c’est très bien ainsi. Cependant, pour en venir à l’aspect classique, les études supérieures doivent surtout laisser aux individus le temps de façonner leur parcours éducatif. Les études ne se résument pas à l’accumulation de connaissances ; elles forgent la personnalité, infléchissent les mentalités et stimulent l’esprit critique. L’attitude de certains économistes durant la crise financière montre ce qui se produit lorsqu’on se contente d’absorber des faits et des idées préfabriquées.

Die Zeit : Venant de vous, c’est étonnant. Vos détracteurs vous considèrent justement comme le fer de lance d’une « économisation » toujours plus poussée de l’enseignement supérieur. Il y a trois ans, au plus fort du débat sur l’éducation, vous avez traité de « réactionnaires » ceux qui s’élevaient contre le processus de Bologne.
Annette Schavan :
À juste titre. Depuis la réforme, les gens sont nettement plus nombreux à entreprendre des études, notamment les bacheliers issus de familles où personne n’en avait fait avant eux. Les effectifs repartent à la hausse dans les disciplines scientifiques. Bref, le processus de Bologne a permis de relever les défis d’une société où près de 50 % d’une classe d’âge fait des études, et qui ne pourra maintenir sa position internationale que si un maximum de personnes obtiennent des diplômes universitaires de haut niveau. Dans l’ensemble, la réforme de l’université est une réussite. Mais cela ne nous dispense pas de remédier aux problèmes qui subsistent. Nous avons trop parlé des structures au détriment du fond et des objectifs de l’éducation. [...]

Die Zeit : Un constat tardif.

(...) lire la suite de l'entretien sur le site du CIDAL.

jeudi 17 mai 2012

Québec : le printemps érable sans fin

Par Sylvain Mouillard, liberation.fr, 17 mai 2012 à 09:12

La mobilisation est sans précédent dans l’histoire du Québec. Depuis plus de trois mois, entre 150 000 et 200 000 étudiants de la province canadienne -près de 50% des effectifs- sont en grève. Comme si, en France, un million de jeunes refusaient de rejoindre les bancs de la fac... Les manifestations sont quotidiennes et le blocage avec le gouvernement semble total. En témoigne la démission de la ministre de l’Education, il y a deux jours.
Le conflit est parti de la décision du gouvernement libéral de Jean Charest d’augmenter les droits de scolarité de 75%, pour atteindre 4 000 dollars par an, plus près de la moyenne nord-américaine. L’objectif, selon le gouvernement, est de réduire les déficits des universités et de renforcer leur compétitivité. Un argument qui ne convainc pas les étudiants, qui demandent un moratoire sur la mesure, et l'organisation d'états généraux de l'université à l'automne. Derrière trois influentes coalitions - la Classe, la Fecq, et la Feuq - ils ont donné naissance à un nouveau terme, «le printemps érable».
Car leurs slogans vont désormais au-delà des simples droits de scolarité. «Le débat s’est élargi aux missions de l’université et au financement des services publics, analyse Pierre Hamel, professeur de sociologie à l’université de Montréal. On peut même dire que ça va jusqu'à la question des inégalités sociales.»
Pour lui, le mouvement se rapproche de celui des Occupy ou des Indignés, tant dans ses revendications que de ses modes d’action. «Les étudiants utilisent les réseaux sociaux de manière très dynamique et sont extrêmement créatifs avec des regroupements spontanés, des manifestations utilisant la musique, le théâtre...»

«On est une petite société, on ne sera jamais Yale ou Harvard»

Le coeur du message, lui, reste très politique. «C’est la conception que l’on se fait de l’université qui est interrogée, analyse Jacques Hamel, lui aussi professeur de sociologie à Montréal. Veut-on un modèle américain, où les universités sont conçues comme des entreprises, dans lesquelles on met davantage l’accent sur la recherche que l’enseignement ?»
Pour lui, la réponse est non. A l’entendre, ce modèle serait responsable de la mauvaise santé des facs québécoises. «Les professeurs sont détachés de leur enseignement pour faire de la recherche. A leur place, on engage des chargés de cours, plus précaires. Cela creuse les déficits des établissements.» Autre souci, «la course immobilière» que se livrent les universités de la Belle Province. «Elles redoublent de programmes de construction de campus délocalisés pour attirer de nouveaux clients, explique-t-il. Mais est-ce vraiment nécessaire ? On est une petite société, on ne sera jamais Yale ou Harvard.»
Le mouvement prospère aussi sur un fond de défiance vis-à-vis des politiques. Plusieurs affaires de corruption viennent d'éclater, mettant notamment à jour les liens entre partis et promoteurs immobiliers. Sans oublier le débat autour du «Plan Nord» du gouvernement, qui devrait permettre aux entreprises d’exploiter les ressources naturelles des territoires québécois situés au-delà du 49e parallèle.

