Poolp a lu ce qui suit sur le site du collectif d'UNIvers.cité, et remarque qu'il existe des similitudes entre la situation de Lille 3 et celle de l'UTM. Il y a toutefois un point sur lequel les membres d'UNIvers.cité sont dans l'erreur: c'est lorsqu'ils écrivent que "partout en France, on a le courage d’affirmer son opposition à cette réforme délétère, sauf ici à Lille 3." Car à Toulouse 2 aussi on prépare des maquettes...
Lors du Conseil d’Administration plénier du vendredi 29 janvier, le texte suivant a été soumis par le Collectif Univers.Cité à la discussion et à l’approbation des administrateurs :
Réuni en séance plénière le 29 janvier 2010, le Conseil d’Administration de l’Université de Lille 3,
Résultats du vote : 16 contre, 3 abstentions, 6 pour.
Les arguments avancés par la liste Univers.Cité : le caractère
antisocial de la réforme de la mastérisation, contraignant les
étudiants à financer une année supplémentaire d’études ; une formation
disciplinaire au rabais, une formation pédagogique dégradée ; une année
de Master 2 ingérable en raison des multiples obligations imposées à
l’étudiant de concours ; un concours dont les épreuves scientifiques
viennent d’être réduites dans de nombreuses spécialités au profit d’une
épreuve idéologique destinée à mesurer la qualité « éthique » des
futurs fonctionnaires ; la réduction considérable du nombre de postes
mis au concours de l’enseignement public, tandis qu’augmentent
fortement les postes destinés à l’enseignement privé ; l’obligation,
dans plusieurs académies dont la nôtre, faite aux futurs stagiaires
d’assurer dès 2010 un service plein en responsabilité sans aucune
formation pédagogique préalable ; le recours massif aux étudiants
contractuels comme bouche-trous de l’enseignement secondaire (voyez la
propagande récente du Rectorat de Lille à l’adresse de nos étudiants,
sur le vieil air d’Engagez-vous, vous verrez du pays)…
Aucun de ces faits, signes pourtant indubitables d’une politique
délibérée de destruction du service public d’enseignement, n’a donc
convaincu les administrateurs, pas plus d’ailleurs que le fait que plus
de vingt conseils centraux d’autres universités françaises exigent le
retrait de la réforme, que le CNESER ait émis sur elle un négatif, que
la CPU elle-même vienne de prendre contre elle une position de
condamnation totale.
Qu’on se le dise donc : partout en France, on a le courage
d’affirmer son opposition à cette réforme délétère, sauf ici à Lille 3.
On préfère cuisiner localement, en collaboration avec les universités
de la région, une formation dans le cadre proposé, plutôt que d’avoir
le courage de reconnaître que ce cadre est inacceptable, qu’il condamne
les futurs enseignants à un exercice douloureux de notre métier, une
masse d’étudiants à la précarité de contrats éphémères, et les élèves
de notre pays à recevoir un enseignement médiocre.
Il n’est pas inutile de souligner enfin, hors de toute polémique,
qu’hormis trois abstentions qui ont surtout valeur individuelle, les
listes syndicales enseignantes associées à EPL3, parmi lesquelles le
Snesup, syndicat majoritaire du supérieur, soutiennent la stratégie
locale de négociation, au mépris de leurs propres convictions et au
mépris des mots d’ordre de leurs instances nationales (cf Lettre Flash n°38 du Snesup).
Ce réalisme collaborationniste donne raison au gouvernement : les
universitaires sont des veaux, des moutons dociles qui vont le cœur
léger à l’abattoir, capables de sacrifier les valeurs qu’ils affichent
à leur intérêt matériel du moment.
Nous aurons donc sans doute dans le Nord-Pas-de-Calais des maquettes
de master (nécessairement conformes au cadrage national, sans quoi
elles ne seraient pas validées par la tutelle), des maquettes
inacceptables au plan du contenu, et mises au service d’une politique
de destruction de la transmission des savoirs et des pratiques
pédagogiques.
Sauf si d’ici à quelque temps le vent tournait, et faisait prendre
conscience à tous ceux qui s’impliquent activement dans la mise en
place de cette ignominie de la lourde responsabilité historique de leur
choix. Il faudrait alors en tirer les leçons politiques et syndicales.
La communauté universitaire est sous le choc. Deux
étudiantes comoriennes du département de géographie ont été arrêtées
hier matin, vers 9 heures, alors qu'elles se rendaient de leur chambre
universitaire à la faculté de lettres. Le coup de filet de la police de
l'air et des frontières s'est déroulé dans le parc du quartier
Saragosse.








visiteurs uniques