«L’austérité, on commence à en parler»

«La crise financière a eu ici des soubresauts moins graves qu’en Europe ou aux Etats-Unis, pointe Jacques Hamel. Mais l’austérité, on commence à en parler.» La contestation du modèle libéral reste toutefois modeste. Ainsi, plusieurs sondages montrent qu’entre 50 et 60% de la population québécoise est opposée aux revendications étudiantes. «Certaines personnes considèrent les étudiants comme de futurs privilégiés, qui auront de bons revenus. Ils estiment que ce n’est pas à l’ensemble de la population de payer pour l’université», éclaire Pierre Hamel.
Le sociologue constate néanmoins «une polarisation de plus en plus forte de la société québécoise, entre une vision libérale traditionnellement majoritaire en Amérique du Nord, et une vision plus sociale.» Problème, juge-t-il, «le clivage droite/gauche est tamisé par la question nationale. En clair, il n’existe pas de débouché politique qui serait fédéraliste, et de gauche.»

Lire aussi : Manifestation estudiantine au Québec après l'annonce d'une loi spéciale (lemonde.fr).
MàJ du 20/05/12 : Cherchant à casser un mouvement exceptionnel par son ampleur comme par sa durée, le gouvernement québécois vient de faire voter une loi d'exception (sur Rue89.fr), aussitôt baptisée "loi-matraque". Pour un point sur la question, lire également, dans la rubrique Débats et points de vue de Fabula, l'éditorial Carton rouge et ses nombreux liens.

samedi 12 mai 2012

Nomination ubuesque à Campus France

Etudiants étrangers : une nomination ubuesque. Lucie Delaporte, Mediapart.fr,  27 avril 2012 -repris par Sauvons L'Université.

Les nominations dans la haute fonction publique ou les organismes publics vont bon train ces jours-ci. A la veille d’un vraisemblable changement de majorité, il s’agit souvent, pour l’actuelle, de recaser in extremis quelques amis mais aussi de récompenser les plus fidèles soutiens. Le cas de Campus France, l’organisme chargé de faire la promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger, est à cet égard édifiant. Structure créée sous Claude Allègre, le GIP Campus France -placé sous la double tutelle du ministère des affaires étrangères et du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche- doit changer de statut le 28 avril prochain pour devenir un EPIC (ici le décret de création). Une occasion de nommer une nouvelle direction et tout un conseil d’administration dans cet organisme où travaillent quelque trois cents personnes.

Le maire de Neuilly-Plaisance, ancien sénateur UMP, Christian Demuynck, vient d’en obtenir la présidence, officialisée au Journal officiel ce vendredi. Il y a quelques mois il avait déjà été nommé, à la surprise générale, « préfigurateur » de l’Epic. Sans connaissance particulière du sujet de l’accueil des étudiants étrangers en France, il avait alors écopé de cette mission parce que, persifle-t-on en interne, il menaçait de créer une liste dissidente au Sénat. L’arrivée prochaine de cette personnalité très politique est donc accueillie avec circonspection par les équipes de Campus France.
Gérard Besson, ex-recteur de Clermont-Ferrand, qui a dû laisser sa place à l’ancienne directrice-adjointe de cabinet de Valérie Pécresse, arrive lui comme directeur adjoint. Antoine Grassin, ancien ambassadeur en Bolivie de 2008 à 2011 et ancien conseiller des affaires étrangères, devient directeur général de Campus France (ici les nominations).

Si l’on s’est sans doute habitué en France à ces nominations “renvoi d’ascenseur”, la liste des personnalités nommées au conseil d’administration laisse quand même songeur. Alain Juppé, qui exerce encore pour quelques jours sa tutelle sur l’EPIC, a ainsi réussi à placer Christine Gavini-Chevet, conseillère dans son cabinet, et récemment nommée à la direction des relations internationales des ministères de l’éducation et de la recherche, tandis que Sonia Dubourg-Lavroff, adjointe au maire de Bordeaux, représentera dans la structure les maires de France.
Du côté du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, on n’est pas en reste puisque sont aussi récompensées les personnalités les plus engagées dans la mise en œuvre de l’autonomie des universités. Ainsi de Bruno Sire, décoré par Valérie Pécresse, comme « pionnier de l’autonomie des universités », ou Olivier Dugrip, recteur de l’académie de Toulouse.
Au sein de Campus France, on se dit scandalisé par une telle politisation de la structure, « c’est simple ce ne sont que des personnalités de droite », s’exclame un cadre atterré.

Mais le plus ubuesque est sans aucun doute la nomination au sein du Conseil d’administration (la composition intégrale) d’Elodie Degiovanni. Inconnue du grand public, cette directrice du séjour et du travail au ministère de l’intérieur est celle-là même qui a rédigé la fameuse circulaire Guéant qui restreignait l’accès à l’emploi des étudiants étrangers. Une circulaire qui depuis plus d’un an a placé de nombreux étudiants dans des situations très difficiles et a gravement terni l’image de la France auprès des étudiants étrangers.
Le comble, c’est que le “préfigurateur” de Campus France, Christian Demuynck, se rendant compte des ravages provoqués par cette circulaire, s’en était même ému dans une lettre auprès de Claude Guéant. Sa présence au CA dans une structure dont la mission est de favoriser « l’accueil des étudiants et chercheurs étrangers, y compris l’aide à la délivrance des visas et l’hébergement, en appui aux universités, aux écoles et aux autres établissements d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi qu’aux collectivités territoriales » est évidemment perçue comme une ultime provocation par le personnel du futur EPIC.

Les associations étudiantes, qui dénonçaient déjà une réduction des moyens, liée à cette fusion -notamment par la suppression de l’activité des CROUS, structures de proximité qui permettent un accueil très large des étudiants étrangers- et doutaient de la volonté politique sur le sujet, savent désormais à quoi s’en tenir.

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Actualités

▪ La phrase du moment ▪

« Il y a plusieurs manières de raconter l’histoire du néolibéralisme, comme l’histoire du "comment lier les mains de la démocratie", de sorte qu’elle ne puisse pas inciter le pouvoir à changer l’économie. La Grèce est considérée comme une nation peuplée d’enfants à qui il faut retirer des mains les clés de la voiture ».

Naomi KLEIN, La stratégie du choc en Grèce, interview sur Okeanews.

"La gouvernance des universités" en question... à l'Université du Mirail

Vendredi 25 mai 2012, 14h-16h30, la sociologue Christine Musselin [membre des conseils scientifiques de l'AERES et de l'ANR... pour info] interviendra dans le cadre du séminaire du CERTOP sur le thème "Nouveaux modes de gouvernance des universités", à l'Université Toulouse-Le Mirail (Arche, AR 302).

> A la télévision <

Mots croisés, sur France 2, lundi 21 mai 2012 à 23h. avec Geneviève AZAM, enseignante en économie à l'Université Toulouse II-Le Mirail, membre du conseil scientifique d'ATTAC, membre des Économistes Atterrés, auteure de La nature n’a pas de prix, à paraître aux éd. Les Liens qui libèrent. En "compagnie" de Michel Sapin (nouveau ministre du Travail et de l'Emploi) et Pierre Lelouche (ex secrétaire d'Etat au Commerce extérieur), notamment.
- Lire "Les droits de propriété sur le vivant", G. Azam, 2008.

Procès en appel des 7 étudiant(e)s inculpé(e)s du Mirail

Après un premier procès pour les 7 inculpé(e)s du Mirail, dont le jugement avait été rendu le jeudi 31 mars 2011 (lire ici), se tenait le procès en appel, ce mercredi 2 mai à 14h. Entretemps, la nouvelle présidence de l'université avait retiré la constitution de partie civile déposée par la direction précédente. Le délibéré sera rendu le mardi 12 juin 2012. Plus d'infos sur le blog des inculpé-e-s.

Au cinéma à Toulouse

A voir : le film "Tahrir, la place de la liberté" de Stephano Savona, le jeudi 3 mai 2012 à 21 h, au cinéma Le Cratère (95 grand rue Saint-Michel, Toulouse). Débat avec Emmanuel Barrot et Fayçal Touati, enseignants en philosophie à l'Université du Mirail.

● Quelques Pétitions ●

Justice pour Andrés (étudiant du Mirail victime d'une agression)
Appel de Strasbourg (soutien aux étudiants et personnels étrangers)
Contre ACTA, nouvelle menace pour internet (Avaaz)
▪ En finir avec l'enfermement des enfants étrangers
▪ Pour un miel et la protection de l'apiculture sans OGM
▪ Pour la transparence de la vie publique (pétition Avaaz) 
Soutien à Aaron Schwartz
Soutien aux élèves de l'ENS
▪ Solidarité avec les universitaires et chercheurs de la Manouba
▪ Manifeste Contre le dépouillement de l'école
Réforme de la psychiatrie:  Une déraison d’Etat (Contre la nuit sécuritaire)
▪ Soutien à l'action du GPS
▪ Soutien aux 7 inculpé-e-s du Mirail
Soutien aux matermittentes
▪ Contre l'épreuve des concours de l'Educ. nat. "Agir de manière éthique et responsable"
▪ Appel pour l'Ecole Publique

LRU : "Tout savoir en une heure" (conférence filmée)

Du processus de Bologne à la L.R.U., une catastrophe annoncée Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la marchandisation de la connaissance à l'échelle européenne et mondiale...  Conférence de Geneviève Azam, enseignante-chercheure (en économie à l'université Toulouse 2 Le Mirail), membre du conseil scientifique d’Attac, le 23 mars 2009 à l'UTM (initiée par l'AG des personnels de Toulouse 2, ouverte à toutes et tous).
Texte de la conférence disponible ici.